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DOSSIERS 20 avril 2018

Les cadeaux de Noël 2013 d'Altamusica

Si comme nous, vous tenez mordicus à pouvoir continuer, ce Noël comme tous les précédents, à écouter de la musique sur support physique, vous serez sans doute intéressés par notre sélection CD, DVD et livres parmi les parutions 2013, qui vous aidera à couvrir vos proches de cadeaux non dématérialisés.
Joyeux Noël à toutes et à tous !

 

Le 19/12/2013
Propos recueillis par La rédaction
 
  • Les cadeaux 2013 d'Olivier BRUNEL
  • Les cadeaux 2013 de Nicole DUAULT
  • Les cadeaux 2013 de Thomas COUBRONNE
  • Les cadeaux 2013 de Yannick MILLON
  • Bonus danse



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  • L'art de la symphonie

  • Un monument de granit

  • Les cadeaux de Noël 2013 d'Altamusica

    [ Tous les dossiers ]
     
      (ex: Harnoncourt, Opéra)


  • Noël au salon



    Licht und Liebe
    Franz Schubert (1797-1828)
    Lieder et quatuors vocaux
    Marlis Petersen, soprano
    Anke Vondung, mezzo-soprano
    Werner Güra, ténor
    Konrad Jarnot, basse
    Christoph Berner, pianoforte Rönisch
    Enregistrement : Teldex Studio, Berlin, octobre 2011
    CD Harmonia Mundi HMC 902130

    Il serait dommage de passer à côté de ce programme concocté avec un goût délicieusement viennois et qui recrée avec succès l’atmosphère intime d’une schubertiade : Lieder à une ou plusieurs voix évoquent tour à tour le salon, le bal, la noce, mais aussi la quête spirituelle et le sens de l’existence dans une nature infinie.

    Loin d’un choix superficiel et décoratif, les sapins sont ici autant ceux de Noël que ceux de la forêt métaphorique de Siegfried, et la justesse de l’interprétation – à défaut d’une véritable personnalité vocale des chanteurs – confèrent à cet enregistrement une authenticité, une simplicité, un sérieux devant lesquels il faut s’incliner.

    Au fil de ses « divines longueurs », Schubert révèle à travers ces pages savamment rassemblées la fulgurance synthétique de son génie, où le rire côtoie les larmes, l’élégance l’ascèse, la légèreté le tragique. Bien plus qu’un superficiel bonbon viennois, ce récital est une invitation à l’introspection, comme dans une fête où la mélancolie s’invite parmi la joie des convives. Un trésor d’imagination.



     
    Noël en prison



    Refuge in Music
    Terezín
    Film de Dorothee Binding & Benedict Mirow
    Documentaire et concert
    Anne Sofie von Otter, mezzo-soprano
    Daniel Hope, violon
    Christian Gerhaher, baryton
    Bengt Forsberg, piano
    Bebe Risenfors, contrebasse, guitare, accordéon, percussion
    DVD Deutsche Grammophon 00440 073 5077

    Écho d’un concert d’Anne Sofie von Otter, ce DVD prend toute sa dimension avec un nouveau récital au sein d’une équipe musicale plus étoffée et en regard avec un documentaire consacré aux musiciens et écrivains de Theresienstadt, ce ghetto modèle imaginé par les Nazis pour calmer les inquiétudes de la Croix-Rouge sur le sort des Juifs déportés.

    Musique de qualité, textes prégnants, leçon de vie, de courage, d’humour – juif ou non –, chacun y trouvera ce qu’il y cherche et ce qu’il y apporte, mais il est sûr que non seulement l’initiative mais aussi le résultat sont d’un intérêt tout à fait remarquable. Et Noël est une fête où on a le droit de penser aux malheureux, aux victimes et au passé douloureux de l’humanité.

    Dans le documentaire, Christian Gerhaher explique que les Nazis ont falsifié l’Histoire en éliminant arbitrairement des artistes talentueux. On rétablira ainsi quelque peu la véritable Histoire en découvrant des œuvres bouleversantes, pas seulement par leur contexte tragique de composition, mais bien par leur qualité propre. Un cadeau non dénué d’amertume, mais profondément marqué par l’amour et la mémoire.



     
    Noël au Japon



    Robert Schumann (1810-1856)
    Waldszenen op. 82
    Sonate pour piano n° 2 en sol mineur op. 22
    Gesänge der Frühe, op. 133
    Mitsuko Uchida, piano
    CD Decca Classics 478 5393

    Tout le monde n’aime pas le piano cérébral et rigoureux de Mitsuko Uchida, en particulier dans Schumann, où l’on préfère souvent des divagations plus désinvoltes. Mais nous avouons notre fascination devant ce travail minimaliste et essentiel. La Deuxième Sonate ici entourée des énigmatiques Scènes de la forêt et des erratiques Chants de l’aube dresse un portrait complet de l’art d’un compositeur aussi original qu’emblématique du romantisme allemand.

    Uchida s’en empare avec la même radicalité que dans son précédent enregistrement, alliant une sobriété schubertienne, un rubato pondéré à une concision qu’on nous pardonnera de trouver japonaise : si l’ombre de Schoenberg rôde dans certains phrasés, certaines suspensions presque expressionnistes, c’est le minimalisme webernien du geste musical qui nous frappe le plus. Tel un haïku qui en quelques signes saisit un instantané de l’univers, il y a ici un art de la concentration autour du sens tout à fait captivant.

    Dépouillé d’affèterie, peut-être un peu sec, ce Schumann est comme un bonsaï romantique : dans la pureté de la forme et la tension ramassée à l’extrême, il est un peu l’essence de l’œuvre et de la pensée du compositeur, fantasque non à l’improviste, mais par un enracinement profond dans une logique certes intuitive mais tout sauf rhapsodique. Un modèle d’intelligence musicale.



     
    Noël après les canons



    Benjamin Britten (1913-1976)
    War Requiem, op. 66
    Galina Vichnevskaïa, soprano
    Peter Pears, ténor
    Dietrich Fischer-Dieskau, baryton
    The Bach Choir
    Highgate School Choir
    London Symphony Orchestra Chorus
    Melos Ensemble
    London Symphony Orchestra
    Simon Preston, orgue
    direction : Benjamin Britten
    Enregistrement : Kingsway Hall, Londres, janvier 1963
    2 CD + 1 Blu-ray pure audio Decca Classics 478 5433

    Œuvre magnifique et pourtant bien rare, le War Requiem est à la croisée de la messe des morts et de la poésie de Wilfred Owen, que Britten eut l’idée de confronter dans cette pièce de circonstance commandée pour la consécration de la cathédrale de Coventry, rebâtie après la guerre.

    Loin de toute pompe nationaliste, le compositeur eut l’idée d’une œuvre bilingue – latin et anglais – adjoignant au texte liturgique des poèmes stigmatisant l’atrocité absurde de la guerre, la distribution prévue pour la création – et refusée par l’URSS – réunissant un plateau très symbolique anglo-germano-russe.

    Le présent enregistrement, postérieur d’un an, bénéficie de la parfaite adéquation de chacun à son emploi, le diseur sans pareil de Fischer-Dieskau et la sensibilité à fleur de peau de Pears incarnant parfaitement les textes sur la guerre, tandis que Vichnevskaïa insuffle à l’office latin son mélange de précision et d’opulence, le tout sous la baguette évidente du compositeur et avec des forces orchestrales et chorales captivantes.

    Un CD additionnel d’extraits de répétitions, pas forcément passionnant dans le détail, permettra surtout d’apprécier le personnage Britten, gentleman, précis, d’une grande douceur mais toujours soucieux de privilégier le sens sur le son – une caractéristique de son langage musical toujours très manifeste. Une référence incontestable rééditée également avec un Blu-ray pour les amateurs de très haute définition.



     
    Noël de composition



    Pierre Boulez (*1925)
    Œuvres complètes
    13 CD Deutsche Grammophon 4806828

    Monument à mettre entre toutes les oreilles que cette intégrale de l’œuvre de Pierre Boulez chez Deutsche Grammophon, somme singulière qui fait l’objet de remaniements et de réécritures continuels.

    Art intellectuel, structuré, aux confins de diverses influences, cette approche sans complaisance est aussi jalonnée de références poétiques et marquée par une conscience de l’éphémère qui à sa manière rejoint les manifestes de Cage sur l’œuvre ouverte ; mais ce ne sont pas ici les interprètes qui sont confrontés aux virtualités du matériau, mais bien plutôt le compositeur lui-même qui doit remettre inlassablement son ouvrage sur le métier, les possibles s’épuisant aussitôt choisis.

    C’est ainsi un perpétuel work in progress qui ne sera jamais achevé, un instantané du paysage boulézien que ce coffret propose, un ensemble de clichés d’un travail de composition qui n’a sans doute de sens que sous cette forme d’intégrale nécessairement partielle.

    Une interview passionnante revient sur de nombreux aspects de la démarche de l’ancien patron de l’IRCAM : la classe d’analyse de Messiaen, Stockhausen, la direction d’orchestre, Wagner sont autant de facettes d’un prisme que traverse, jamais cassante mais toujours pénétrante, la pensée beaucoup moins catégorique qu’on le dit d’un musicien d’une envergure incontestable, dont seule la voix quelque peu essoufflée trahit l’âge et la fatigue.

    À ne surtout pas réserver aux bouléziens convaincus : les plus réfractaires seront gagnés à une argumentation aussi limpide que la démarche musicale est immédiate.



     
    Noël en oraison



    Jordi Savall, une messe en si à Fontfroide
    Johann Sebastian Bach (1685-1750)
    Messe en si mineur
    Céline Scheen, soprano I
    Yetzabel Arias Fernández, soprano II
    Pascal Bertin, alto
    Makoto Sakurada, ténor
    Stephan MacLeod, basse
    La Capella reial de Catalunya
    Le Concert des Nations
    direction : Jordi Savall
    captation DVD : Andy Sommer
    Enregistrement live : Abbaye de Fontfroide, juillet 2011
    2 CD + 2 DVD Alia Vox AVDVD 9896 A/D

    Témoignage émouvant de l’engagement toujours sensible de Jordi Savall que cette Messe en si mineur de Bach enregistrée dans la merveilleuse abbaye de Fontfroide, où il a élu domicile pour quelques concerts annuels.

    À côté d’un documentaire sur les répétitions et sur l’équipe musicale, où l’on s’émerveille devant le charisme et l’authenticité humaine bien autant que stylistique du Catalan, mais aussi devant les images superbes d’un lieu spirituel et retiré, dont la bibliothèque fut d’ailleurs décorée par Odilon Redon à la fin de sa vie, le concert en versions audio et vidéo est un grand moment de couleur et d’engagement.

    Avec ce sens latin de la dramaturgie qui, à l’opposé de la rigueur un peu sèche des interprètes flamands et allemands, peut-être plus incontestables, que sont les Kuijken, Herreweghe, Harnoncourt ou Leonhardt, innerve un Bach chaleureux et passionné, Savall ne s’attache pourtant presque qu’au message spirituel de l’œuvre, qu’il considère comme une synthèse de l’art du Cantor, le monument d’une vie musicale vouée à Dieu.

    Il en ressort une approche humaine, tangible, immanente, immédiate, animée d’une réelle gravité certes peu métaphysique mais très immédiate. Des voix fruitées, parfois caractérisées, à défaut d’être toujours vraiment belles – le ténor très ouvert de Makoto Sakurada, l’alto pincé de Pascal Bertin –, et une sincérité de chaque instant, tant dans les solos que dans les chœurs, valent une version incarnée et méridionale de cette œuvre œcuménique et ici européenne tout à fait en accord avec la démarche du Concert des Nations. Un Noël solaire en perspective.



     

    Thomas COUBRONNE
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