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L'ACTUALITE DE LA DANSE 20 juin 2018

Nouvelle distribution pour Onéguine de John Cranko au Ballet de l’Opéra national de Paris.

Onéguine 2018 (2) :
Un souffle de jeunesse

© Julien Benhamou

Au Palais Garnier, distribution de jeunes dans cette série d’Onéguine de John Cranko au ballet de l’Opéra de Paris. Trois Étoiles, une Première Danseuse, tous de la dernière génération, celle qui doit s’approprier le répertoire maison au niveau des premiers rôles. Un grand souffle de jeunesse et un, lot de talents d’exception.
 

Palais Garnier, Paris
Le 22/02/2018
Gérard MANNONI
 



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  • Après les grandes distributions des Étoiles en place, il est rassérénant de voir une nouvelle génération s’attaquer à ces ballets que tant d’immenses danseurs ont marqué de leur personnalité. Personne n’a oublié, par exemple, que c’est avec cet Onéguine de Cranko que Manuel Legris a tenu à danser l’ultime spectacle de sa très glorieuse carrière dans cette compagnie. Voici quelques jours Mathieu Ganio en donnait aussi une belle interprétation. Cette fois, il s’agissait vraiment de quatre éléments particulièrement remarquables ayant le plus récemment émergé dans la compagnie.

    Trois Étoiles, donc, Léonore Baulauc en Olga, Germain Louvet en Lenski et Hugo Marchand en Onéguine avaient pour Tatiana la Première danseuse Sae Eun Park qui mériterait bien elle aussi de porter le titre suprême. Mais cela viendra sûrement en son temps. Globalement, ils illustrent tous de manière idéale la grande technique classique à la française, même si Sae Eun Park a été formée à l’Académie nationale de Corée avant de remporter le Prix de Lausanne, puis la médaille d’or de Varna et d’entrer au Ballet de l’Opéra en 2011.

    Six ans dans la compagnie ont achevé d’en faire la superbe danseuse classique que l’on a vue déjà s’affirmer dans le Lac des cygnes par exemple. Tatiana d’emblée fragile en raison de son physique très fin et malgré la solidité de sa danse, elle est touchante de bout en bout, d’autant que l’Onéguine d’Hugo Marchand est une sorte de géant face à elle, ce qui rend le pas de deux final où elle le chasse de sa vie encore plus expressif et chargé de signification.

    De Hugo Marchand, on ne peut trouver à dire que du bien tant il utilise avec une intelligence extrême un physique rare pour un danseur. Malgré sa stature, il n’est que légèreté, et s’il occupe la scène avec le même type de présence que pouvait avoir un Nicolas Le Riche, c’est aussi parce qu’il sait faire exister dramatiquement son personnage. Sans doute, avec l’expérience, parviendra-t-il a rendre encore plus évidents les côtés sombres et rudes de cette âme russe qui le pousse à des comportements extrêmes, constatation que l’on peut aussi faire pour le Lenski de Germain Louvet, danse idéale et physique de rêve, mais qui pourra aussi suggérer que Lenski n’est pas qu’un gentil jeune homme comme Onéguine n’est pas qu’un snob pétersbourgeois.

    Dans ce conflit qui tourne au drame, il y a bien sûr l’insouciance de la jeunesse mais aussi cette dureté inhérente au caractère russe et qui en fait de si redoutables soldats, des amoureux tout aussi agressifs, et permet de supporter un climat violent et des régimes politiques toujours oppressants. Les provinciaux et les citadins de Pouchkine ni de Tchekhov ne sont ceux de Maupassant ni de Balzac.

    Absolument parfaite dans son personnage de jeune étourdie sans expérience de la vie ni des hommes, Léonore Baulac a elle aussi une danse superbe, complétant cette distribution d’un éclat formidable. Jérémy-Loup Quer a belle allure en Prince Grémine, peut-être un peu jeune et gracile pour faire le poids face à l’Onéguine de Marchand. Mais c’est aussi un excellent danseur.

    Si le décor et certains costumes peuvent sembler dater un peu maintenant, reconnaissons qu’en revanche la chorégraphie garde une force absolue, comme d’ailleurs, dans le même genre, celle de la Dame aux camélias de Neumeier. C’est avec des ballets comme ceux-là, tout comme avec certains ballets de Roland Petit hélas trop absents de l’affiche, que peuvent se révéler pleinement les grands danseurs allant au-delà de la simple exécution, même parfaite, du langage classique.




    Palais Garnier, Paris
    Le 22/02/2018
    Gérard MANNONI

    Nouvelle distribution pour Onéguine de John Cranko au Ballet de l’Opéra national de Paris.
    Onéguine, ballet en trois actes
    Livret de John Cranko d’après Pouchkine
    chorégraphie : John Cranko
    musique : Tchaïkovski arrangée et orchestrée par Kurt-Heinz Stolze
    décors et costumes : Jürgen Rose
    éclairages : Steen Bjarke

    Orchestre de l’Opéra national de Paris
    direction : James Tuggle

    Avec les Étoiles, les Premiers Danseurs et le Corps de ballet de l’Opéra national de Paris

     


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