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L'ACTUALITE DE LA DANSE 21 février 2020

Reprise de Raymonda dans la version Rudolf Noureev au ballet de l’Opéra national de Paris.

Le ravissement de Raymonda
© Svetlana Loboff

Absente de la scène depuis 2008, la très attendue Raymonda de Noureev n’aura montré le bout de ses pointes que pour la première et l’avant-première, avant d’être remisée au placard pour cause de grève. Dommage, ce ballet fleuve était une occasion qui devient un peu rare pour les solistes et le Corps de ballet de se confronter à un grand ballet classique.
 

Opéra Bastille, Paris
Le 30/11/2019
François FARGUE
 



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  • CrĂ©Ă© au Théâtre Mariinski de Saint-PĂ©tersbourg en 1898, Raymonda naĂ®t de l’idĂ©e d’Alexandrovitch Vsevolojsky, directeur des théâtres impĂ©riaux, de mĂŞler en un seul ballet la dimension mĂ©diĂ©vale du Lac des cygnes crĂ©Ă© en 1895 et l’orientalisme de La Bayadère en 1877 qui avaient valu Ă  ces deux ballets un succès fructueux. Il se tourna une fois de plus vers Marius Petipa qui, aidĂ© de Lydie Paschkoff, en composa le sujet : Raymonda, une sage et noble demoiselle attend en son château de Provence le retour des croisades de son promis, un Jean de Brienne qu’elle n’a vu que figĂ© sur une tapisserie.

    Entretemps, elle s’égaie innocemment avec ses amies jusqu’à l’irruption du très sensuel Abderam, chef des sarrasins qui lui offre de fabuleux bijoux. Puis il l’invite ainsi que son entourage à un divertissement où il déploie sa somptueuse tente et tous ses charmes devant une Raymonda troublée. Au moment où Abderam s’apprête à l’enlever, de Brienne surgit et l’abat.

    À noter qu’on retrouve ici, de façon inversée, l’intrigue triangulaire de La Bayadère. Solor est partagé entre sa passion pour Nikiya et Gamzatti qu’il doit épouser. Cette dernière tue aussi sa rivale. Solor, néanmoins, ne l’épouse pas et s’étourdit dans les vapeurs d’opium pour retrouver en rêve son amour perdu. Raymonda oublie aussitôt Abderam et court épouser de Brienne. Raymonda fut en effet aussi conçu comme un conte moral où la raison doit l’emporter sur la passion.

    Nommé directeur de l’Opéra de Paris en 1983, Noureev décida aussitôt de remonter le ballet dans son intégralité pour la compagnie. Homme de passion, il développa notamment le rôle d’Abderam dont les variations figurent parmi les plus belles qu’il ait jamais créées. Il confia le rôle à Jean Guizérix qui y fut extraordinaire, tout comme Kader Belarbi des années plus tard.

    Le soir de la première de cette nouvelle reprise, le rôle était repris par l’Étoile Stéphane Bullion qui a certes la beauté du personnage mais n’en a pas l’aura. Bullion est un danseur lunaire qui peut être à la fois touchant ou intriguant mais qui n’a pas, comme le souhaitait Noureev, l’étoffe d’un sex symbol. On attendait davantage pour que cette première fut tout à fait parfaite le Premier Danseur François Alu qui ne cesse d’électriser le public à chacun de ses passages sur scène et qui possède la fouge et la sensualité du personnage. Alu est programmé dans le rôle mais dans d’autres distributions.

    Dans l’énorme rôle-titre, l’un des plus difficiles du répertoire, Dorothée Gilbert brille comme le diamant absolu de l’Opéra. Elle est aussi avec une danse sans faille, précise, chic et sans aucune ostentation l’incarnation parfaite de l’École française. Le très grand Hugo Marchand paraît gigantesque à coté d’une danseuse si fine. Sa taille et des cuisses puissantes lui permettent une hauteur de saut à l’ampleur majestueuse. Mais il est aussi capable d’une petite batterie rapide et ciselée, rare chez un si grand danseur. Un couple de grande classe.

    Distribués dans les deux amis de Raymonda, Paul Marque, Étoile potentielle, et François Alu qui devrait l’être depuis longtemps, rivalisent, chacun dans son style, de prouesses techniques et de bonne humeur communicative. On y retrouve également dans le rôle d’Henriette la danse parfaite quoiqu’un peu réservée de Sae Eun Park tandis que dans le rôle de Clémence, Hannah O’Neill impose une lumineuse présence.




    Opéra Bastille, Paris
    Le 30/11/2019
    François FARGUE

    Reprise de Raymonda dans la version Rudolf Noureev au ballet de l’Opéra national de Paris.
    Raymonda
    Ballet en trois actes, sujet de Lydie Paschkoff et Marius Petipa
    musique : Alexandre Glazounov
    chorégraphie & mise en scène : Rudolf Noureev
    décors & costumes : Nicholas Georgiadis
    Ă©clairages : Serge Peyrat

    Orchestre de l’Opéra national de Paris
    direction : Vello Pähn

    Avec les Étoiles, les Premiers Danseurs et le Corps de ballet de l’Opéra national de Paris

     


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