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L'ACTUALITE DE LA DANSE 14 avril 2024

Entrées au répertoire et reprise de ballets de Jiří Kylián au Ballet de l’Opéra national de Paris.

Fulgurante beauté
© Ann Ray

Le rituel pour se protéger de la folie et le rire contre la mort traversent les pièces d’une soirée Kylían admirablement équilibrée. Au classique Stepping Stones, la compagnie de l’Opéra de Paris ajoute à son répertoire trois pièces non moins essentielles qui témoignent toutes de la richesse et de la musicalité du chorégraphe tchèque.
 

Palais Garnier, Paris
Le 12/12/2023
Thomas DESCHAMPS
 



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  • Jiří Kylián est un peu chez lui Ă  l’OpĂ©ra de Paris oĂą il a Ă©tĂ© conviĂ© par Rudolf Noureev dès 1989 pour Tanz-Schul et Sinfonietta. Le programme de ce soir ajoute Ă  la très riche liste de pièces au rĂ©pertoire de la compagnie, un ballet de 2008, Gods and Dogs, la centième Ĺ“uvre Ă©crite par le chorĂ©graphe pour le Nederlands Dance Theater ! Son titre sous forme d’anagramme souligne la relativitĂ© des choses : des dieux aux chiens, il n’y a qu’un pas (de danse), tant l’homme est fragile Ă  l’image de la flamme Ă©manant d’une coupelle Ă©clairant faiblement la scène.

    Quatre couples semblent procéder d’un seul homme en résonance de motifs tirés du Quatuor à cordes n° 1 de Beethoven. Mais l’harmonie vacille : la lumière se strie comme la musique se déforme et les couples se diffractent sous les coups du destin. Hohyun Kang et Francesco Muro se distinguent, tout comme Andrea Sarri. L’atmosphère ne s’éclaircit pas pour le ballet suivant Stepping Stones (1991) au répertoire de la compagnie depuis 2001.

    Dans la pénombre, un rituel mystérieux vient comme répondre à la menace de la folie émanant de la pièce précédente. Devant trois chats égyptiens et sous un mobile triangulaire, les danseurs évoluent en portant des reproductions miniatures de sculptures. Ici, tout n’est qu’ordre, immanence et permanence. Le chorégraphe détaille en quatre duos, un trio, un quatuor et un final une harmonie éternelle servie avec fluidité de nouveau par quatre couples d’où se dégage particulièrement le premier d’entre eux constitué de Ludmila Pagliero et Arthus Raveau.

    On s’émerveille du choix d’associer le piano préparé de John Cage avec les Six bagatelles pour quatuor à cordes de Webern, leur épure rentrant en parfaite résonance avec la chorégraphie. Cette musicalité trop rare chez les chorégraphes d’aujourd’hui marque également les deux autres pièces données après l’entracte. Tout d’abord, l’un des ballets les plus célèbres de son auteur, le sublime Petite mort (1991) dont une moitié avait été donnée lors de la soirée d’hommage à Claude Bessy en mars 2004. Ce soir c’est l’intégralité du ballet qui entre au répertoire.

    Deux mouvements lents de concertos pour piano de Mozart, le choix peut paraître racoleur mais il faut voir l’inventivité de la chorégraphie imaginée par Kylían pour mesure la profondeur et la pertinence de son inspiration musicale. Dans un jeu qui allie Eros et Thanatos où la gravité de l’extase érotique n’échappe pas à une pointe d’humour ravageur, la chorégraphie est d’une folle complexité avec les portés typiques de Kylían mais toujours renouvelés.

    Enfin, la dernière pièce, l’irrésistible Sechs Tänze (1986), ajoute à la musicalité des danseurs du Ballet de l’Opéra de Paris la théâtralité la plus vive. Six danses de Mozart constituent autant de saynètes drolatiques très XVIIIe siècle où l’outrance le dispute à la fulgurance dans une course poursuite qui rappelle l’univers échevelé d’un autre très grand artiste tchèque, le cinéaste Karel Zeman. Tout se termine dans un nuage de poudre à perruque et un éclat de rire du public.




    Palais Garnier, Paris
    Le 12/12/2023
    Thomas DESCHAMPS

    Entrées au répertoire et reprise de ballets de Jiří Kylián au Ballet de l’Opéra national de Paris.
    Gods and Dogs (2008)
    musique : Dirk Haubrich d’après Beethoven
    costumes : Joke Visser
    Ă©clairages : Kees Tjebbes

    Stepping Stones (1991)
    musique : John Cage & Webern
    décors : Michael Simon
    costumes : Joke Visser
    éclairages : Kees Tjebbes d’après Michael Simon

    Petite mort (1991)
    musique : Mozart
    décors & éclairages : Jiří Kylián
    costumes : Joke Visser

    Sechs Tänze (1986)
    musique : Mozart
    décors, costumes & éclairages : Jiří Kylián

    Avec les Étoiles, les Premiers danseurs et le Corps de ballet de l’Opéra national de Paris.

     


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