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DOSSIERS 17 janvier 2018

Les cadeaux de Noël 2009 d'Altamusica

Malgré la crise du disque et la crise tout court, les publications dans le domaine du classique n'ont pas vraiment eu l'air de faiblir en 2009. C'est pourquoi à l'approche d'une nouvelle décennie, les rédacteurs d'Altamusica continuent de vous proposer, parmi les parutions de l'année, une large sélection de CD, DVD et livres cadeaux pour les fêtes.
Joyeux Noël à toutes et à tous !

 

Le 16/12/2009
Propos recueillis par La rédaction
 
  • Les cadeaux 2009 de Gérard MANNONI
  • Les cadeaux 2009 d'Olivier BRUNEL
  • Les cadeaux 2009 de Mehdi MAHDAVI
  • Les cadeaux 2009 de Nicole DUAULT
  • Les cadeaux 2009 de Thomas COUBRONNE
  • Les cadeaux 2009 de Yannick MILLON



  • Les 3 derniers dossiers

  • L'art de la symphonie

  • Un monument de granit

  • Les cadeaux de Noël 2013 d'Altamusica

    [ Tous les dossiers ]
     
      (ex: Harnoncourt, Opéra)


  • (Don) Magnifico !



    Gioacchino Rossini (1792-1868)
    Cenerentola
    Joyce DiDonato (Angelina)
    Juan Diego Flórez (Don Ramiro)
    David Menéndez (Dandini)
    Bruno de Simone (Don Magnifico)
    Cristina Obregón (Clorinda)
    Itxaro Mentxaka (Tisbe)
    Simón Orfila (Alidoro)
    Chœur et Orchestre du Gran Teatre del Liceu
    direction : Patrick Summers
    mise en scène : Joan Font
    décors et costumes : Joan Guillén
    éclairages : Albert Faura
    captation : Xavi Bové
    Enregistrement : Barcelone, 2008
    2 DVD Decca Unitel-Classica 074 3305

    S’il fallait une raison de se procurer cette Cenerentola, Joyce DiDonato et Juan Diego Flórez seraient chacun un motif suffisant. Chacun incarne une forme d’idéal du bel canto rossinien qui transparaît ici d’une manière irradiante et sublimée par un plateau de belle tenue, alternant beauté des moyens – Alidoro –, abattage – Don Magnifico – et engagement.

    Mais rien n’y fait, le contraste de qualité, s’il est impitoyable pour les réserves individuelles quant aux comprimarii, éclaire surtout le degré de perfection des deux stars de la distribution qui dans le cas présent méritent leur titre d’étoiles : coloratures impeccables, aigus non pas insolents mais soignés au-delà de l’imaginable, homogénéité, messa di voce, ce catalogue de prodiges techniques serait peu de chose s’il n’était mis au service de la musique, si chaque inflexion n’était guidée par le texte, si chaque ornement n’ouvrait sur une subtile intelligence non seulement du rôle, mais de ce qu’il y a d’ineffable dans cette musique de pure vocalité – au sens où il y a musique pure et musique à programme – que Rossini a portée à son paroxysme avant la déferlante romantique et réaliste de l’opéra moderne.

    La mise en scène très jeu de cartes de Joan Font ne manque pas d’humour et de charme, et les adorables rats qui tiennent compagnie à la malheureuse Cendrillon restituent à merveille l’ambiance du conte. Et si la direction irrégulière de Patrick Summers n’a rien d’ébouriffant, les éblouissants premiers rôles suffiront à combler tous les amoureux du genre.



     
    La lettre et l’esprit



    Johann Sebastian Bach (1685-1750)
    Sonates pour flûte
    Hugo Reyne, flûte à bec
    Pierre Hantaï, clavecin
    Emmanuelle Guigues, viole
    Enregistrement : Temple de Lourmarin, 2007
    1 CD Mirare MIR 038

    Noël ne serait pas tout à fait Noël sans l’ombre fidèle de Bach et de ses chorals ; cela tombe bien, puisque Hugo Reyne vient d’enregistrer avec Pierre Hantaï au clavecin et Emmanuelle Guigues à la viole les Sonates pour flûte du Cantor, et à la flûte à bec, c’est-à-dire dans une vision certes tout à fait subjective mais surtout de sonorité très gourmande.

    Seules les quatre sonates authentifiées et complètes ont été retenues, accompagnées de la Suite BWV 997 dans une hypothétique version pour dessus et continuo, qu’elles soient pour clavecin obligé ou pour basse continue – ou mixtes comme les BWV 1033 et 997.

    Fruit des expérimentations du trio au concert, le programme ainsi remanié et entièrement transposé – la BWV 1030 est ici dans sa version 1030b en sol mineur, et sans nomenclature précise pour le dessus – épouvantera peut-être les absolutistes, mais quand la vitalité de l’interprétation ne les convaincrait pas, l’hommage respectueux adressé par Reyne et Hantaï à leurs maîtres Brüggen et Leonhardt dans le livret du CD les rassurera quelque peu.

    Malgré une prise de son parfois surdimensionnée et pas toujours flatteuse pour la flûte dans l’aigu, l’ensemble reste d’un goût très sûr articulé sur une spiritualité confinant au chemin de croix émerveillé du vaste Andante de la BWV 1030 ; ailleurs – BWV 1034 – c’est la virtuosité qui invite à un labyrinthe métaphysique, et plus loin – BWV 997 – l’ascèse d’une fugue ou une tragique Sarabande qui nous rappellent ce credo du Cantor Bach : louer Dieu en chaque page de sa divine musique. Devoir amplement accompli, et de quelle souveraine beauté !



     
    Le Damoiseau élu



    Claude Debussy et le prix de Rome
    Textes de Denis Herlin, Steven Huebner, France Lechleiter et Jann Pasler
    Guylaine Girard (soprano), Sophie Marilley (mezzo-soprano), Bernard Richter (ténor), Alain Buet (baryton), Marie-Josèphe Jude & Jean-François Heisser (piano)
    Chœur de la Radio flamande
    Brussels Philharmonic
    direction : Hervé Niquet
    Enregistrement : 2009
    Musiques du prix de Rome, volume 1
    Livre (115 pages) + 2 CD Éditions Glossa Palazzetto Bru Zane GBS 922206-F

    On sait que Debussy avait le goût des objets rares et précieux, et sans doute n’aurait-il pas boudé le superbe livre-disque consacré par Glossa, à l’initiative du Palazzetto Bru Zane, tout jeune Centre de musique romantique française de Venise, à ses œuvres en rapport avec le prix de Rome, les chœurs des premières épreuves, les cantates des deuxièmes, et les envois du lauréat – dont beaucoup de pièces inédites.

    Très bien documenté, et dans une présentation très soignée, ce premier volume des Musiques du prix de Rome est l’occasion d’entendre les étapes préparant le chemin à la dernière Damoiselle élue : les subtilités orchestrales du très lyrique Gladiateur affleurent sous la baguette d’un Hervé Niquet attentif à la couleur et effusif, tandis que Marie-Josèphe Jude et Jean-François Heisser distillent les harmonies déjà savamment moirées du jeune diplômé du Conservatoire.

    Si l’on ajoute à cela le confort d’un plateau vocal qui possède le français avec une maîtrise pouvant frôler l’idéal – le ténor Bernard Richter –, et qui investit avec fraîcheur ces pages à la fois naïves et prometteuses, on se régalera des deux Printemps à mi-chemin entre les Trois chansons de Charles d’Orléans et des mélodies telles qu’Apparition ; on découvrira avec intérêt la flamboyante Invocation et le joyeux Salut Printemps qui accompagnent un Enfant prodigue dans sa version originale où le Brussels Philharmonic, à défaut d’être absolument impeccable techniquement, assume un coloris des vents très évocateur.

    Une première réussite pour une série très attendue, d’un intérêt musical et musicologique enthousiasmants.



     
    Bouquet de chants



    Robert Schumann (1810-1856)
    6 Lieder aus Myrthen
    Gedichte der Königin Maria Stuart op. 135
    Lieder nach Gedichten von Friedrich Rückert
    Liederkreis op. 39
    Bernarda Fink, mezzo-soprano
    Anthony Spiri, piano
    Enregistrement : Berlin, 2008
    1 CD Harmonia Mundi HMC 902031

    Saluons le très beau récital Schumann de Bernarda Fink et Anthony Spiri, occasion d’entendre une très grande artiste pourtant discrète à la scène comme au disque dans un répertoire taillé sur mesure pour elle et choisi avec discernement.

    En marge du vaste Liederkreis op. 39, la sélection dans Myrthen de six des sept Lieder sur des poèmes de Burns, tous féminins, ainsi que trois des poèmes de Rückert qui viennent ici s’insérer dans un groupe consacré au poète, forme un écrin particulièrement cohérent au niveau des thèmes et des atmosphères : la langueur après l’ailleurs, et l’amour, forcément malheureux à la fin douloureuse d’une vie.

    Ainsi le quatrième cycle féminin de Schumann – l’op. 135 – acquiert-il une dimension emblématique : si « Madame Bovary c’est [Flaubert] », alors Marie Stuart c’est Schumann, en tout cas celui de cet ultime adieu au Lied après les op. 103 et 104, évoqués comme les Frauenliebe und -leben par ce point de vue féminin remarquablement central chez le compositeur.

    Ce programme s’abandonnant finalement à une rêverie dans la nature serait peu sans l’extrême pudeur et la confiance absolue en la musique qui transparaissent à chaque instant d’une voix qui n’a peur ni de sa délicatesse, ni de l’éloquence du texte.

    L’humanité manifeste du chant évoque immanquablement la suprême élégance tout en retenue de Janet Baker, avec une matière frémissante et un coloris subtil, tout en féminité et en suavité à fleur de peau. L’entente idéale avec le piano poétique et déambulant d’Anthony Spiri achève un très grand disque auquel ne manquent ni la hauteur de vue ni la probité des moyens.



     
    La Loreley



    Waltraud Meier
    I follow a voice within me
    Documentaire d’Annette Schreier
    + Gustav Mahler (1860-1911)
    Das Lied von der Erde
    Waltraud Meier, mezzo-soprano
    Torsten Kerl, ténor
    WDR Sinfonieorchester Köln
    direction : Semyon Bychkov
    1 DVD Medici Arts 2051888

    Ich weiß nicht, was soll’s bedeuten, Daß ich so traurig bin. Heine aurait pu penser à Waltraud Meier en écrivant ces deux premiers vers de sa célébrissime Lorelei ; car si madame est une grande ensorceleuse, c’est aussi parce qu’elle dit comme personne l’étrange tristesse qu’on ne s’explique pas. Sa Kundry, son Isolde surtout nous l’ont appris ; et ce documentaire permet d’approcher d’un peu plus près une artiste à tous niveaux hors-normes.

    On nous dit dans ce documentaire qu’elle ne chante pas que Wagner, qu’elle est aussi fantastique dans le répertoire italien. Et de se livrer à l’exercice. On se rend compte alors qu’elle n’est pas vraiment faite pour Amnéris. Décevant ? C’est plutôt le rôle qui n’est pas fait pour elle.

    À voir la femme se dévoiler, on comprend bien qu’elle est au service du personnage dans ce qu’il a de complet, et c’est donc chez Wagner qu’on trouvera le plus spontanément des natures exhaustives où l’artiste peut non pas trouver mais chercher son chemin. Derrière son humour, son énergie, à travers les commentaires de ses amis et partenaires, en la voyant travailler avec son indéfectible Barenboïm, on découvrira surtout la musicienne qui cherche, l’actrice qui questionne, loin des certitudes de tant de chanteurs.

    L’artiste exigeante et inventive dira laconiquement que si son chant est modulé, c’est qu’on s’ennuie à écouter un chanteur qui chante fort tout le temps ; comme s’il ne s’agissait que de nuances, là où les tréfonds du verbe sont l’essence même de la couleur et du phrasé de la mezzo. N’importe : nuances ou paroles, on s’attarderait bien plutôt sur sa quête des personnages, car quand elle cherche, c’est le public qui trouve.



     
    C’est l’extase…



    Gabriel Fauré (1845-1924)
    Mélodies
    Troisième recueil
    Deux mélodies de 1906
    Yann Beuron, ténor
    Billy Eidi, piano
    Enregistrement : Paris, 2009
    1 CD Timpani Palazzetto Bru Zane 1C1162

    Joli programme et belle initiative de la part d’un ténor qui ne manque pas de charme et d’un pianiste incontournable dans la mélodie française, que cet enregistrement consacré à Fauré, pilier des classes de chant s’il en est, et pourtant trop rare au récital et au disque.

    Rassemblant l’intégralité du troisième recueil de vingt mélodies (1888-1904) publié par Hamelle en 1906 et les deux mélodies de 1906, le programme présente le passage de la deuxième à la troisième manière du compositeur, plus ou moins amorcé avec l’op. 85, autrement dit l’apogée du style du maître des lieux.

    La diction limpide de Yann Beuron, le sentiment délicat, le timbre velouté et lumineux sont idéaux dans ce répertoire encore passionnément lyrique et déjà subtilement frôlant le silence et la suggestion, tandis que Billy Eidi donne à entendre, derrière le flot des accompagnements noyant la forme sous une continuité feinte, le raffinement de la modulation avec le souci constant de caresser les poèmes sans appuyer le trait.

    Le résultat est ainsi d’un maniérisme estompé tout à fait dans l’esprit à la fois des poètes retenus par Fauré et du musicien lui-même. À peine regrettera-t-on quelques excès opératiques de la part du chanteur – Au cimetière mérite plus de pudeur – et une gestion malheureuse de certains « r » non roulés et dévoisés, question certes épineuse, car l’enthousiasme nous fait souhaiter que Timpani et le Palazzetto Bru Zane aient la bonne idée de poursuivre cette initiative avec – pourquoi pas ? – une intégrale des mélodies de Fauré.



     
    La joie parfaite



    Olivier Messiaen (1908-1992)
    Saint François d’Assise
    Rod Gilfry (Saint François)
    Camilla Tilling (l’Ange)
    Hubert Delamboye (le Lépreux)
    Henk Neven (Frère Léon)
    Tom Randle (Frère Massée)
    Donald Kaasch (Frère Élie)
    Armand Arapian (Frère Bernard)
    Chœur De Nederlandse Opera
    The Hague Philharmonic
    direction : Ingo Metzmacher
    mise en scène : Pierre Audi
    décor et éclairages : Jean Kalman
    costumes : Angelo Figus
    préparation des chœurs : Martin Wright
    captation : Misjel Vermeiren
    Enregistrement : Opéra d’Amsterdam, 2008
    3 DVD Opus Arte OA 1007 D

    Il serait dommage de passer à côté de cette superbe réalisation de l’extatique Saint François d’Assise d’Olivier Messiaen, la première au DVD. La mise en scène en est, on le sait, un défi tant au théâtre qu’à la patience du spectateur ; mais qu’on se rassure, le travail humaniste de Pierre Audi, d’ailleurs magnifiquement capté par les équipes d’Opus Arte, évite tous les écueils de cet opéra en forme d’oratorio.

    La scénographie, sobre, modulable entre les tableaux et intemporelle, restitue l’intimité d’une action concentrée à l’extrême et littéralement entourée d’une musique – et d’un orchestre – parmi les plus saturés de couleur. Le chœur se déploie en toute liberté au milieu d’un cimetière de croix très impressionnant et la force des images culmine dans un tableau des Stigmates tendu à l’extrême entre le saint brisé et une petite étoile solitaire – on pense à Kubrick et la pauvre humanité harassée de frayeur dans 2001 – après un Prêche qu’on ne voit pas passer, où des enfants, à la fois catéchumènes et oiseaux, illustrent la béatitude avec une naïveté très juste.

    Le plateau est très homogène, malgré un français variable et des imperfections ici ou là ; l’Ange notamment, après des débuts tangents, montre beaucoup de musique et de joliesses malgré un chant tout sauf français, et Rod Gilfry prouve que, s’il n’a pas l’autorité de diseur d’un Van Dam que l’on imagine irremplaçable ici, il déborde d’humanité et d’investissement, tant dans son jeu que dans son chant – le baiser au lépreux est d’une intensité écrasante.

    Reste le clou de cette publication, un orchestre sensationnel, conduit par un Metzmacher décidément dans son jardin – du sommeil d’amour –, avec une violence et une grâce à couper le souffle.



     

    Thomas COUBRONNE
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