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L'ACTUALITE DE LA DANSE 16 décembre 2018

Le Rappel des oiseaux de Matthieu Ganio, Oriane Moretti, Bruno Bouché et Kotaro Fukuma dans le cadre des Pianissimes au Café de la danse, Paris.

Pari gagné pour Ganio
© Stéphane Audran

Belle rencontre autour de Gogol et de son Journal d’un fou. Il fallait oser, pour un danseur, se lancer dans la déclamation, comme au théâtre et sur un texte magnifique, certes, mais peu facile à mémoriser ou à dire. Étoile de l’Opéra de Paris, Mathieu Ganio a gagné ce pari avec beaucoup de talent, d’instinct et d’intelligence, porté par un groupe d’amis tout aussi talentueux.
 

Café de la danse, Paris
Le 16/05/2016
Gérard MANNONI
 



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  • Présenté au si sympathique Café de la danse en plein cœur du quartier Bastille par les Pianissimes, ce spectacle, comme on nous le précisa, n’était en fait ni un concert, ni un ballet, ni une pièce de théâtre, mais une réalisation scénique résultat de la collaboration d’un quatuor d’amis ayant voulu travailler ensemble : Oriane Moretti, camarade de l’Étoile Mathieu Ganio à l’École de danse de Marseille et responsable de l’adaptation et de la mise en scène ; l’excellent pianiste japonais Kotaro Fukuma, en charge du programme musical consacré à Bach et à quelques pages de Couperin et de Rameau, dont le Rappel des oiseaux qui donne son titre à la soirée ; Bruno Bouché, danseur à l’Opéra lui aussi et chorégraphe de vrai talent, qui a réglé les passages chorégraphiés ; et Mathieu Ganio au centre de tout cela, disant et jouant les extraits du texte de Gogol et dansant ce qu’il y avait à danser.

    Incongru ? Bizarre ? Pas du tout, mais plutôt franchement original et inattendu. Par le choix du texte et du thème, d’abord, par l’audace de Ganio se lançant comme un acteur dramatique qui danse et qui doit à la fois dialoguer et rivaliser avec des pages de musique très fortes, admirablement jouées par Fukuma. Loin d’être facile, à aucun égard. Et Mathieu Ganio s’en sort avec élégance, sûreté et une remarquable honnêteté. Il ne cherche jamais à truquer sa voix naturelle, avec ce que, à trente-deux ans, elle garde encore parfois d’accents adolescents très adéquats, d’ailleurs, pour le héros qu’il incarne.

    Sans forcer, il délivre ce texte en prose plutôt complexe à mémoriser, avec un sens instinctif de l’intonation, des accents, beaucoup d’intelligence, sans que jamais que l’attention de l’auditeur-spectateur ne se relâche. Il danse plus que bien, on le savait, tout comme on ne peut qu’admirer sa célèbre et incroyable plastique. Mais là où il surprend, c’est justement dans la maîtrise du texte, si difficile en général pour les danseurs, dans l’adéquation du jeu théâtral, dans ses moindres détails, notamment dans les mille expressions du visage. L’éclosion d’une vocation complémentaire ? Pourquoi pas ? Et certainement la révélation d’un vrai talent d’acteur, ce personnage qui vire volontairement à une sorte de folie douce, n’étant pas facile à incarner. Ce soir, il était vraiment là.

    Très bon travail d’Ariane Moretti qui a unifié le spectacle et adapté le texte. C’est intelligent, astucieux, très bien maitrisé. Bruno Bouché signe les passages chorégraphiés avec sa finesse habituelle, son imagination jamais en reste d’idées et Kotaro Fukuma distille les pages de Bach notamment avec un art consommé. Quelle superbe interprétation de la Passacaille, de plusieurs préludes du Clavier bien tempéré, et de la redoutable Fugue BWV 847 dans la transcription de Liszt. Grand moment de musique.

    On ne sait à quel avenir ce spectacle pas comme les autres est destiné. Il serait vraiment dommage que n’en bénéficient que les spectateurs, si nombreux et très enthousiastes du Café de la danse. Et voilà de toute façon un coup de projecteur révélateur sur la face cachée de l’une de nos très belles Étoiles !




    Café de la danse, Paris
    Le 16/05/2016
    Gérard MANNONI

    Le Rappel des oiseaux de Matthieu Ganio, Oriane Moretti, Bruno Bouché et Kotaro Fukuma dans le cadre des Pianissimes au Café de la danse, Paris.
    Le Rappel des oiseaux
    chorégraphie : Bruno Bouché
    adaptation et mise en scène : Oriane Moretti
    musique : Bach, Rameau et Couperin
    texte : Nicolas Gogol
    Kotaro Fukuma, piano
    Mathieu Ganio, danseur Étoile

     


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