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DOSSIERS 16 juillet 2018

Les cadeaux de Noël 2009 d'Altamusica

Malgré la crise du disque et la crise tout court, les publications dans le domaine du classique n'ont pas vraiment eu l'air de faiblir en 2009. C'est pourquoi à l'approche d'une nouvelle décennie, les rédacteurs d'Altamusica continuent de vous proposer, parmi les parutions de l'année, une large sélection de CD, DVD et livres cadeaux pour les fêtes.
Joyeux Noël à toutes et à tous !

 

Le 14/12/2009
Propos recueillis par La rédaction
 
  • Les cadeaux 2009 de Gérard MANNONI
  • Les cadeaux 2009 d'Olivier BRUNEL
  • Les cadeaux 2009 de Mehdi MAHDAVI
  • Les cadeaux 2009 de Nicole DUAULT
  • Les cadeaux 2009 de Thomas COUBRONNE
  • Les cadeaux 2009 de Yannick MILLON



  • Les 3 derniers dossiers

  • L'art de la symphonie

  • Un monument de granit

  • Les cadeaux de Noël 2013 d'Altamusica

    [ Tous les dossiers ]
     
      (ex: Harnoncourt, Opéra)


  • Grands crus 1580-1599



    Luca Marenzio
    Madrigali
    Concerto Italiano
    direction : Rinaldo Alessandrini
    1994/2000
    2 CD Naïve NC 40010

    C’était une promesse. Il ne suffit pas en effet pour un label, aussi jeune, moderne, dynamique, hype soit-il, et malgré les difficultés conjoncturelles qu’il rencontre, d’absorber ses plus modestes aînés en vue d’occuper le devant des bacs et de la scène. Il lui faut aussi respecter, et donc perpétuer l’héritage qui sommeille dans des fonds de catalogues aujourd’hui trop souvent négligés, ou hâtivement réédités, par souci, fort compréhensible en temps de crise – et celle du disque n’est pas neuve – d’économie.

    Enrichi des références publiées jadis chez Opus 111, Astrée et quelques autres indépendants, Naïve peut se targuer de prendre le contre-pied de cette tendance avec sa nouvelle collection de Grands Millésimes : quinze titres, best-sellers peut-être, devenus rares pour certains, mais surtout multi récompensés. Chacune de ces boîtes élégantes, d’une sobriété qui rompt avec une image de marque parfois trop soumise à certaines tendances marketing, contient deux CD, ainsi qu’un livret particulièrement soigné, sans ces raccourcis désormais trop souvent de mise qui précipitent la mort annoncée d’un objet dont on n’imagine pourtant pas se passer.

    Alors précipitez-vous, les yeux fermés et les oreilles grandes ouvertes ! D’autant qu’il y en a pour tous les goûts – Bach par Pierre Hantaï (Variations Goldberg et concertos) ou Hopkinson Smith (l’œuvre de luth), Beethoven par le Quatuor Végh, Chopin par Sokolov, Vivaldi par Biondi, Haydn et Dvořák par Accentus, etc. Et c’est par goût personnel, justement, que nous vous conseillons cette anthologie Marenzio, le plus grand madrigaliste avant et avec Monteverdi, par le Concerto Italiano d’hier, aux timbres plus corsés, et d’aujourd’hui, aux élans plus unis et lumineux.



     
    Sublime barbarie



    Sacrificium
    Araia, Caldara, Graun, Leo, Porpora, Vinci
    Cecilia Bartoli, mezzo-soprano
    Il Giardino Armonico
    Giovanni Antonini, direction
    Enregistrement : 2009
    CD (+ CD Bonus) Deluxe Limited Edition Decca 478 1521

    C’était une promesse. Des albums Vivaldi à Gluck et jusqu’à Opera Proibita, Cecilia Bartoli n’avait cessé de flirter, parfois de très près, avec l’art des castrats. Avec Sacrificium, elle l’attaque de front, d’abord préoccupée, comme nul ne l’avait osé avant, du destin de ces d’enfants sacrifiés dans l’espoir d’un avenir prospère par des parents accablés de misère. Mais sur quatre mille d’entre eux, mutilés chaque année dans des conditions proches de la plus vile boucherie, combien accédaient au rang de stars internationales ?

    Ils s’appelaient Farinelli, Caffarelli, Salimbeni, ces élèves de la glorieuse école napolitaine que leur destin conduisit jusqu’à l’infaillible Nicola Porpora, que George Sand qualifia de « premier maître de chant de l’univers ». Loin d’en faire des machines à notes, comme pourraient le laisser croire ces pages noircies d’irrespirables cascades de vocalises, leur blessure originelle, cette part dérobée de leur humanité qui leur conférait des pouvoirs surnaturels, élevait leur chant au rang de la poésie même, métaphore incarnée et pourtant irréelle des affects mis en vers par Métastase.

    La Bartoli touche ici au sublime sans rien dissimuler de la barbarie qui l’engendra. Voix comme venue d’ailleurs, parfois suspendue dans l’éther, et soudain d’une étoffe éruptive, fraîche comme une cataracte, bouillante comme un geyser, elle assume une féminité hardie là où tant d’autres ont singé l’androgynie. Et pour cette raison même, laisse entrevoir cette fascination qu’en leur temps suscitaient les castrats.



     
    L’offrande musicale



    Henry Purcell (1659-1695)
    Hail ! Bright Cecilia
    George Frideric Handel (1685-1759)
    A Song for St Cecilia’s day
    Franz Joseph Haydn (1732-1809)
    Cäcilienmesse
    Lucy Crowe, soprano
    Nathalie Stutzmann, contralto
    Anders J. Dahlin, Richard Croft, ténors
    Luca Tittoto, basse
    Chœur et Orchestre des Musiciens du Louvre-Grenoble
    direction : Marc Minkowski
    Enregistrement : 2009
    2 CD Naïve V5183

    C’était une promesse. Et Marc Minkowski l’a voulu tenir telle une offrande à sainte Cécile, cette patronne révérée qui, jusqu’aux heures d’incertitude, ne lui a jamais retiré sa protection. Car depuis son passage chez Naïve, chacun des disques du chef français résonne comme une victoire. Un manifeste, aussi. L’hommage peut certes sembler de circonstance – 2009 marque un triple anniversaire, naissance et disparitions confondues –, mais il est d’abord le reflet d’un parcours en musique, celui-là même que retrace Serge Martin sans littérature dans le Marc Minkowski paru chez Versant Sud.

    Si aucun enregistrement ne l’atteste, Purcell a mis les Musiciens du Louvre au monde. Haendel, qui les a vus grandir, est devenu, galopant devant Rameau, leur cheval de bataille. Haydn enfin, dont ils ont emmené les Symphonies londoniennes à Salzbourg et Vienne même, leur apporte aujourd’hui un souffle neuf. Des deux premiers, les odes coulent d’une source toujours abondante, mais plus claire, moins puissamment germanique qu’au temps où le Konzertmeister se nommait Anton Steck – âge d’or –, puis Florian Deuter.

    L’esthétique vocale quant à elle demeure, aussi fermement caractérisée que contrastée sur tout l’ambitus, du soprano pesamment lumineux de Lucy Crowe au creux éminemment latin de Luca Tittoto, trouvant son point d’équilibre dans les entrelacs du baryténor en état de grâce de Richard Croft et de la haute-contre funambule d’Anders J. Dahlin.

    La fête des timbres atteint son apogée avec l’irruption du contralto singulièrement abyssal de Nathalie Stutzmann dans la Messe de sainte Cécile de Haydn, enregistrée dans sa brève et première mouture, Kyrie et Gloria seuls, identifiée par l’éminent et regretté H. C. Robbins Landon. Du Credo, Marc Minkowski a néanmoins désiré faire entendre, à la manière d’un bis, l’ineffable Et incarnatus est. Comme on le comprend.



     
    Le monde merveilleux de René Jacobs



    Franz Joseph Haydn (1732-1809)
    Die Schöpfung
    Julia Kleiter (Gabriel / Eva)
    Maximilian Schmitt (Uriel)
    Johannes Weisser (Raphael / Adam)
    RIAS Kammerchor
    Freiburger Barockorchester
    direction : René Jacobs
    Enregistrement : 2009
    2 CD Harmonia Mundi HMC 902039.40

    C’était une promesse. Cinq ans après des Saisons d’emblée historiques, René Jacobs livre enfin sa vision de la Création de Haydn. Et de nouveau bouleverse un paysage musical déjà fortement ébranlé cette année, féconde entre toutes, par une Brockes Passion de Telemann (HMC 902013.14) hérissée d’épines et un Idomeneo de Mozart (HMC 902036.38) pris dans l’œil du cyclone.

    Ce Chaos émané du silence, explorant la dissonance, est assurément au commencement de tout, et non prémonition du grand désordre engendré par le péché originel, point de départ les lectures rétrospectives. En assumant une progression figurative, et non par anticipation, le récit surprend, interroge et ranime sans cesse notre capacité d’émerveillement face à la beauté inaltérée du monde, condition même du sublime, tel que le définit Johann Georg Sulzer dans sa Théorie générale des beaux-arts vingt-cinq ans avant la composition de l’oratorio : « Le sublime […] est le sommet de l’art et doit être employé là où il s’agit d’interpeller le sentiment avec violence, de susciter l’admiration, la crainte mêlée de respect, le désir le plus fort, la grandeur d’âme ou encore la terreur et la pitié ; partout où l’on veut faire agir de puissants stimuli sur les forces de l’âme, où les contenir avec force. »

    Et si telle est la fin, c’est que Jacobs use de moyens infaillibles : un Freiburger Barockorchester inapprochable de motricité, de mobilité, débordant des couleurs où se réflète un RIAS Kammerchor à l’élan inouï. Quant aux solistes, trois mots résument leurs qualités : grâce – Julia Kleiter –, idiome – Maximilian Schmitt –, éloquence – Johannes Weisser.



     
    La voix rêvée



    Francis Poulenc (1899-1963)
    La Voix humaine
    Denise Duval (Elle)
    Orchestre de l’Opéra Comique
    direction : Georges Prêtre
    Enregistrement : 1959 (son) /1970 (image)
    Denise Duval revisitée ou La « Voix » retrouvée
    Denise Duval, Sophie Fournier, Alexandre Tharaud
    réalisation : Dominique Delouche
    Enregistrement : 1998
    DVD Doriane Films

    C’était une promesse. Bien sûr, il faut avoir entendu Denise Duval dans cette Voix humaine que Poulenc mit pour elle sur les mots de Cocteau. Mais il faut aussi, surtout, l’avoir vue. Et de cela, Dominique Delouche était persuadé, qui vint troubler sa trop précoce retraite. C’est que deux ans après la mort du compositeur, le « Rossignol à larmes » s’était tu, suite à un grave accident. Le refus qu’essuya le jeune réalisateur n’en fut que plus catégorique.

    En 1970 pourtant, la cantatrice céda, et se retrouva en studio, face à la caméra, et surtout à sa propre voix, dans la version enregistrée dix ans plus tôt sous la direction de Georges Prêtre dans la foulée de la création à l’Opéra Comique. Par d’indiscrets jeux de miroirs et des cadrages allusifs, la pellicule parvint à fixer l’impalpabilité d’une mémoire hantée. Jamais Duval ne reproduit, elle revit, elle est, de tout cet être qui jaillit d’yeux immenses, parce que cette Voix humaine est plus qu’une part d’elle-même, la preuve d’amour d’un homme qui n’aimait pas les femmes, mais qui l’aima, elle, par-dessus tout. Clap de fin ?

    Il y a de l’exorciste chez le Dominique Delouche qui vingt-huit ans plus tard revint à la charge pour la convaincre, une dernière fois – le ton, le regard sont irrévocables –, de retrouver sa voix. La leçon d’interprétation n’est à vrai dire qu’un prétexte, et Sophie Fournier – accompagnée au piano par Alexandre Tharaud –, interprète sensible, idiomatique, n’est jamais dupe, qui s’imprègne non de conseils, mais de ce témoignage à huis clos sur la scène même de l’Opéra Comique. Une nouvelle fois, une dernière fois, l’égérie, la muse, l’alter ego ressuscite son « Poupoule » à travers sa voix rêvée, enfin retrouvée.



     

    Mehdi MAHDAVI
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