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DOSSIERS 18 septembre 2019

Les cadeaux de No√ęl 2007 d'Altamusica

C'est devenu une tradition. Chaque année, pendant l'avent, Altamusica donne un petit coup de pouce à ses lecteurs qui souhaiteraient offrir des cadeaux musicaux à leurs proches et leurs amis, en opérant une large sélection de CD, DVD et livres que ses rédacteurs jugent particulièrement appropriés pour l'occasion.
Joyeux No√ęl √† toutes et √† tous !

 

Le 13/12/2007

  • Les cadeaux 2007 de Mehdi MAHDAVI
  • Les cadeaux 2007 de G√©rard MANNONI
  • Les cadeaux 2007 de Thomas COUBRONNE
  • Les cadeaux 2007 de Michel LE NAOUR
  • Les cadeaux 2007 de Yannick MILLON



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  • L'art de la symphonie

  • Un monument de granit

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      (ex: Harnoncourt, Opéra)


  • Et Dieu cr√©a Sophie Karth√§user



    Joseph Haydn (1832-1809)
    Die Schöpfung
    Genia K√ľhmeier (Gabriel)
    Toby Spence (Uriel)
    Dietrich Henschel (Raphael)
    Sophie Karthäuser (Eva)
    Markus Werba (Adam)
    Les Arts Florissants
    direction : William Christie

    2CD Virgin Classics 395 235 2
    Enregistrement : 2007

    Au sein d'une discographie pl√©thorique, les grandes versions de la Cr√©ation de Haydn ne manquent pas, que ce soit sur instruments modernes ou d'√©poque ¬Ė et l'on esp√®re avec une impatience sans cesse croissante la gravure que nous doit Ren√© Jacobs apr√®s d'anthologiques Saisons.

    Confront√©s √† un r√©pertoire o√Ļ on ne les attendait pas n√©cessairement ¬Ė leurs plus r√©centes incursions mozartiennes nous ont paru pr√©cipit√©es et cinglantes ¬Ė, William Christie et ses Arts Florissants tirent cependant leur √©pingle du jeu, livrant de l'oratorio quintessenciel de Haydn une lecture d'un classicisme imm√©diat, fruit d'un parfait √©quilibre entre s√©duction plastique et expressivit√© figurative. Sans doute la prise de son entoure-t-elle le choeur d'un flou qui le prive d'identit√© sonore, mais l'orchestre, enfin remis de ces acc√®s d'agressivit√© qui lui tenaient lieu de franchise d'attaque ces derni√®res ann√©es, distille les saveurs rustiques de ses vents d'√©poque.

    Quoique parfois en de√ß√† des promesses d'une affiche particuli√®rement all√©chante, les solistes forment un ensemble de fort belle tenue. Dietrich Henschel contrefait assur√©ment ses extr√™mes sans que son timbre ne se colore dans l'intervalle, mais ses r√©cits cr√©pitent de m√©ticuleuse voracit√© tandis que claironne le t√©nor solaire de Toby Spence. Avec pour seul d√©faut d'achopper sur le contre-ut, le soprano en pointe diamant de Genia K√ľhmeier, que vient adoucir un halo melliflu, phrase les vocalises de l'Archange Gabriel avec d√©licatesse. Et face √† l'Adam plus Papageno que nature de Markus Werba, l'√ąve de Sophie Karth√§user irrigue le Jardin d'√Čden de cette voix mi-velours mi-ros√©e d'avant le p√©ch√© originel que porte un souffle assur√©ment divin.



     
    Le Messie fait de la résistance



    Georg Friedrich Haendel (1685-1859)
    Messiah
    Susan Gritton, soprano
    Sara Mingardo, alto
    Mark Padmore, ténor
    Alastair Miles, basse
    Tenebrae Choir
    London Symphony Orchestra
    direction : Sir Colin Davis

    2CD LSO Live (+ DVD) LSO0607
    Enregistrement : 2006

    ¬ę Les gangs baroques n'arriveront pas √† nous voler cette musique ¬Ľ. Au regard de cette affirmation p√©remptoire extraite d'un entretien paru dans le Monde de la musique, le Messie que vient de graver Sir Colin Davis appara√ģt non comme un remake de sa version de 1966, mais comme un v√©ritable manifeste. Quarante ans et une r√©volution plus tard, rien n'a vraiment chang√© dans l'approche du chef britannique, qui fit √† l'√©poque oeuvre de pr√©curseur en all√©geant la p√Ęte sonore. Tel qu'en lui-m√™me, son Haendel volontiers vibrant, mais sans exc√®s, va droit au coeur, peut-√™tre justement parce qu'il ne fait pas un sort √† chaque note. D'autant que le London Symphony Orchestra, dont la plupart des musiciens ont pratiqu√© cette musique d√®s le berceau, prouve que les cordes en m√©tal ont encore leur mot √† dire dans ce r√©pertoire, tandis que le Tenebrae Choir impressionne par la richesse de sa palette dynamique et cette pr√©cision enthousiaste qui est la cl√© m√™me de l'oeuvre.

    Sans pour autant renier leur √©ducation de baroqueux autoris√©s, les solistes s'√©panouissent volontiers au diapason moderne. Ainsi, Mark Padmore r√©v√®le une √©mission sinc√®rement vibrante, d'une pugnacit√© in√©dite, sans perdre la suave distinction de ses demi-teintes. De projection un peu courte, Sara Mingardo d√©ploie un art du phras√© frissonnant, quand se galbe le soprano lumineux de Susan Gritton. Et ce que le timbre d'Alastair Miles peut avoir de charbonneux est sup√©rieurement compens√© par l'autorit√© du verbe et de la vocalise. L'irruption d'un tel Messie dans le paysage musical actuel ne manquera pas de d√©router, mais il est assur√©ment bien plus qu'une curiosit√© hors d'√Ęge.



     
    Vivaldi sans convulsions



    Antonio Vivaldi (1678-1741)
    Atenaide
    Sandrine Piau (Atenaide / Eudossa)
    Vivica Genaux (Teodosio)
    Guillemette Laurens (Pulcheria)
    Romina Basso (Varane)
    Nathalie Stutzmann (Marziano)
    Paul Agnew (Leontino)
    Stefano Ferrari (Probo)
    Modo Antiquo
    direction : Federico Maria Sardelli

    3CD Na√Įve OP30438
    Enregistrement : 2007

    Ne vous laissez pas rebuter par les sept minutes de r√©citatif qui ouvrent l'op√©ra, ni envahir par cette impression de d√©j√†-entendu qui devrait l√©gitimement poindre au bout de quelques airs. Car si le livret d'Apostolo Zeno se r√©v√®le particuli√®rement verbeux ¬Ė l'argument, aussi maigre que tortueux, n'autorise gu√®re les raccourcis ¬Ė, et si Vivaldi ne s'est pas priv√© de resservir, parfois tel quel, les plus beaux airs d'Orlando furioso et de Farnace pour mieux s√©duire le public florentin, qui d'ailleurs le bouda, cette Atenaide m√©rite une √©coute attentive et suivie.

    Ennemi du syst√©matisme dynamique, Federico Maria Sardelli revendique en effet un classicisme qui √©pargne √† l'orchestre du Pr√™tre roux ces convulsions dont certains chefs le secouent, comme pour forcer l'enthousiasme ¬Ė les airs tir√©s d'Orlando furioso, qu'on trouvera ailleurs plus nerveux, sinon agit√©s, en sont une parfaite illustration. Comme dans l'Olimpiade confi√©e aux bons soins de Rinaldo Alessandrini, qui reste l'une des plus belles r√©ussites de l'√©dition Vivaldi de Na√Įve, la palette chromatique n'en para√ģt que plus vari√©e.

    R√©unissant quelques-uns des gosiers les plus agiles d'aujourd'hui, la distribution l'√©panouit davantage encore gr√Ęce √† des timbres judicieusement diff√©renci√©s. Sandrine Piau et Vivica Genaux rivalisent √©videmment de virtuosit√©, tandis que Nathalie Stutzmann et Guillemette Laurens infl√©chissent les r√©citatifs avec un art consomm√©. Et si la grisaille les guette, Paul Agnew et Stefano Ferrari, dont la voix s'av√®re encore moins phonog√©nique que dans Griselda, surmontent les √©cueils avec un panache certain. Quant √† Romina Basso, elle confirme les espoirs plac√©s en son timbre bien tremp√© depuis le Motezuma grav√© par Alan Curtis.



     
    Saul à la source



    Francesco Bartolomeo Conti (ca. 1681-1732)
    David
    Marijana Mijanović (David)
    Furio Zanasi (Saul)
    Simone Kermes (Micol)
    Birgitte Christensen (Gionata)
    Sonia Prina (Abner)
    Vito Priante (Falti)
    Il Complesso Barocco
    direction : Alan Curtis

    2CD Virgin Classics 378 877 2
    Enregistrement : 2003

    Si l'oeuvre d'un compositeur baroque demeure injustement m√©connue en d√©pit de quelques apparitions sporadiques √† la sc√®ne comme au disque, il s'agit incontestablement de celle du florentin Francesco Bartolomeo Conti, th√©orbiste de grande renomm√©e dont la carri√®re se d√©roula en majeure partie √† la cour imp√©riale de Vienne, aux c√īt√©s de Fux et Caldara.

    D√©fricheur infatigable, Alan Curtis ne pouvait n√©gliger David, ne serait-ce que parce que les similitudes que pr√©sente cette azione sacra cr√©√©e √† Vienne en 1724 avec Saul de Haendel ne se bornent pas √† l'√©pisode relat√©. Le caro Sassone avait-il en t√™te le choeur final du premier acte de l'oratorio de Conti Cor sano √® vita delle carni lorsqu'il composa le monumental Envy ! Eldest born of hell ? On sait en tout cas que David marqua la derni√®re collaboration du florentin avec le t√©nor Francesco Borosini, avant que ce dernier ne quitte Vienne pour Londres, o√Ļ il devait justement cr√©er le r√īle de Bajazet dans Tamerlano de Haendel.

    Mais au-del√† des interrogations qu'elle peut susciter sur la gen√®se de Saul, cette partition captive par des encha√ģnements harmoniques souvent os√©s, une conduite sinueuse de la ligne m√©lodique et des choeurs d'une grande puissance expressive. A la t√™te d'un Complesso Barocco toujours avare de nuances, qu'entra√ģne un clavecin un rien trop percussif, Alan Curtis la pare d'une distribution superlative.

    Alors en pleine possession de ses √©tranges moyens ¬Ė l'enregistrement date de l'automne 2003, √©poque malheureusement r√©volue o√Ļ le velours de Sonia Prina √©tait tout aussi intact ¬Ė, Marijana Mijanović campe un David id√©al d'androgyne agilit√© face √† la Micol √©perdument instrumentale de Simone Kermes. Dominant jusqu'en ses abysses l'ambitus gigantesque de Saul, Furio Zanasi ne s'adoucit pas pour autant. Cet authentique chef d'oeuvre n'en m√©ritait pas moins.



     

  • Les cadeaux 2007 de Mehdi MAHDAVI
  • Les cadeaux 2007 de G√©rard MANNONI
  • Les cadeaux 2007 de Thomas COUBRONNE
  • Les cadeaux 2007 de Michel LE NAOUR
  • Les cadeaux 2007 de Yannick MILLON
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