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L'ACTUALITE DE LA DANSE 23 septembre 2018

Programme contemporain Thierrée / Pite / Pérez / Shechter au Ballet de l’Opéra national de Paris.

Le bon grain et l’ivraie
© Agathe Poupeney

Quatre pièces et une grande diversité d’approches de la danse. Homme de théâtre formidable, James Thierrée joue une carte très originale, Hofesh Shechter propose trente minutes aussi prétentieuses qu’ennuyeuses, Ivan Pérez a plus d’imagination et de talent, et on retrouve le si brillant The Seasons’ Canon de Cristal Pite avec très grand plaisir.
 

Palais Garnier, Paris
Le 19/05/2018
Gérard MANNONI
 



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  • De l’imagination, James Thierrée en a plus que quiconque. Il sait jouer aussi bien du comique que du fantastique ou du poétique. Il utilise dans ce Frôlons les danseurs de l’Opéra de manière très spéciale. Vêtus de superbes collants aux brillantes couleurs serpentines, masqués et comme éclairés de l’intérieur, certains transformés en terrifiant varans porteurs de bougies dans leur gueule effrayante, ils rampent, se coulent, se vautrent, surgissent parmi les spectateurs répandus dans toutes les parties publiques du théâtre, coupoles, foyer, escaliers sur un mixage musical très adapté et qui contribue à créer un fantastique climat mi cauchemar mi conte de fées.

    Ils finissent par se regrouper dans la fosse d’orchestre et à l’avant-scène tandis que se déchaîne sur le plateau une sorte d’immense nuage fluide, mouvant, aux formes multiples, lui aussi tout à la fois effrayant et féérique, et qui absorbera tous les protagonistes. Une pièce d’une forte originalité, créant un univers déroutant, où la souplesse des corps et le scintillement de ces fausses peaux produisent une impression vraiment magique.

    On est à peine remis de ce songe éveillé que l’on plonge dans le prétentieux et ennuyeux The Art of not Looking Back de Hofesh Shechter où neuf de nos excellentes danseuses vont se livrer à une gestuelle sans unité, sans style, sans intérêt, tandis qu’alternent la voix du chorégraphe disant un texte poético-intello et de violentes attaques sonores – on a distribué des bouchons aux spectateurs pour préserver leurs oreilles. Du modernos artificiel, à oublier au plus vite et une entrée au répertoire bien inutile.

    Du coup, l’assez modeste création The Male Dancer de l’Espagnol Ivan Pérez prend du relief, grâce à ses excellents interprètes, neufs garçons, Étoiles, Premiers Danseurs et Corps de ballet parmi les meilleurs de la compagnie. Il y a aussi de beaux costumes dans des styles intelligemment gradués, du plus simple au plus compliqué, quelques allusions historiques, au Faune de Nijinski ou au jeu de bras du Spectre de la rose par exemple. C’est bien fait, beau à voir et remarquablement dansé.

    Et pour finir, reprise du toujours éclatant The Seasons’Canon de Crystal Pite sur l’excellente réécriture des Quatre Saisons par Max Richter. Virtuosité des solistes menés par des Étoiles comme Gillot, Pagliero ou Renavand, des Premiers Danseurs comme Chaillet, Carbone, François Alu toujours ahurissant… d’excellents Corps de ballet comme Quer, Valastro ou Gasse, mais surtout constructions de groupes magnifiques, mouvements agencés avec imagination et talent, énergie permanente sans violence artificielle, une vraie maîtrise du métier de chorégraphe et le sens d’avoir à sa disposition une compagnie exceptionnelle à qui l’on peut demander beaucoup, autre chose que les petits trémoussements et frétillements statiques d’un Shechter.

    Commencée dans l’étrangeté attachante de Thierrée, la soirée s’achève donc dans l’enthousiasme de retrouvailles avec de la grande danse. Le public se lève et n’en finit plus d’applaudir.




    Palais Garnier, Paris
    Le 19/05/2018
    Gérard MANNONI

    Programme contemporain Thierrée / Pite / Pérez / Shechter au Ballet de l’Opéra national de Paris.
    Frôlons
    Création dans les espaces publics
    chorégraphie, musique, scénographie et costumes : James Thierrée
    éclairages : Cécile Giovansili-Vessière
    mixage musical : Brad Axley
    Avec Marie Walter (violoncelle), Myrtille Hetzel (alto), Rosalie Hartog (violon), Ophélie Crispin (chanteuse)
    The Art of not looking Back
    Entrée au répertoire, nouvelle version
    chorégraphie : Hofesh Shechter
    éclairages : Lee Curran
    costumes : Becs Andrews
    The Male Dancer
    Création
    chorégraphie : Ivan Pérez
    musique enregistrée : Arvo Pärt
    costumes : Alejandro Palomo
    scénographie et éclairages : Tanja Rühl
    The Seasons’Canon
    chorégraphie : Crystal Pite
    musique enregistrée : Max Richter d’après Vivaldi
    décor : Jay Gower Taylor
    costumes : Nancy Bryant
    éclairages : Tom Visser
    Avec les Étoiles, les Premiers Danseurs et le Corps de ballet de l’Opéra national de Paris

     


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