altamusica
 
       aide















 

 

Pour recevoir notre bulletin régulier,
saisissez votre e-mail :

 
désinscription




DOSSIERS 22 janvier 2018

Les cadeaux de Noël 2009 d'Altamusica

Malgré la crise du disque et la crise tout court, les publications dans le domaine du classique n'ont pas vraiment eu l'air de faiblir en 2009. C'est pourquoi à l'approche d'une nouvelle décennie, les rédacteurs d'Altamusica continuent de vous proposer, parmi les parutions de l'année, une large sélection de CD, DVD et livres cadeaux pour les fêtes.
Joyeux Noël à toutes et à tous !

 

Le 11/12/2009
Propos recueillis par La rédaction
 
  • Les cadeaux 2009 de Gérard MANNONI
  • Les cadeaux 2009 d'Olivier BRUNEL
  • Les cadeaux 2009 de Mehdi MAHDAVI
  • Les cadeaux 2009 de Nicole DUAULT
  • Les cadeaux 2009 de Thomas COUBRONNE
  • Les cadeaux 2009 de Yannick MILLON



  • Les 3 derniers dossiers

  • L'art de la symphonie

  • Un monument de granit

  • Les cadeaux de Noël 2013 d'Altamusica

    [ Tous les dossiers ]
     
      (ex: Harnoncourt, Opéra)


  • L’art lumineux de Lucia Popp



    Lucia Popp
    Enregistrements de studio 1967-1985
    7 CD EMI Icon

    Déjà le prénom de la regrettée Lucia Popp, disparue en 1993, évoque la lumière qui était dans sa voix à part égale avec le vif-argent et en faisait une straussienne désignée. Le seul défaut de ce coffret miraculeux qui retrace en sept CD la carrière de la soprano slovaque est de ne pas faire la part belle à ce compositeur, avec seulement trois extraits de Daphné, mais il est vrai des Lieder miraculeux avec Sawallisch et les Quatre derniers Lieder avec Tennstedt.

    Mais, pour le reste, il y en a pour tous les goûts. Elle était aussi douée dans l’opérette viennoise à laquelle elle apportait un peu des épices de l’orient de son Empire, à l’aise chez Schubert comme témoigne le CD entier de 1963 avec Gage au piano. Et, autre miracle, ses Mozart autant religieux que théâtraux, au premier rang desquels on place son ineffable Susanna et, s’il ne fallait garder qu’un air, celui du Re pastore (mais que ne donnerions nous pas pour avoir sa Barbarina ?).

    Peu de Wagner avec les deux airs d’Elisabeth de Tannhäuser sous la baguette de Haitink, mais les compositeurs slaves à profusion, dont elle avait la mélancolie dans la voix, avec Tchaïkovski (les deux rôles de Tatiana et Lisa), Prokofiev, Smetana où elle est incomparable dans la Fiancée vendue, Dvořák bien sûr avec Rusalka et Armida. Mahler avec les plus poignants des Wunderhorn-Lieder et le lied terminal de la 4e symphonie où elle est séraphique.

    Un ensemble un peu hectique, certes, mais qui démontre avant tout la musicalité et la facilité d’adaptation aux différents styles que sa voix lui permettait d’aborder. Un véritable trésor en forme de testament.



     
    Le dernier voyage de Chostakovitch



    Le Voyage de Dimitri Chostakovitch
    Film d’Oksana Dvrnichenko et Helga Landauer (noir et blanc)
    1 DVD Films du paradoxe, édition limitée

    Les films documentaires sur le compositeur soviétique Dimitri Chostakovitch ne manquent pas, notamment les passionnants Sonate pour alto d’Alexandre Sokourov et Semion Aranovitch (1981) et les Symphonies de guerre (Chostakovitch contre Staline, 1997) de Larry Weinstein, tous deux sur DVD (le second contenant des extraits des 4e et 9e symphonies par Valery Gergiev).

    Le Voyage de Dimitri Chostakovitch relate un épisode tardif de la vie du compositeur. En 1973, deux ans avant sa mort, en pleine ère Brejnev, il était un des invités d’honneur du très propagandiste voyage de neuf jours sur le paquebot Mikhail Lermontov reliant Moscou à New York. Le film, découpé en neuf chapitres, un par journée, montre un homme déjà fatigué, revenu de tout mais pas mécontent de voir son heure de gloire enfin sonner.

    Le montage est excellent, les documents d’archives passionnants et on peut même y entendre des pages de son journal et surtout de sa correspondance jusqu’alors inédites. Son fils Maxime participe largement à l’évocation de ce voyage. La fin est amère, qui montre l’épave du Lermontov, qui a sombré en 1986, livrée à la faune sous-marine. Une déchéance qui évoque aussi bien celle du beau rêve socialiste dont les images de cette croisière nous montrent la théâtralisation par le régime.

    Seule déception, le livret, qui reprend platement la biographie de Chostakovitch de Wikipédia. On aurait pu faire mieux !



     
    Parsifal au Palais Garnier



    Richard Wagner (1813-1883)
    Parsifal, festival scénique sacré en trois actes
    Wolfgang Windgassen (Parsifal)
    Martha Mödl (Kundry)
    Gustav Neidlinger (Amfortas)
    Otto Von Rohr (Gunemanz)
    Heinz Cramer (Klingsor)
    Frithjof Sentpaul (Titurel)
    Chor der Württembergischen Staatsoper Stuttgart
    Orchestre de l’Opéra de Paris
    direction : Ferdinand Leitner
    Enregistré en direct au Palais Garnier le 26 mars 1954
    4 CD Profil Edition Günter Hänssler

    En 1954, l’Opéra de Stuttgart vint in corpore, à l’exception de son orchestre, donner à l’Opéra de Paris un Parsifal en allemand, chose rare en ce temps, et avec une distribution qui allait de soi à l’époque mais nous semble aujourd’hui tout à fait extraordinaire. Les solistes sont ceux qui régnaient sur le dernier ouvrage wagnérien à Bayreuth tout au long des années 1950 – une kyrielle de rééditions discographiques nous les ont déjà fait connaître –, mais ce document inédit semble être le seul à conserver la trace de la direction du chef allemand Ferdinand Leitner qui, après Munich, était dans ces années-là Generalmusikdirector dans la capitale du Bade-Wurtemberg.

    Avec une durée de presque quatre heures, sa direction maintient un bon équilibre entre dramatique et sacré. La qualité sonore satisfaisante de l’enregistrement permet de mesurer le soin apporté aux détails instrumentaux. En 1954, Windgassen était à l’apogée de sa caractérisation du rôle-titre. Avec Martha Mödl, ils formaient un duo particulièrement rodé. Elle y est viscérale, brûlant les planches comme jamais. Lui a mûri le rôle et y est vraiment convaincant.

    Otto von Rohr, quasi inconnu à la discographie, est un Gurnemanz autoritaire et d’une belle humanité. Heinz Cramer, lui aussi peu connu des discophiles, est un Klingsor mordant et cynique. Gustav Neidlinger, qui a beaucoup chanté Titurel dans les années 1960 est ici un Amfortas d’une incroyable jeunesse, peut-être pas assez mature pour le rôle. Un enregistrement pour connaisseurs, une intéressante alternative aux multiples live de Bayreuth.



     
    Du théâtre à l’état pur



    Jacques Offenbach (1819-1880)
    Ritter Blaubart, opérette
    Livret adapté par Walter Felsenstein de Meilhac et Halévy
    mise en scène : Walter Felsenstein
    Hans Nocker
    Anny Schlemm
    Werner Andres
    Ruth Schob-Lipka
    Ingrid Czerni
    Manfred Hopp
    Chœur et Orchestre du Komische Oper Berlin
    direction : Karl-Fritz Voigtmann
    1 DVD Arthaus Musik

    Pour quelle raison valable Barbe-Bleue ne fait pas partie des opérettes d’Offenbach représentées en France ? Ce document historique de 1973 est extrait de la grande Édition Felsenstein en 12 DVD regroupant les opéras filmés mis en scène par le génial metteur en scène de la RDA au Komische Oper de Berlin(-est).

    Dans le cas de Barbe Bleue, le film fut tourné dans les studios de la DEFA à Babelsberg et colorisé, ce qui ne manque pas de charme. Les bonus montrent en noir et blanc des extraits de la production sur scène et démontrent que l’on y gagne largement. Tous les interprètes sont épatants (certains chantaient encore au début des années 1980), l’adaptation allemande très convaincante et tous les détails de décors, costumes, perruques extrêmement soignés.

    Quant au travail de Felsenstein, on ne voit guère aujourd’hui que Chéreau ou Tcherniakov pour rivaliser : du théâtre à l’état pur. Signalons aussi que l’on peut hisser au même niveau d’intérêt La petite renarde rusée de Janáček de cette magistrale leçon de travail et de troupe qu’est l’Édition Felsenstein. Un vrai bain de bonne humeur !



     
    Pavé éducatif



    Guide des instruments anciens
    1 Livre illustré trilingue de 200 pages + 8 CD en coffret cartonné Ricercar

    Quel bel objet et quel excellent outil pédagogique que ce Guide des instruments anciens accompagné de huit CD qui donnent de larges illustrations sonores aussi convaincantes que les illustrations en couleurs de son livret. Belle promenade aussi dans le temps, du Moyen Âge à la période classique avec la naissance des instruments par familles, chacun accompagné de leur photographie et éventuellement d’une illustration provenant d’une fresque ou d’un tableau pour en montrer l’usage dans les temps anciens. Le texte consiste en fiches bien explicatives pour chacun d’entre eux, en français, anglais et allemand. La présentation de l’ensemble est impeccable avec deux compartiments, pour le livre et l’album qui contient les huit CD où les exemples musicaux bien choisis sont classés chronologiquement. Un cadeau utile !



     
    Deux nuances de camélias



    La Dame aux camélias
    Ballet de John Neumeier
    musique : Chopin
    Hamburg Ballet
    NDR Sinfonieorchester
    direction : Herbert Beissel
    piano : Volker Banfeld
    décors et costumes : Jürgen Rose
    Avec Marcia Haydée, Ivan Liska, François Klaus
    1 DVD DG Universal
    Ballet Opéra de Paris
    Orchestre de l’Opéra de Paris
    direction : Michael Schmidtsdorff
    pianos : Emmanuel Strosser & Frédéric Vaysse-Knitter
    Avec Agnès Letestu, Stéphane Bullion, Michaël Denard
    2 DVD Opus Arte

    La Dame aux camélias fut le premier grand ballet que John Neumeier réalisa pour le Ballet de Stuttgart après la mort de John Cranko en 1978. Conçu pour son amie Marcia Haydée sur un choix très judicieux de musiques de Chopin, le scénario met en parallèle les destins de Marguerite Gautier et de Manon Lescaut. Il demeure une pièce maîtresse du répertoire des ballets de Stuttgart, Hambourg et Munich.

    Neumeier l’a remonté pour le Ballet de l’Opéra de Paris en 2008. On dispose aujourd’hui de deux versions vidéo, de Hambourg (1986) et Paris (2008). La version Hambourg est en fait un film, réalisé en studio par Neumeier, qui met en parallèle les sentiments d’Armand Duval et les flashbacks du souvenir de sa vie avec Marguerite. Le procédé est un peu démodé mais c’est une occasion de voir danser Marcia Haydée. Hélas, en 1986, la ballerine brésilienne n’était plus un printemps et si sa danse n’en est pas affectée, certains gros plans sont un peu cruels.

    Pour Paris, Neumeier a adapté sa chorégraphie, non les pas mais une foule de détails, à la jeunesse des danseurs. La distribution retenue pour le DVD est celle où Agnès Letestu est la très émouvante Marguerite d’un jeune Armand, le ténébreux Stéphane Bullion. C’est une autre option, passionnante aussi. Parmi les seconds rôles Dorothée Gilbert, Delphine Moussin, José Martinez et même Michaël Denard pour le rôle assez statique mais imposant de Duval père. Le travail de la troupe est évidemment superlatif et c’est un magnifique témoignage, intelligemment filmé, d’une pièce que Paris gardera à son répertoire (prochaines représentations en février prochain).



     
    Un nouveau Noureev



    Marco Spada
    Ballet pantomime en trois actes
    musique : Auber
    livret : Scribe
    chorégraphie, décors et costumes : Pierre Lacotte
    Avec Rudolf Noureev, Ghislaine Thesmar, Michaël Denard, Lucia Colognato, Alfredo Rainò
    Corps de ballet de l’Opéra de Rome
    Orchestre de l’Opéra de Rome
    direction : Alberto Ventura
    1 DVD Hardy

    Un document d’archive de Rudolf Noureev de plus ! Qui s’en plaindrait ? Mais aussi un témoignage de l’art de Ghislaine Thesmar, dont on n’a pour ainsi dire rien. Marco Spada fut exhumé pour l’Opéra de Rome par Pierre Lacotte en 1978 et dans son introduction, il explique comment Noureev sauta dans le projet, tant le rôle à multiples facettes du bandit semblait écrit pour lui. Un grand rôle romantique avec beaucoup de pantomime et d’invraisemblables morceaux de bravoure dans une intrigue alambiquée de Scribe, sur une musique plutôt bonne d’Auber.

    Lacotte s’est certainement amusé à cumuler pour lui des difficultés dont il se joue sans sourcilier. Thesmar dans celui de sa fille, non moins difficile, est toute en finesse et Denard encore jeune premier tient merveilleusement son second rôle. Les comprimarii romains sont parfaits et l’ensemble une belle soirée qui fait rêver. La RAI capta ce ballet en 1982, puis Noureev le fit entrer à l’Opéra de Paris. Il lui assura un des derniers triomphes de sa fin de carrière. L’Opéra de Paris devrait bien le remonter. À connaître absolument !



     

    Olivier BRUNEL
  • Les cadeaux 2009 de Gérard MANNONI
  • Les cadeaux 2009 d'Olivier BRUNEL
  • Les cadeaux 2009 de Mehdi MAHDAVI
  • Les cadeaux 2009 de Nicole DUAULT
  • Les cadeaux 2009 de Thomas COUBRONNE
  • Les cadeaux 2009 de Yannick MILLON
  •  


      A la une  |  Nous contacter   |  Haut de page  ]
     
    ©   Altamusica.com