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L'ACTUALITE DE LA DANSE 04 juin 2020

Reprise de Giselle au Ballet de l’Opéra national de Paris.

Giselle (1) :
Grande tradition

© Svetlana Loboff

Chaque reprise des grands titres du répertoire permet à de nouvelles Étoiles de s’approprier ces rôles de références et aux plus expérimentées d’y affirmer leur maturité. Amandine Albisson, récemment nommée et Stéphane Bullion, au sommet d’une superbe carrière, ont formé un couple exemplaire pour cette nouvelle série de représentations de Giselle au Palais Garnier.
 

Palais Garnier, Paris
Le 30/05/2016
GĂ©rard MANNONI
 



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  • Rien Ă  faire : on ne s’en lasse pas. Bien rares sont les passionnĂ©s de danse capables de rĂ©sister Ă  Giselle. La petite maison, la marguerite effeuillĂ©e, la folie, la forĂŞt et ses Willis vengeresses, rĂŞve ou rĂ©alitĂ©, c’est tout l’univers romantique en deux actes, le règne de l’arabesque, du pas de deux, de l’entrechat, le ballet blanc Ă  son pinacle.

    L’Opéra de Paris en possède depuis 1991 une excellente version réalisée par Patrice Bart et Eugène Polyakov d’après la version originale de 1841 et celle de Petipa de 1887 et révisée en 1998 dans une reproduction des décors originaux de Benois, après en avoir par le passé dansé d’autres, notamment une signée par Alicia Alonso et qui tint longtemps d’affiche dans les années 1970, sans parler de celle que donna Serge Lifar à partir de 1932 et qui fit ensuite la gloire de l’irremplaçable Yvette Chauviré. Quasiment toutes les Étoiles maison se sont donc succédées dans les deux principaux rôles. L’opéra a aussi à son répertoire la géniale version Mats Ek, vision revisitée sous l’angle contemporain du drame romantique.

    Pour ceux qui ont suivi depuis quelques décennies ces versions et ces distributions, le plus étonnant est sans doute que dans le cadre d’un langage chorégraphique très codifié et fixé, à partir d’une formation d’école identique, il n’y eut quasiment jamais deux Giselle ni deux Albrecht vraiment pareils. Dans ce moule en théorie contraignant, chacune et chacun a pu exprimer sa propre idée des personnages et de l’histoire, affirmer sa personnalité, y montrer son approche intime de la technique et de l’expression théâtrale.

    Aussi Amandine Albisson est-elle une Giselle peut-être encore un peu timide dans le rendu du drame au I, mais d’une rayonnante jeunesse, pleine de confiance, de sincérité, passant à une abstraction contrôlée au II, et surtout déployant les fastes d’une superbe technique ample, généreuse, avec une danse large, arabesques parfaites, petites batteries d’une totale vivacité et d’une idéale précision. Son personnage existe, même s’il gagnera sûrement à l’avenir plus de profondeur et de variété dans le jeu dramatique.

    Physique idéal, danse puissante, expressive en tous domaines, saut magnifique, attention permanente à sa partenaire, Stéphane Bullion est un Albrecht de référence, d’un romantisme sombre très attachant. Un seul regret, son choix chorégraphiques pour l’ultime danse d’Albrecht au II : Il ne choisit ni les trente-deux entrechats – si spectaculaires sur cette musique en crescendo, et souvent vus sur ce plateau –, ni les brisés-volés qu’illustra par exemple Barychnikov lors d’une invitation pour de très mémorables représentations avec l’inoubliable Monique Loudières. Ce qu’il danse à ce moment-là n’est ni très expressif ni très apte à justifier l’épuisement grandissant d’Albrecht. Une simple réserve dans une interprétation de grande classe.

    Le reste de la distribution est tout aussi gratifiant. Hannah O’Neill est une Reine des Willis d’apparence plus menue et plus fine que bien d’autres, mais c’est un régal de la voir danser avec un tel impact et un tel éclat. Son côté maléfique et implacable n’en est que plus impressionnant. Audric Bezard est un Hilarion parfaitement crédible, presque double d’Albrecht plus que son contraire et sa danse est parfaite, avec des jetés impressionnants dans ses ultimes diagonales du II. Superbe intervention aussi de Germain Louvet dans le pas-de-deux des paysans avec la très charmante et vive Sylvia Saint-Martin. Belle présence des deux solistes Willis, Sabrina Mallem et Marie-Solène Boulet et le Corps de ballet reçoit au rideau final une ovation pleinement méritée pour sa sûreté technique et stylistique.

    D’autres distributions vont suivre, mais la preuve est faite que la compagnie n’a rien perdu de son efficacité ni de sa classe dans ce répertoire.




    Palais Garnier, Paris
    Le 30/05/2016
    GĂ©rard MANNONI

    Reprise de Giselle au Ballet de l’Opéra national de Paris.
    Giselle
    Ballet en deux actes de Théophile Gautier, Jules-Henri Vernoy de Saint-Georges.
    musique : Adolphe Adam
    chorégraphie : Patrice Bart et Eugène Polyakov d’après Perrot, Coralli et Petipa Décors d’Alexandre Benois réalisés par Silvano Mattei
    costumes : Alexandre Benois, réalisés par Claudie Gastine

    Orchestre des Lauréats du Conservatoire
    direction : Koen Kessels

    Avec les Étoiles, les Premiers Danseurs et le Corps de ballet de l’Opéra national de Paris

     


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