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DOSSIERS 11 décembre 2018

Les cadeaux de Noël 2012 d'Altamusica
© Galeries Lafayette

Vous vous torturez l'esprit pour offrir de la musique classique à vos amis ? Vous calez devant les rayons des magasins spécialisés ou la page d'accueil d'un site de commande ? Pas de panique, Altamusica vous propose ses sélections de CD, DVD/Blu-ray et livres parmi les parutions de l'année 2012.
Joyeux Noël à toutes et à tous !
Aujourd'hui, les sélections de Noël de Yannick MILLON

 

Le 18/12/2012
Propos recueillis par La rédaction
 
  • Les cadeaux 2012 de Gérard MANNONI
  • Les cadeaux 2012 d'Olivier BRUNEL
  • Les cadeaux 2012 de Yannick MILLON



  • Les 3 derniers dossiers

  • L'art de la symphonie

  • Un monument de granit

  • Les cadeaux de Noël 2013 d'Altamusica

    [ Tous les dossiers ]
     
      (ex: Harnoncourt, Opéra)


  • Amoureusement concocté



    André Tubeuf
    Dictionnaire amoureux de la musique
    Éditions Plon, 693 pages

    Un gros livre pour commencer. La prestigieuse collection des Dictionnaires amoureux s’est enrichie d’un titre avec celui de la Musique, amoureusement concocté par André Tubeuf. À juste titre célèbre et prestigieuse, cette collection a pour règle le libre choix de ses entrées selon les goûts et conviction de l’auteur. Elle donne à la fois un point vue singulier sur un sujet et par là-même en dit long sur celui qui choisit. Académiciens, politiciens, ministres, stars des médias, des fourneaux, du spectacle y voisinent.

    L’auteur est bien connu des passionnés de musique qui peuvent lire dans le Point et dans ce que la presse musicale compte ou a compté comme titres sérieux, ses articles, commentaires, comptes rendus et critiques de spectacles, récitals, concerts, festivals, depuis les années 1970.

    Quelques ouvrages musicaux consacrés à des interprètes (Claudio Arrau, Dinu Lipatti, Elisabeth Schwarzkopf), compositeurs (Richard Strauss, Verdi, Wagner, Mozart, Beethoven), genres (la voix, le Lied, les Ballets Russes) ainsi que deux romans ont été publiés durant ces trente dernières années, auxquels s’est ajouté récemment l’Offrande musicale, dans la collection Bouquins, qui regroupe la plus grande partie de ses articles et chroniques.

    La musique y est certes traitée selon le principe du dictionnaire avec, d’Albéniz à Zemlinsky, ses entrées bien alphabétiquement alignées. Mais que l’on n’aille pas y chercher des biographies fourmillant de dates et pointilleuses sur les numéros d’opus. Il s’agit plutôt de donner des pistes au lecteur (et auditeur potentiel) de ces articles qui ne traitent pas que des musiciens mais aussi d’écrivains impliqués, d’interprètes qui ont marqué la transmission de la musique, de définitions souvent indéfinissables à la manière habituelle des Histoires de la musique et autres traités savants.

    De lui ouvrir l’oreille et le goût au moyen d’un vécu, d’un entendu dont l’expérience autodidacte remonte à une soixantaine d’années et d’une réflexion qui dépasse, ou plutôt ne passe pas par les moyens de la stricte analyse musicale. Et si comprendre, c’est entendre mieux, mission accomplie !



     
    Un tel artiste



    Alfred Cortot
    Anniversary Edition
    Œuvres d’Albeniz, Bach, Beethoven, Brahms, Chausson, Chopin, Couperin, Debussy ; Fauré, Franck, Haendel, Haydn, Liszt, Mendelssohn, Purcell, Ravel, Saint-Saëns, Schubert, Schumann, Scriabine, Weber
    Enregistrements 1919-1959
    Livret de 80 pages abondamment illustré
    40 CD EMI Classics 5099 704907 2 5

    La quasi intégrale des enregistrements du pianiste français Alfred Cortot que publie EMI pour fêter le cinquantenaire de sa mort est certes un beau cadeau, néanmoins à ne pas offrir à n’importe qui !

    Il faut être fanatique de piano et de l’histoire de l’interprétation et être prêt à entendre un certain nombre de fois, dans des prises étalées sur quarante ans pour l’éditeur His Master’s Voice, des œuvres phares de cet interprète telles la Deuxième Sonate de Chopin, ses Quatre Ballades, ses Préludes et Études, sa Tarentelle, le Children’s Corner et les Préludes de Debussy, les Papillons de Schumann, l’étude La leggierezza de Liszt, le concerto de Schumann, les Variations symphoniques de Franck, bref son répertoire de prédilection.

    Alfred Cortot (1877- 1962) a mené une brillante carrière de soliste et encore plus de pédagogue avant de se tourner vers la direction d’orchestre. Il a fondé en 1919 à Paris l’École normale de musique et n’a jamais cessé d’enregistrer depuis l’époque des rouleaux et du 78 tours jusqu’à l’enregistrement acoustique. Quasiment tous les pianistes qui lui ont succédé tombent d’accord sur le fait qu’il est pour eux le plus bel exemple. Seule ombre au tableau, son passé politique pendant la triste période de l’Occupation…

    De toutes les étapes de cet abondant coffret, si les prises du début sont justes acceptables pour le son (les rouleaux ont été écartés de la sélection), dès 1926, cela devient bien meilleur et carrément correct à partir de 1930. Le travail de remastering effectué sur ce plan a été exemplaire, d’autant qu’il a été supervisé par Guthrie Luke, ancien disciple de Cortot et témoin de nombreuses séances d’enregistrements à l’époque.

    De ces quarante CD, on connaissait déjà un bon nombre d’enregistrements publiés surtout en microsillons (la collection les Introuvables nous avait révélé les Brandebourgeois de Bach et la musique de chambre avec Thibaud et Casals ainsi que Cortot accompagnateur de Maggie Teyte). De nombreux inédits viennent s’y ajouter, notamment des pièces de Schumann, des Chopin et surtout une myriade de petites pièces d’Albéniz, Fauré, Mendelssohn et Franck.

    À la fin des années 1950, un projet d’intégrale de sonates de Beethoven n’avait pas abouti. Ici est restitué tout ce qui avait été enregistré quitte à compléter en cas d’inachèvement pour quelques sonates (les Adieux, Appassionata) par des extraits de leçons d’interprétation avec exemples au piano. Un discours en hommage à son élève Dinu Lipatti figure aussi au nombre des nouveautés.

    On peut se perdre dans ce monument parmi toutes les redites qui ne constituent en fait qu’une évolution dans son art de l’interprétation. Choix personnel : les Préludes de Debussy de 1930 et la Sonatine de Ravel de 1931 (CD 9), le formidable Carnaval et les Études symphoniques de Schumann de 1928 (CD 7), l’époustouflante Troisième Sonate de Chopin et ses Préludes (CD 11), le Concerto brandebourgeois n° 5 de 1932 que Cortot dirige du piano et où il se lance dans une ébouriffante cadence (CD 36).

    Mais comment ne pas s’extasier devant le naturel, la sonorité magnifique, le phrasé quasi improvisé, l’instinct musical infaillible et la dimension intellectuelle et spirituelle d’un tel artiste ?



     
    La Voix des rêves



    Philippe Jaroussky
    La Voix des rêves
    2 CD Virgin Classics 50999 972894 2 5
    1 DVD Virgin Classics 50999 602665 9 0

    Titrés de manière un peu racoleuse la Voix des rêves, le double CD et le DVD consacrés par Virgin Classics à l’une des têtes de file de son catalogue, le contre-ténor français Philippe Jaroussky, sont des compilations de tous les moments exceptionnels (ils sont nombreux) de presque dix ans d’une carrière exemplaire. Quelques inédits parsèment ce glorieux parcours.

    À trente-quatre ans, Jaroussky peut s’enorgueillir d’un beau début de carrière. Il ne le fait cependant pas, car c’est la personne la plus simple et lucide que l’on peut croiser dans le paysage musical parisien. À l’écoute de ce remarquable parcours, on ne peut qu’admirer la pertinence de ses choix autant dans le répertoire que pour les partenaires dont il a su toujours bien s’entourer.

    La cheville musicale est l’Ensemble Artaserse qu’il a fondé et dont il est le directeur musical. Les deux CD le montrent accompagné par bien d’autres ensembles et chefs : Emmanuelle Haïm, Fabio Biondi, Jérémie Rhorer, Jean Tubéry, Christina Pluhar, Diego Fasolis, William Christie, et partenaires : Nurial Real, Max Emanuel Cencic, Jérôme Ducros qui presque tous rendent dans le livret un hommage appuyé à ses qualités autant artistiques qu’humaines.

    Le copieux double CD évoque absolument toutes les facettes du répertoire abordé par le contre-ténor, de celui des castrats (Porpora, Caldera, Bassani) de l’opéra (Vivaldi, Monteverdi, J.C. Bach, Haendel), l’oratorio et la musique religieuse (Monteverdi, Sances, Mattioli, Fauré) et la mélodie (Purcell), ainsi que sa très particulière incursion dans la mélodie française (Hahn, Chaminade, Lekeu).

    Et une autre incursion remarquable dans le domaine du tango (Los pájaros perdidos d’Ástor Piazzolla avec L’Arpeggiata). Ces choix montrent un éclectisme et un appétit de découverte tout à fait singuliers. Les inédits sont d’un intérêt majeur, son éditeur lui ayant donné l’opportunité d’enregistrer en studio ce qui lui semblait manquer à ce palmarès.

    Cela nous vaut un merveilleux Music for a While de Purcell et un Laudate Dominum des Selve morale e spiruituale de Monteverdi ainsi que de Haendel l’indispensable Ombra mai fu de Serse et le virtuosissime Venti turbini de Rinaldo.

    Avec le DVD, on pourra découvrir au-delà des qualités proprement musicales et virtuoses d’une voix qui, quoique limitée dans son volume, est capable des plus infimes nuances et inflexions pour rendre aux textes leur vérité musicale, un sens du théâtre inné et une présence scénique captivante. Le répertoire du DVD reflète bien le goût pour l’opéra et surtout pour le concert que Jaroussky pratique le plus.

    Plusieurs grands moments dont les séquences avec le contralto Marie Nicole Lemieux scellent des rencontres artistiques exceptionnelles. La scène Sento un certo non so che du Couronnement de Poppée qu’ils ont chantée ensemble à Baden-Baden en 2012 est un exemple parfait de cette complicité artistique unique.

    On y retrouve, avec l’image cette fois, les moments forts des CD notamment les mélodies françaises avec Jérôme Ducros filmées à Verbier en 2009, le tango de Piazzolla avec Christina Pluhar à Ambronnay en 2008, un poignant Lascia ch’io pianga de Rinaldo avec le Quatuor Ébène au TCE en 2010 et des rencontres non moins inattendues : Son nata a lagrimar de Giulio Cesare avec Anne Sofie von Otter et un splendide Io t’abbraccio de Rodelinda avec Nuria Real de 2008.

    Ce très copieux parcours se termine avec des souvenirs de concerts plus éclectiques comme l’hilarante interprétation à cinq voix du tube Le lion est mort ce soir importé en France par Henri Salvador, avec les membres du Quatuor Ébène qui compte en la personne de Vincent Coq un étonnant crooner, le Prélude pour deux violons et piano (Jaroussky a commencé la musique par l’étude du violon) avec rien moins que Renaud Capuçon et Jérôme Ducros, et l’Élégie de Massenet accompagnée au violoncelle par Gautier Capuçon – tous filmés en 2010 au Théâtre des Champs-Élysées.



     
    Claviers inégalement tempérés



    Johann Sebastian Bach (1685-1750)
    Le Clavier bien tempéré, livre II
    Enregistrement studio, 1973
    Sviatoslav Richter, piano
    2 CD Melodiya MEL CD 10 02030
    Le Clavier bien tempéré, livres I et II
    András Schiff, piano
    Enregistrement : Lugano, 2011
    4 CD ECM New Series 2270-73 476 4827

    Relative déception ! Il y a un an Melodya publiait un Premier livre du Clavier bien tempéré de Bach par Sviatoslav Richter, un inédit absolu enregistré en public dans la Grande Salle du Conservatoire de Moscou le 20 avril 1969. Ce document apporte par rapport à son monumental mais parfois glaçant enregistrement de studio une vie, un entrain, une variété, une dynamique absolument stupéfiants.

    On vit l’évolution de la pensée musicale et intellectuelle de Bach dans ces douze préludes et fugues à des sommets presque jamais atteints. Quelles espérances entretenait-on en apprenant par un entrefilet dans une revue que le Livre II allait bientôt être édité par Melodiya !

    Effectivement il l’est, dans une présentation identique, mais PAS en public. En comparant et recoupant, on s’aperçoit qu’il s’agit du Livre II de la version enregistrée en studio entre 1972 et 1973 au Château de Klessheim (Salzbourg), coproduite par RCA et le Chant du Monde, remastérisée certes, mais identique.

    L’éditeur date de 1973 ce qui fut en fait enregistré en plusieurs sessions étalées sur 1972 et 1973. Le son est infiniment plus présent que dans l’édition RCA, et si l’on retrouve l’art pianistique incomparable de Richter, on ne peut que faire la différence avec le Premier livre qui avait subit une telle métamorphose dans sa version live par rapport à cette version de studio.



    Le pianiste d’origine hongroise András Schiff est resté fidèle, au disque comme au concert, au Bach de ses débuts comme en témoignent des enregistrements réédités par Denon, l’éditeur de ses débuts avant Decca pour qui il avait enregistré en 1987 les deux livres du Clavier bien tempéré.

    Vingt-cinq ans plus tard, c’est pour l’éditeur munichois ECM, à qui il a déjà donné les Six Partitas et les Variations Goldberg, qu’il les grave à nouveau. Première constatation, l’enregistrement du piano par ECM est bien meilleur, plus présent et met bien mieux en relief que celui de Decca la particularité de la sonorité de Schiff, la rondeur du son, le moelleux et la précision de ses attaques.

    Pour l’interprétation, c’est à un bond spectaculaire que l’on assiste. Le Schiff de 1987 (on a pu l’entendre donner cette intégrale en deux soirs à Pleyel à la même époque) était d’une frilosité extrême par rapport au texte.

    Un quart de siècle plus tard et avec beaucoup d’expériences de concerts consacrés à Bach, si la fidélité au texte est toujours son souci principal, il joue avec une liberté, une recherche sonore, une connaissance du style de tout l’œuvre si bien assimilé, qui en font un parcours passionnant, coloré, un véritable voyage que l’on écoute de bout en bout captivé. C’est probablement le meilleur enregistrement pianistique paru cette année.



     
    Bach un jour, Bach toujours



    Johann Sebastian Bach (1685-1750)
    Variations Goldberg BWV 988
    Partita n° 2
    Suite anglaise n° 2
    Grigory Sokolov, piano
    Enregistrements publics, Grande Salle du Conservatoire de Leningrad
    2 CD Melodiya MEL CD 10 02049

    Toujours Bach, avec la parution la plus récente de Melodiya, qui édite des Variations Goldberg par Grigory Sokolov enregistrées en public au Conservatoire de Leningrad le 27 février 1982, complétées par la Partita n° 2 et la Suite anglaise n° 2 du même lieu, respectivement en 1975 et 1989.

    Ce pianiste russe qui s’est imposé progressivement au public parisien au point que ses concerts annuels au Théâtre des Champs-Élysées sont parmi les plus courus de la saison, est capable de soulever l’enthousiasme le plus exacerbé comme de laisser indifférent, parfois au cours du même concert.

    Les Variations Goldberg sont jouées avec un grand parti pris de liberté quasi romantique qui fait craindre au début pour la structure de l’ensemble. Puis le rythme s’installe peu à peu, mais il faut attendre les cinq dernières pour retrouver le nerf de l’œuvre. On préférera d’autres interprétations plus équilibrées dont la discographie abonde.

    La Partita n° 2 et la Suite anglaise n° 2 en revanche sont pleines de fantaisie improvisatrice, d’une sonorité équilibrée et maintiennent l’intérêt constamment éveillé. Du grand Sokolov !



     
    Deux belles valent mieux qu’une



    Piotr Ilitch Tchaïkovski (1840-1893)
    La Belle au bois dormant
    The Royal Ballet
    DVD Opus Arte OA 0995 D
    Ballet du Bolshoï de Moscou
    DVD Bel Air Classiques BACO78

    Deux versions de la Belle au bois dormant, ballet de Marius Petipa et Tchaïkovski, paraissent simultanément sur DVD. L’un du Royal Ballet de Londres dont la chorégraphie est très réinterprétée, l’autre plus orthodoxe par le Ballet du Théâtre Bolshoï de Moscou avec la star du moment Svetlana Zakharova.

    Trop de fées se sont penchées sur la chorégraphie de la version londonienne qui date de 2006 à l’occasion du soixante-quinzième anniversaire de la compagnie. Au départ adaptée par Monica Masson et Christophe Newton d’après la version de Ninette de Valois et Nicholas Sergeyev dans laquelle Margot Fonteyn s’était illustrée, elle s’est vue complétée par des chorégraphies additionnelles de Frederick Ashton, Anthony Dowell et Christopher Wheeldon (responsable d’une nouvelle Valse des guirlandes) soit les chorégraphes de la génération suivante.

    Le spectacle roule sans problème avec de nombreuses variantes avec la structure de base de Petipa pour les grands numéros du ballet. Gros reproche, au contraire de la version Noureev à Paris, le Prince a vraiment peu à danser en dehors de ses pas de deux. Pour le Prologue et l’acte I, Oliver Messel dont on a refait les costumes originaux, s’en est donné à cœur joie pour les couleurs bonbon anglais notamment pour les costumes des fées marraines. Les décors sont assez jolis car ils évoquent plus qu’ils n’imposent l’univers du conte d’après Grimm et Perrault.

    Filmée à l’occasion des prises de rôles de la Roumaine Alina Cojocaru (technique solide et physique enfantin parfaitement approprié) et Federico Bonelli, deux Étoiles très calibrées dansant parfaitement leurs parts mais sans grand éclat ni charisme particulier, la distribution est impeccable et réserve même de bonnes surprise comme le couple Florine-Oiseau bleu de Sarah Lamb et José Martin.

    Les deux épisodes de la Fée Carabosse (dansé par Genesia Rosato avec beaucoup de réalisme) bénéficient d’une mise en scène très théâtrale et à effets. L’orchestre du Royal Opera dirigé par Valeriy Ovsyanikov a beaucoup de charme. Une version qui pourrait être très satisfaisante si on ne lui comparait pas celle filmée en 2011 au Théâtre Bolshoi de Moscou de la nouvelle réalisation chorégraphique de Yuri Grigorovich d’après Marius Petipa dans des décors d’Ezio Frigerio.



    Moscou, 2011, on est avec cette nouvelle chorégraphie dans une Belle au Bois dormant beaucoup plus académique. C’est cette production qui a été présentée récemment en direct dans les cinémas. Les décors de Frigerio qui évoquent Versailles sont somptueux mais parfois un peu trop solennels et les éclairages de Vincio Cheli manquent de nuances.

    Svetlana Zakharova, la ballerine romantique la plus demandée actuellement, est absolument irréprochable techniquement avec ce rien de froideur dont elle ne se dépare jamais. David Hallberg, premier Américain à être engagé comme danseur principal au Bolchoï, un Prince Désiré impeccable lui aussi et aux sauts impressionnants, mais très nuancé dans son expression.

    La Fée des Lilas de Maria Allash est au-delà de la virtuosité une bonne comédienne et Carabosse, ici jouée par un homme, Alexey Ovcharenko, en fait juste un peu trop ! On se prend parfois à regretter le fondu de la version londonienne qui en fait un véritable show. Ici on est d’avantage dans le grand ballet à numéros mais de très haute volée. L’Orchestre du Théâtre Bolchoï dirigé par Vassily Sinaisky n’a rien à envier à celui de Covent Garden et a plus de musique à jouer, les coupures étant moins nombreuses. Choix difficile certes mais passionnant !



     
    Du grand Petit



    La Dame de Pique
    Passacaille
    chorégraphies : Roland Petit
    DVD Bel Air Classiques BACO 12
    La Chauve-souris
    chorégraphie : Roland Petit
    DVD Arthaus Musik 107 265

    Roland Petit nous a quittés il y a un peu plus d’un an et les témoignages de son art que le DVD réédite sont précieux. Réalisés pour le Bolchoï de Moscou, la Dame de Pique et Passacaille sont deux chefs-d’œuvre aux antipodes. La très divertissante Chauve-souris réalisée pour le Ballet de La Scala devrait nous revenir à Paris via le Ballet de l’Opéra de Vienne l’an prochain. Trois exemples du talent à facette de ce grand chorégraphe français.

    La Dame de Pique réalisée pour le Ballet du Théâtre Bolshoï de Moscou en 2005 est une deuxième mouture, la première ayant été réalisé pour Baryschnikov qui n’était pas d’accord avec le chorégraphe pour l’adaptation de la nouvelle de Pouchkine. Petit a utilisé comme support musical la Symphonie Pathétique de Tchaïkovski, idée royale pour le découpage de l’action.

    La chorégraphie est criante de dramatisme et servie par deux interprètes historiques du ballet moscovite : Nikolaï Tsiskaridzé et Ilze Liepa. Les décors de Jean Michel Wilmotte sont superbes et efficaces. Le programme est complété avec une chorégraphie abstraite sur la Passacaille de Webern admirablement dansée par douze solistes du Bolchoï. Un copieux bonus permet d’entendre Roland Petit parler de son travail et aux deux interprètes de Dame de Pique de s’exprimer.



    Roland Petit n’était jamais aussi bon que quand il racontait des histoires. Sa Chauve-souris créée à Monte Carlo en 1979 avec le Ballet de Marseille a subi quelques avatars avant d’être enregistrée en 2003 par le Ballet de la Scala de Milan au Teatro degli Arcimboldi sous le nom d’Il Pipistrello. Petit replaçait l’action dans le contexte français fin XIXe de la pièce le Réveillon de Meilhac et Halévy qui avait inspirée l’opérette de Johann Strauss.

    Interprétation superlative avec les deux Étoiles maison Alessandra Ferri et Massimo Murru mais aussi par l’extraordinaire Luigi Bonino en Ulrich qui était de la création. Là encore Jean Michel Wilmotte fait mouche avec ses décors ingénieux et poétiques et la chorégraphie de Roland Petit fourmille à chaque minute d’idées nouvelles et astucieuses.

    Deux témoignages indispensables de l’art de ce grand chorégraphe. Signalons que sont aussi disponibles sur le support DVD ses ballets Proust, ou les intermittences du cœur (BelAir), Notre-Dame de Paris (TDK), Le Jeune homme et la mort et Carmen (TDK), Clavigo (Arthaus), tous par le Ballet de l’Opéra de Paris.



     

    Olivier BRUNEL
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