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DOSSIERS 20 avril 2018

Dietrich Fischer-Dieskau,
le baryton du siècle

Intelligent, inspiré, puissant, subtil, perfectionniste, aventureux, c'est l'insurrection des superlatifs pour décrire la carrière du plus mémorable baryton de ce siècle. Toute l'année 2000 n'est pas de trop pour célébrer son anniversaire.
 

Le 14/09/2000

  • L'abécédaire Fischer-Dieskau
  • Dietrich Fischer-Dieskau, un témoignage
  • La discographie introuvable de Dietrich Fischer-Dieskau.



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  • Le témoignage d'Antoine Livio

    Dietrich Fischer-Dieskau m'a toujours impressionné, pour ne pas dire qu'il m'inquiéta, durant de nombreuses années. En effet je n'arrivais pas à croire que la perfection, tant dans la beauté de la ligne de chant que dans l'intelligence du texte, ne pouvait être autre chose que le fruit d'un long travail de montage après enregistrement. C'est l'envers de la médaille, quand on travaille à la radio, on ne peut plus croire au miracle d'une seule prise !

    Puis un jour de 1955, jeune homme encore, je me suis rendu pour la première fois à Bayreuth. Le premier opéra de Wagner que je voyais et que je vis alors fut Tannhäuser, avec Fischer-Dieskau en Wolfram von Eschenbach. Ce qui m'a le plus marqué, dans cette musique " actée ", fut la cohésion, pour ne pas dire la complicité, entre la direction d'orchestre d'André Cluytens, la mise en scène de Wieland Wagner et ce baryton, acteur irradiant de charisme et de musicalité, de beauté musicale devrais-je écrire. Et deux jours plus tard, le même était l'incarnation de la douleur, un Amfortas pathétique, sur la scène du Festspielhaus. C'était donc l'été 1955. Je découvrais alors Bayreuth et voyais pour la première fois en scène Dietrich Fischer-Dieskau, qui conféra pour moi des lettres de noblesse à la tessiture de baryton. Découvrir l'oeuvre de Richard Wagner par son intermédiaire fut non seulement un souvenir mais une leçon.

     
    Dix ans plus tard, j'arrivais à Salzbourg et sur la scène de la Felsenreitschule, je le retrouvais en Macbeth, aux côtés de Grace Bumbry. Il faut avoir vécu ces moments d'intense émotion, renouvelés quand il incarna Falstaff, Wozzeck et surtout Lear, pour savoir combien un baryton peut être une des colonnes du temple lyrique.

    Je repris alors les disques de Dietrich Fischer-Dieskau, les Lieder de Schubert d'abord. Après tant de séjours en Germanie, je possédais suffisamment la langue de Goethe pour débusquer ce qui eût pu être une approximation dans la lecture du texte. Rien, nulle faille. C'était presque trop parfait. Ce travail à la fois d'interprète et de musicologue nous permettait de mieux saisir toute l'étendue du génie de Schubert. Génie de la mélodie. Mieux, génie de la mise en musique des poèmes. Car Fischer-Dieskau a toujours accordé autant d'importance aux vers qu'à la musique, rendant sensible la fusion de la musique des mots et de la musique que ces mots suscitent dans l'imaginaire d'un compositeur. Ainsi a-t-il cerné ce mystère de la double musicalité d'un Lied, dans des livres essentiels ; il suffit de songer à Auf den Spuren der Schubert-Lieder (traduit sous le titre Les Lieder de Schubert), Schumann, Wort und Musik (Schumann, le verbe et la musique) et à Töne sprechen, Wörte klingen (Les sons parlent et les mots chantent).

    Ce que j'admire aussi chez Fischer-Dieskau, c'est qu'il a su mettre son talent au service des compositeurs d'aujourd'hui, en créant Elégie pour de jeunes amants de Henze, War Requiem de Britten ou Lear d'Aribert Reimann. Mais il a également créé des oeuvres de Stravinsky, Wolfgang Rihm, Siegfried Matthus, Barber, Busoni, Dallapiccola, Lutoslawski, Isang Yun et j'en oublie de ces grands maîtres qui ont composé pour lui !

    Aujourd'hui, il ne chante plus, mais dirige et poursuit ainsi admirablement son oeuvre d'humilité au service de la musique.

     

    Antoine Livio (1931-2001)
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