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L'ACTUALITE DE LA DANSE 04 juin 2020

Prises de rôles dans le Don Quichotte version Noureev au Ballet de l’Opéra national de Paris.

Sang nouveau
© Svetlana Loboff

Belle prise de rôle par deux jeunes Étoiles dans cette version de Don Quichotte qui est depuis 1981 l’un des fleurons du répertoire maison et un passage obligé pour toute nouvelle Étoile ou même future Étoile. Léonore Baulac et Germain Louvet, stars de la toute dernière génération dite Millepied, ont respecté avec éclat cette incontournable tradition.
 

Opéra Bastille, Paris
Le 19/12/2017
GĂ©rard MANNONI
 



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  • Tant de solistes ont paru au plus haut niveau dans ce ballet qu’il est inutile de tenter des comparaisons. La liste des noms occuperait tout l’espace allouĂ© Ă  cet article. Une gĂ©nĂ©ration de plus s’approprie ce ballet qui commence quand mĂŞme un peu Ă  vieillir malgrĂ© le lifting dont la production a fait l’objet en 2002. Mais, pour les parties de solistes qui restent finalement le plus important ici, on a pu apprĂ©cier avec quel permanence la compagnie produit toujours et encore les danseurs qui peuvent prendre la relève des plus glorieux anciens.

    Léonore Baulac, en premier lieu, incarne une Kitri aussi assurée techniquement que dotée de l’humour et du peps qui est indispensable pour donner du relief et de l’intérêt au personnage. Sûreté des pointes, jeu de bas de jambes éblouissant, rapidité et vivacité extrêmes, elle se joue de toutes les difficultés de la chorégraphie qu’avait créée Noëlla Pontois de manière inoubliable. Germain Louvet s’efforce de donner une réplique adéquate à cette partenaire brillantissime, sans toujours y parvenir.

    Louvet bénéficie d’une morphologie d’exception, sans doute la plus idéale depuis Mathieu Ganio, de celles auxquelles on peut attribuer les mots employés par Noureev pour parler de Charles Jude : the perfect body (Le corps parfait). Il est grand, ce qui n’est pas un avantage pour incarner ce petit voyou de Basile. La danse est parfaite en tous domaines, on ne peut y trouver la moindre faiblesse ni le moindre défaut. Il faudra seulement que l’interprète acquière justement ce peps dont sa partenaire est dotée, ce côté triomphant pour ses entrées en scène avant chaque variation, comme savait si bien le faire Patrick Dupond.

    « Je prends mon temps, mais vous allez voir ce que vous allez voir ! Â» Il est nĂ©anmoins d’une juvĂ©nilitĂ© charmante, avec un sourire dĂ©sarmant mais, mĂŞme s’il rĂ©ussit avec sa partenaire de beaux portĂ©s Ă  la russe, on voudrait plus de bravura, de panache. Cela viendra sans aucun doute avec la pratique, car Basile est un rĂ´le difficile, classique, certes, mais pas noble comme celui des princes romantiques dont Louvet a le physique idĂ©al.

    Autre star de la nouvelle génération, Hannah O’Neill resplendit en Reine des Dryades, se jouant des redoutables fouettés attitude qui firent la gloire de la toute jeune Sylvie Guillem. Excellent Cupidon aussi de Séverine Westermann, vive et ravissante. Le Premier Danseur Audric Bezard semble fait pour incarner le matador Espada, silhouette parfaite, cambrure adéquate, cheveux de jais et danse large et assurée, tout comme celle de la danseuse de rue Valentine Colasante.

    Bref, une fort belle distribution toute neuve pour un ballet qui ne l’est plus vraiment, mais dont la musique et par conséquent la danse est menée rondement par le chef Valery Ovsyanikov, pas du genre à lambiner, et par les solistes des différents pupitres de l’Orchestre de l’Opéra. Signalons aussi aux vrais amateurs deux autres nouveaux Basile de la toute jeune génération, à savoir Pablo Legasa (24 décembre) et Paul Marque (27 décembre), deux très brillants et jeune danseurs voués à une belle carrière.




    Opéra Bastille, Paris
    Le 19/12/2017
    GĂ©rard MANNONI

    Prises de rôles dans le Don Quichotte version Noureev au Ballet de l’Opéra national de Paris.
    Don Quichotte
    musique : Ludwig Minkus
    chorégraphie et mise en scène : Rudolf Noureev d’après Marius Petipa
    décors : Alexandre Beliaev
    costumes : Elena Rikina
    Ă©clairages : Philippe Albaric

    Orchestre de l’Opéra national de Paris
    direction : Valery Ovsianikov

    Avec les Étoiles, les Premiers Danseurs et le Corps de ballet de l’Opéra national de Paris

     


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