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DOSSIERS 19 novembre 2017

Les cadeaux de Noël 2008 d'Altamusica

Noël aurait tendance à devenir chaque année un peu plus un casse-tête pour combler vos amis mélomanes de plus en plus avertis ? À la veille des fêtes, les rédacteurs d'Altamusica vous proposent de nouveau un coup de pouce, avec une large sélection de CD, DVD et livres musicaux pour tous les goûts !
Joyeux Noël à toutes et à tous !

 

Le 15/12/2008
Propos recueillis par La rédaction
 
  • Les cadeaux 2008 de Mehdi MAHDAVI
  • Les cadeaux 2008 de Gérard MANNONI
  • Les cadeaux 2008 de Nicole DUAULT
  • Les cadeaux 2008 de Laurent VILAREM
  • Les cadeaux 2008 de Thomas COUBRONNE
  • Les cadeaux 2008 de Yannick MILLON



  • Les 3 derniers dossiers

  • L'art de la symphonie

  • Un monument de granit

  • Les cadeaux de Noël 2013 d'Altamusica

    [ Tous les dossiers ]
     
      (ex: Harnoncourt, Opéra)


  • À votre grand-père



    Giuseppe Verdi (1813-1901)
    Il trovatore
    Gwyneth Jones (Leonora)
    Giulietta Simionato (Azucena)
    Bruno Prevedi (Manrico)
    Peter Glossop (Il Conte di Luna)
    Joseph Rouleau (Ferrando)
    Elizabeth Bainbridge (Ines)
    John Dobson (Ruiz)
    William Clothier (Un vecchio zingaro)
    Handel Owen (Un messo)

    The Covent Garden Orchestra
    direction : Carlo Maria Giulini

    2 CD Royal Opera House Heritage series ROHS011
    Enregistrement : 1964

    Parce qu’il y était et que son regard habituellement éteint pétille lorsqu’à chaque réveillon, il évoque cette soirée électrisante, vous offrirez à votre grand-père le Trouvère de Verdi capté à Londres le 26 novembre 1964, et que le Royal Opera House vient de libérer de ses archives.

    Parce que Gwyneth Jones, mezzo hier encore – cela s’entend – et qui remplaçait Leontyne Price – le passéisme, parfois outrancier, de votre grand-père a décidément des arguments de poids –, y délivre un flot torrentiel alors inaltéré qui porte en lui les grâces infinies de piani impalpables, sinon la discipline, le contrôle d’une vocalité tributaire d’un certain belcantisme tardif.

    Parce que l’Azucena de Giulietta Simionato – que vous écouterez en priorité avec Karajan à Salzbourg en 1962 – est un classique de la discographie, et qu’elle fait preuve, même à deux ans de ses adieux à la scène, d’une autorité et d’un style saisissants. Parce que Bruno Prevedi, s’il n’est pas le plus souple, donc le plus poète des Manrico, déploie sa voix d’acier trempé avec une vaillance et des voyelles italiennes comme vous n’en avez que rarement entendues chez la jeune génération.

    Le constat vaut également pour le baryton anglais récemment disparu Peter Glossop, assez systématiquement décrié hors Britten, qui assure crânement son Luna d’une pâte vocale terne, mais superbement projetée et mordante. Et puis il y a, vingt ans avant son enregistrement de studio, un Carlo Maria Giulini d’une urgence dramatique que ne peuvent soupçonner ceux qui ne connaissent que la dernière manière du grand chef italien, mais raffinant déjà la texture et le discours de sa baguette magique.



     
    À votre grand-mère



    Christmas Carlos and Motets
    Alfred Deller, the Complete Vanguard recordings volume three
    Alfred Deller, contre-ténor
    The Deller Consort

    4 CD + 1 CD-ROM Vanguard Classics MC 192
    Enregistrements : 1956, 1960, 1963, 1965

    Parce qu’elle est infiniment nostalgique et indéfectiblement attachée aux traditions, vous offrirez à votre grand-mère les chants et motets de Noël gravés par le Deller Consort et enfin réunis par Vanguard en un coffret de quatre CD. D’une voix qui est le prolongement du soprano originel, et qui s’épanouira dans le registre d’alto, Alfred Deller part dès l’orée des années 1950 à la reconquête de tout un répertoire oublié.

    Mais que l’on ne se méprenne pas : à l’instar du contralto de Kathleen Ferrier, le countertenor de Deller demeure unique, une quintessence qui est d’abord l’expression d’un naturel. Rien de fabriqué dans ce chant ; de la musique, tout simplement. Et il ne faut à vrai dire rien de plus dans ces Christmas Carols. Ces enregistrements nous renvoient en effet à une époque bénie où le marketing n’avait pas dévoyé le genre – pour ne pas dire l’ensemble du marché du disque classique –, et résonnent comme l’illustration a posteriori nostalgique d’une tradition pure de toute mièvrerie.

    Que votre grand-mère ait la larme à l’œil, quoi de plus naturel ? Mais que vous écoutiez Silent Night, dont la mélodie s’élève, séraphique, accompagnée du seul luth, sans l’esquisse d’un sourire moqueur ne peut tenir qu’à cette magie de l’enfance retrouvée, et même rêvée qu’exhale le timbre surnaturel d’Alfred Deller.



     
    À votre mère



    Stefano Landi (1587-1639)
    Il Sant’Alessio
    Philippe Jaroussky (Sant'Alessio)
    Max Emanuel Cencic (Sposa)
    Alain Buet (Eufimiano)
    Xavier Sabata (Madre)
    Damien Guillon (Curtio)
    Pascal Bertin (Nuntio)
    José Lemos (Martio)
    Luigi De Donato (Demonio)
    Jean-Paul Bonnevalle (Nutrice)
    Terry Wey (Roma / Religione)
    Ryland Angel (Adrasto)
    Ludovic Provost (Uno del choro)

    Maîtrise de Caen
    Les Arts Florissants
    direction : William Christie
    mise en scène : Benjamin Lazar
    collaboration artistique : Louise Moaty
    scénographie : Adeline Caron
    costumes : Alain Blanchot
    éclairages : Christophe Naillet
    chorégraphie : Françoise Deniau
    maquillages : Mathilde Benmoussa

    2 DVD Virgin Classics 50999 51899 9 8
    Enregistrement : Théâtre de Caen, octobre 2007

    Parce que votre mère est en pleine crise mystique depuis ses vacances à Lourdes – votre père savait bien que c’était une mauvaise idée –, vous lui offrirez Il Sant’Alessio de Stefano Landi pour lui démontrer par l’absurde combien funeste est le sort de qui néglige ses proches à trop vouloir se vouer à tous les saints.

    En cela, William Christie vous sera d’un grand secours, lui qui s’ingénie à anesthésier les récitatifs dès qu’ils versent dans l’édification du croyant en louant les vertus d’un saint dont l’Église même a abolit le culte en 1969. Ailleurs, les Arts Florissants déploient une belle palette de couleurs, sinon un ressort, des ruptures rythmiques suffisamment marqués.

    Pour son premier opéra italien, Benjamin Lazar évite la stérilité naïve de ces reconstitutions plus ou moins à l’identique dont il s’est fait le porte-drapeau, élaborant une belle variation autour des sources, notamment le récit de la création par le libertin français Jean-Jacques Bouchard. En brisant sa frontalité picturale, la caméra de François Roussillon achève d’animer un spectacle parfois lénifiant au théâtre.

    Par fidélité aux conditions de la création, tous les rôles ont été confiés à des interprètes masculins, dont huit contre-ténors aux voix aussi belles que singulières. Incontournable, ne serait que pour le Sant’Alessio d’une clarté béate de Philippe Jaroussky, et peut-être plus encore la Sposa aux courbes vocales voluptueuses de Max Emanuel Cencic.



     
    À l’élu(e) de votre cœur



    Richard Wagner (1813-1883)
    Tristan und Isolde
    Waltraud Meier (Isolde)
    Ian Storey (Tristan)
    Matti Salminen (König Marke)
    Michelle DeYoung (Brangäne)
    Gerd Grochowski (Kurwenal)
    Will Hartmann (Melot)
    Alfredo Nigro (Ein junger Seeman)
    Ryland Davies (Ein Hirt)
    Ernesto Panariello (Ein Steuermann)

    Chœur et Orchestre de la Scala de Milan
    direction : Daniel Barenboïm
    mise en scène : Patrice Chéreau
    décors : Richard Peduzzi
    costumes : Moidele Bickel
    éclairages : Bertrand Couderc

    3 DVD Virgin Classics 50999 5193159 9
    Enregistrement : Teatro alla Scala di Milano, décembre 2007

    Parce que c’est l’amour fol, l’amour à mort, l’amour par-delà la mort, pour l’éternité en somme, vous offrirez à l’élu(e) de votre cœur ce Tristan et Isolde de Wagner magnifiquement conforme à la légende scaligère, bien mise à mal ce 7 décembre par un Don Carlo d’une désolante médiocrité.

    D’abord il y a le décor de Richard Peduzzi, son mur et ses escaliers qui embrassent, de la tragédie originelle aux espaces rythmiques d’Appia, vingt-six siècles de théâtre occidental. Puis la mise en scène de Patrice Chéreau, qui démontre une fois de plus sa pénétration supérieure des plus infimes nuances du texte – et qui sait ainsi conférer une existence propre, palpable à la moindre silhouette ?

    Waltraud Meier, l’Isolde de ces quinze dernières années, en est littéralement transfigurée, possédée jusqu’au rictus le plus imperceptible, et en grande voix encore, tendue comme un arc qui ploie mais jamais ne se brise sous les inflexions de la dynamique – ce n’était plus le cas à Paris le mois dernier. Le Tristan d’Ian Storey – son premier – est simplement beau – il l’aurait certainement moins été ailleurs, les saluts ne le laissent-ils pas deviner ? –, d’une densité expressive à l’image qui magnifie le son, ingrat parfois, ordinaire souvent.

    Immense Marke de Matti Salminen, glaçant et résigné, foudroyant et foudroyé, tandis que les limites vocales de Michelle DeYoung s’accordent avec le poids des ans dont Chéreau charge Brangäne. L’orchestre de Daniel Barenboïm a des aspérités qui sont des plaies, des instabilités qui sont les vagues des âmes tempétueuses, de soudaines diaprures enfin qui sont de l’au-delà, déjà. Et la dernière image vous hantera. Longtemps…



     
    À votre petit-frère



    Un frisson français, a century of french song
    Bizet, Franck, Lalo, Gounod, Saint-Saëns, Chabrier…
    Susan Graham, mezzo-soprano
    Malcolm Martineau, piano

    CD Onyx Classics ONYX 4030
    Enregistrement : 2008

    Parce que votre petit-frère ne s’exprime plus qu’en langage SMS, qu’il ne sourit plus que par lol, et que les aînés de la famille ont définitivement renoncé à le comprendre, vous lui offrirez Un frisson français, le nouveau récital de Susan Graham, pour lui signifier que même une native de Roswell, Nouveau-Mexique, a davantage de respect que lui pour la poésie d’une langue qu’il s’acharne à écorcher vive.

    Du respect, c’est d’ailleurs trop peu dire tant la mezzo américaine s’est attachée à défendre la musique française dès ses débuts, à la scène comme au disque, notamment avec, rien moins qu’évident, un récital entièrement consacré à Reynaldo Hahn. Ce dernier fait ici une brève apparition avec À Chloris, véritable fétiche de Susan Graham et qui résume toutes les qualités dont elle sait envelopper son chant : le timbre bien sûr, d’une rondeur sensuelle aux reflets cuivrés, recouvert dans le grave d’un duvet chaleureux, et surtout cette manière capiteuse de respirer le mot, de goûter les consonnes pour mieux les savourer.

    Véritable anthologie de la mélodie française, le programme évite le piège d’une succession trop simplement chronologique, établissant des liens thématiques ne serait-ce qu’infimes entre les pièces. La Dame de Monte-Carlo en est la conclusion magistrale, où la mezzo américaine s’approprie ce chic suicidaire si singulièrement français qui est la griffe de Cocteau et Poulenc. Plus qu’un accompagnateur, Malcolm Martineau est pour Susan Graham un véritable frère de clavier.



     
    À personne, et surtout pas à vous-même



    Johann Sebastian Bach (1685-1750)
    Cantates BWV 51, 82a et 199
    Natalie Dessay, soprano
    Le Concert d’Astrée
    direction : Emmanuelle Haïm

    CD Virgin Classics 50999 235004 2 6
    Enregistrement : 2008

    Parce qu’un seul et même extrait passe en boucle sur Radio Classique depuis une semaine et qu’il est exposé en tête de gondole dans votre hypermarché, vous vous méfiez du nouvel « album » Bach de Natalie Dessay. Et vous avez raison !

    Ces cantates pour soprano (BWV 51, 82a et 199) n’apportent en effet rien ni à la gloire de notre colorature nationale, ni au génie du Cantor de Leipzig. Malgré la caution d’Emmanuelle Haïm et son Concert d’Astrée, le style se révèle hautement improbable, lesté d’effets pseudo-baroquisants de la pire espèce – ah ! ces soufflets, ces ports de voix systématiques…

    Plus encore, le chant paraît curieusement laborieux, et ce dès le virtuosissime Jauchzet Gott in allen Landen. Si vous ne concevez pas Bach autrement que caressé par une voix glamour, essayez plutôt le dernier disque de David Daniels, où le contre-ténor assume pleinement les séductions enveloppantes d’un style post-baroqueux, sinon tout à fait romantique (Virgin Classics 50999 519037 2 5).

    Les puristes se rabattront quant à eux sur une valeur sûre, le japonais Masaaki Suzuki, dont la récente visite au Théâtre des Champs-Élysées a confirmé l’excellence, et dont le label Bis vient de réunir dans un coffret hautement recommandable les gravures des Passions, de la Messe en si et des oratorios de Noël, de Pâques et de l’Ascension (BIS-CD-9020/22).

    Les plus aventureux, enfin, se laisseront tenter par les messes brèves BWV 234 et 235 proposées par le tout jeune ensemble Pygmalion, dirigé de main de maître par le non moins jeune Raphaël Pichon (Alpha 130).



     

  • Les cadeaux 2008 de Mehdi MAHDAVI
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