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DOSSIERS 19 novembre 2017

Les cadeaux de Noël 2009 d'Altamusica

Malgré la crise du disque et la crise tout court, les publications dans le domaine du classique n'ont pas vraiment eu l'air de faiblir en 2009. C'est pourquoi à l'approche d'une nouvelle décennie, les rédacteurs d'Altamusica continuent de vous proposer, parmi les parutions de l'année, une large sélection de CD, DVD et livres cadeaux pour les fêtes.
Joyeux Noël à toutes et à tous !

 

Le 10/12/2009
Propos recueillis par La rédaction
 
  • Les cadeaux 2009 de Gérard MANNONI
  • Les cadeaux 2009 d'Olivier BRUNEL
  • Les cadeaux 2009 de Mehdi MAHDAVI
  • Les cadeaux 2009 de Nicole DUAULT
  • Les cadeaux 2009 de Thomas COUBRONNE
  • Les cadeaux 2009 de Yannick MILLON



  • Les 3 derniers dossiers

  • L'art de la symphonie

  • Un monument de granit

  • Les cadeaux de Noël 2013 d'Altamusica

    [ Tous les dossiers ]
     
      (ex: Harnoncourt, Opéra)


  • Les folies de Natalie Dessay



    Natalie Dessay
    Mad scenes

    1 CD Virgin Classics 699469 0

    Cette année, nous avons choisi d’orienter notre sélection de noël sur les voix : grandes effusions lyriques, vocalises en tous genres, bouillonnement fiévreux du Requiem de Verdi. Bref, les plus grandes voix du monde, toutes catégories confondues, sont au rendez-vous des fêtes, et prouvent que le chant international brille de tous ses feux.

    Pour tous ceux qui n’auraient pas encore goûté comme il se doit le talent et la technique de l’illustre soprano française Natalie Dessay, cette compilation de scènes de folie enregistrées avec différents chefs entre 1996 et 2007 s’impose. On y trouve les grands classiques du genre, Lucia di Lammermoor, bien sûr, version française de 1839 revue par le compositeur et version italienne originale. Une confrontation intéressante.

    Et puis, l’Ophélie d’Hamlet d’Ambroise Thomas, l’Elvira des Puritains de Bellini, d’Ambroise Thomas, Dinorah du Pardon de Ploërmel de Meyerbeer et même Cunégonde du Candide de Bernstein. Musicalité, sens du théâtre et virtuosité époustouflante s’ajoutent à ces aigus incroyables de la Dessay.

    Un retour aux sources d’un art où l’émotion avait pour cause première la qualité des voix et leur capacité à faire rêver par la magie d’une technique qui semble hors de portée des simples mortels.



     
    Les découvertes de Jaroussky



    Philippe Jaroussky
    La dolce Fiamma
    Airs oubliés pour castrats de Jean-Chrétien Bach
    Philippe Jaroussky, contre-ténor
    Le Cercle de l’Harmonie
    direction : Jérémie Rhorer
    1 CD Virgin Classics 50999685726000

    Avec ce disque d’airs pour castrats du dernier fils de Bach, Philippe Jaroussky frappe fort. Vilain petit canard de l’illustre famille puisque compositeur à succès d’opéras italien, Jean-Chrétien est resté dans l’ombre écrasante des autres membres plus politiquement corrects de sa famille. Et pourtant, d’Allemagne en Italie et en Angleterre, suivant les traditionnels parcours des compositeurs de son temps, il connut les plus grands succès dans un monde lyrique fait de querelles, d’adulations, peuplé aussi de chefs-d’œuvre.

    Entre Haendel et Mozart qui l’admirait et se considérait en partie son débiteur, Jean-Chrétien sut habilement jouer des goûts de l’époque pour les exploits vocaux, mais aussi innover en matière d’écriture orchestrale. Des feux d’artifice d’ornements où Jaroussky excelle, mais aussi de belles mélodies qui se développent déjà parfois avec des courbes à la Bellini et dont le contre-ténor nous livre toutes les beautés avec un goût idéal et une musicalité de chaque instant. Jérémie Rhorer et son Cercle de l’Harmonie ajoutent encore au plaisir de ces découvertes qui en surprendront plus d’un.



     
    Fleming se libère



    Renée Fleming
    Verismo
    Puccini, Catalani, Cilea, Giordano, Leoncavallo, Mascagni, Zandonai
    Renée Fleming, soprano
    Chœur et Orchestre Symphonique de Milan Giuseppe Verdi
    direction : Marco Armiliato
    1 CD Decca 478 1533 D H

    Resplendissante dans sa robe rouge sur la pochette de ce CD intitulé Verismo, Renée Fleming l’est tout autant dans un répertoire qui lui convient absolument au stade où elle en est de sa glorieuse carrière. Elle met l’une des plus belles voix de l’époque au service d’un répertoire qui ne peut effectivement supporter aucune médiocrité. Même si sa définition reste un sujet de controverse chez les musicologues les plus pointus, le Vérisme correspond quand même à une période où l’expression des sentiments et des émotions passait par un langage musical plus direct et immédiatement perceptible que celui des ornements du chant purement romantique.

    Si Puccini a droit à tous les honneurs, Catalani, Cilea, Giordano, Leoncavallo, Mascagni ou Zandonai sont encore des objets de mépris pour une grande partie du public chez nous et seuls quelques airs ou quelques partitions rendues célèbres par les gloires de l’après-guerre comme la Tebaldi ou la Callas sont d’usage courants au disque ou au concert. Renée Fleming ose aller plus loin, avec des détours par Zaza de Leoncavallo, Iris de Mascagni ou Conchita de Zandonai par exemple, ou encore Siberia de Giordano.

    La beauté de la voix et l’épanouissement de cette interprète d’exception sont un bonheur permanent. Une brève intervention de Jonas Kaufmann dans une page de La Rondine de Puccini prouve qu’on ne se refuse rien entre stars ! Bel accompagnement du Chœur et de l’Orchestre Symphonique de Milan Giuseppe Verdi dirigé par Marco Armiliato.



     
    Le beau rêve d’Inva Mula



    Inva Mula
    Il bel sogno
    Airs d’opéras de Puccini, Gounod, Massenet, Verdi
    Inva Mula, soprano
    Zagreb Philharmonic Orchestra
    direction : Ivo Lipanovic
    1 CD Virgin Classics 6 94538 0

    C’est le titre de ce CD voué à quelques grandes pages du répertoire français et italien où règne celle qui vient d’ouvrir l’ère Joel à l’Opéra national de Paris, dans Mireille puis dans la Bohème. Il bel sogno est aussi l’attaque de l’air célèbre de Doretta dans La Rondine de Puccini qui débute ce programme où la cantatrice d’origine albanaise nous restitue les deux pages essentielles de Mireille et celles de Faust, de Manon, de Thaïs, de la Traviata et de la Bohème où elle triomphe partout dans le monde.

    Voix claire, franche, pleine de soleil, d’une grande sûreté d’émission sur toute la tessiture, Inva Mula est actuellement l’interprète polyvalente exceptionnelle de l’opéra français et italien, même si elle n’est pas aussi médiatisée que ses principales rivales sur ces terres, Renée Fleming et Angela Gheorghiu.



     
    Le retour d’Álvarez



    Marcelo Álvarez
    The Verdi Tenor
    Airs d’Aida, Un ballo in maschera, Luisa Miller, La Forza del destino, Il Trovatore, I Lombardi a la prima crociata, Ernani, Don Carlo, Macbeth, Otello
    Marcelo Álvarez, ténor
    Chœur et Orchestre Symphonique de Milan Giuseppe Verdi
    direction : Daniel Oren
    1 CD Decca 178 14442 DH

    Il était un peu absent des scènes françaises. Le grand ténor argentin Marcelo Álvarez nous revient à la fois à l’Opéra pour Andrea Chénier de Giordano et avec ce CD consacré à Verdi. Avec le Chœur et l’Orchestre Symphonique de Milan Giuseppe Verdi sous la baguette totalement adéquate de Daniel Oren, il rappelle à quel point il est actuellement au sommet d’une carrière qui lui permet d’aborder en toute sécurité un répertoire parfois limite pour la plupart de ses rivaux.

    La voix est rayonnante de lumière hispanique sur toute la tessiture, avec de vaillants contre-ut, un médium net, une richesse harmonique permanente et un engagement dramatique qui atteint des sommets dans le Niun mi tema final d’Otello. À noter, aux côtés des airs célèbres d’Aïda, du Trouvère, de la Force du destin, de Luisa Miller, d’Ernani, de Don Carlo et de Macbeth, La mia letizia infondere, de I Lombardi a la prima crociata, bien moins souvent entendu.



     
    Vivaldi selon Vivica



    Vivica Genaux
    Vivaldi opera arias
    Pyrotechnics
    Vivica Genaux, mezzo-soprano
    Europa Galante
    direction : Fabio Biondi

    1 CD Virgin Classics 494573 0

    Nous avons bien de la chance que toutes ces cantatrices aux divines roucoulades aient aussi des physiques de stars de cinéma. La plastique de Vivica Génaux n’a d’égale que celle de ses vocalises servies par un timbre chaud de mezzo colorature idéal. Sa technique est moins instrumentale que celle de Cecilia Bartoli, le staccato de la vocalise moins systématique, le timbre aussi plus onctueux. C’est moins ahurissant mais souvent plus touchant.

    La pyrotechnie (le disque s’appelle d’ailleurs Pyrotechnics) est pourtant au rendez-vous, mais avec du goût et un sens musical certain, qui se révèle en particulier dans des pages comme l’air de Servilia extrait de Tito Manlio. Deux airs d’opéras inconnus, un autre sans doute d’Ipermestra complètent les pages moins rares de Catone in Utica et de la Fida Ninfa par exemple.

    La majorité de ces airs furent écrits pour des castrats mais Vivaldi ne se laisse pas toujours prendre au piège de la seule virtuosité, comme la cantatrice sait ici fort bien le faire sentir, dans l’air d’Arsace extrait de Rosmira fedele par exemple. La présence de Fabio Biondi et de ses musiciens d’Europa Galante est aussi l’un des attraits importants de ce disque très festif.



     
    Un Requiem visionnaire



    Giuseppe Verdi (1813-1901)
    Messa da Requiem
    Anja Harteros, soprano
    Sonia Ganassi, mezzo-soprano
    Rolando Villazón, ténor
    René Pape, basse
    Chœur et Orchestre de l’Académie de Sainte Cécile
    direction : Antonio Pappano

    2 CD EMI classics 6 98936 2

    Les enregistrements du Requiem de Verdi ne manquent guère. Celui-ci, que dirige Antonio Pappano, vaut pourtant le détour. D’abord par la direction orchestrale elle-même, menée avec une flamme apocalyptique sachant pourtant ne pas tomber dans l’excès de déchaînements inutiles. Tout ce qui doit flamber flambe, mais ce qui doit méditer médite. Pappano tient tout son monde, solistes, chœur et orchestre avec autorité, pour établir le meilleur équilibre entre les accents incontestablement païens de l’œuvre et ses grands élans spirituels. Il ne néglige rien, des plus petits détails de l’orchestration qui donnent vie à telle introduction, à la démence des grandes envolées qui vous coupent le souffle.

    Le quatuor vocal est dans l’ensemble l’un des meilleurs que l’on puisse aujourd’hui afficher. Anja Harteros, voix pure et sensible, peut aussi brûler d’angoisse dans le Libera me. Sonia Ganassi, sans faire oublier les Ludwig ou Cossotto, est meilleure au disque qu’au concert. Rolando Villazón, même s’il n’est pas au sommet de ses moyens, déploie ici des beautés vocales des plus enviables et René Pape, sans doute très différent des voix plus sombres et plus percutantes à la Ghiaurov, est un excellent musicien au beau timbre bien frappé.

    À recommander à tous ceux qui aiment ne pas se tourner seulement vers les gloires – même inégalées – du passé mais réentendre chez eux les acteurs de la vie musicale actuelle.



     
    Une veuve pétillante



    Franz Lehàr (1870-1948)
    La Veuve joyeuse
    Version française
    Véronique Gens (Missia Palmieri)
    Magali Léger (Nadia / Manon)
    Ivan Ludlow (Prince Danilo)
    François le Roux (Baron Popoff)
    Gordon Gietz (Camille de Coutançon)
    Chœur et Orchestre de l’Opéra de Lyon
    direction : Gérard Korsten
    mise en scène, décors, costumes : Macha Makeïeff

    1 DVD Virgin Classics 696 1 369 2

    Filmée en décembre 2006 à l’Opéra de Lyon, cette Veuve Joyeuse a tout le pétillant qui convient aux fêtes de fin d’année. Macha Makeïeff signe mise en scène, décors et costumes, ainsi que l’adaptation des dialogues devenue une coutume incontournable. Malgré quelques fautes de goût, l’ensemble est joyeux, tonique, coloré, souvent amusant. Tout le monde joue avec bonne humeur et conviction.

    La distribution féminine est nettement supérieure à la distribution masculine. Véronique Gens est une imposante Missia Palmieri, haute taille et belle voix. Bien agréable d’entendre les airs si célèbres ainsi chantés, même si on n’oublie pas la magnifique Karita Mattila dans le même emploi à l’Opéra de Paris voici quelques années avec l’hyper séduisant Bo Skovhus !

    Il manque à Gens un Danilo à sa hauteur car, bien qu’il ait le physique de l’emploi, Ivan Ludlow ne se sert pas très bien d’une voix médiocre et d’une prononciation française défectueuse. Tout comme Gordon Gietz en Camille de Coutançon qui a pour partenaire la délicieuse Magali Léger, aussi vive et drôle que bien chantante. François Le Roux est un Popoff parfait.

    Au pupitre, Gérard Korsten mène son monde avec le dynamisme voulu. Ce n’est pas forcément la Veuve idéale, mais on passe un excellent moment.



     
    Orphée selon Pina



    Pina Bausch
    Christoph Willibald Gluck (1714-1787)
    Orpheus und Eurydike
    Chanté en allemand
    Avec les Étoiles, les Premiers Danseurs et le Corps de ballet de l’Opéra national de Paris
    Maria Riccarda Wesseling, mezzo soprano
    Julia Kleiter, soprano
    Sunhae Im, soprano
    Balthasar-Neumann Ensemble und Chor
    direction : Thomas Hengelbrock

    1 DVD BelAir Classiques-Opéra national de paris BACO44

    C’est devenu l’un des fleurons du Ballet de l’Opéra national de Paris, très fier que la grande et regrettée Pina Bausch lui ait donné ce chef-d’œuvre. Un travail d’une intelligence absolue, mêlant chanteurs et danseurs sans nuire aux uns ni aux autres. La chorégraphie est inspirée de bout en bout, dans une scénographie, des costumes et des éclairages de Rolf Borzik.

    Les danseurs de l’Opéra se sont emparés de l’œuvre avec passion, foi et leur immense talent. Yann Bridard est bouleversant dans le rôle d’Orphée, corps sculptural et émotion à fleur de peu, Marie-Agnès Gillot magnifique en Eurydice, aussi belle que virtuose, Miteki Kudo totalement délicieuse, immatérielle, spirituelle en Amour. Tous les autres, Étoiles comme Émilie Cozette, ou Premières Danseuses et Corps de ballet sont splendides. Les voix ne sont sans doute pas du même niveau, sans démériter pourtant, mais le Balthasar-Neumann Ensemble und Chor dirigé par Thomas Hengelbrock est lui aussi splendide d’intelligence musicale et de théâtralité.

    Vincent Bataillon qui signe ce film a tout compris et montre exactement ce qu’il faut. Une grande réussite.



     

    Gérard MANNONI
  • Les cadeaux 2009 de Gérard MANNONI
  • Les cadeaux 2009 d'Olivier BRUNEL
  • Les cadeaux 2009 de Mehdi MAHDAVI
  • Les cadeaux 2009 de Nicole DUAULT
  • Les cadeaux 2009 de Thomas COUBRONNE
  • Les cadeaux 2009 de Yannick MILLON
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