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DOSSIERS 23 janvier 2018

L'art de la symphonie

Après l’intégrale des symphonies de Mahler façon People’s edition, la Deutsche Grammophon remet le couvert participatif en s’attaquant cette fois aux grandes symphonies du répertoire, à travers un coffret de 56 CD intitulé 100 Great Symphonies. Où comment anéantir nos réserves sur le papier face à une efficace sélection des interprétations. Décryptage…
 

Le 18/07/2014
Propos recueillis par Yannick MILLON
 
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  • Sammartini, Stamitz, Dittersdorf, Johann Christian puis Carl Philip Emmanuel Bach, pionniers de la symphonie, se partagent une première galette dédiée aux prémices du genre. Haydn est présent sur trois disques répartis entre Trevor Pinnock (39, Marie-Thérèse, La Passione), Bernstein (88, Surprise) et Jochum (Horloge, Londres) : autant d’approches antagonistes mais ayant finalement comme point commun de n’avoir pas pris une ride.

    Mozart a droit aussi à trois CD, avec à nouveau l’élégance aristocratique et les instruments anciens de rêve de Pinnock (25, 29 et surtout une magnifique Haffner), avant l’esthétique plus datée dans les introductions lentes (le vibrato des violons) mais la belle énergie globale de James Levine (Prague, 39), et la perfection apollinienne des mêmes Wiener Philharmoniker avec Bernstein (40 et Jupiter).

    Au rayon des intégrales, le plus cohérent se trouve chez Schumann, avec la gravure des années 1980 de Bernstein à Vienne, source de tous les superlatifs. Jetez une oreille ne serait-ce que sur le Finale de 1, éclosion forcenée de bourgeons éclatants, d’une énergie dévastatrice. L’un des sommets de la discographie (le mouvement lent tétanisant de 2), porté par les sonorités sublimes du roi des orchestres.

    Côté Brahms, réjouissons-nous de l’unité des quatre symphonies confiées à un même chef, en l’occurrence Karajan à Berlin, pour regretter aussitôt le panachage entre les deux dernières intégrales du maestro autrichien (ultime gravure pour 1, 2 et 3, enregistrement seventies pour 4). Ce qui n’enlève rien à un art de la grande ligne, du legato, du souffle orchestral assez prodigieux, ou à un sostenuto des cordes à jamais derrière nous.

    Chez Beethoven, ultime compositeur du coffret à avoir droit à son corpus entier, la somme apparaît de prime abord de bric et de broc : 1 et 2 Gardiner, magnifiques de justesse stylistique, idéalement sonnantes ; 3 et 4 Abbado-Berlin, propres, nettes, sans faute de goût, 5 et 7 Dudamel-Venezuela, virtuose mais assez classique ; 6 et 8 Böhm-Vienne, trésors d’un autre âge, avec l’une des plus belles Pastorale du disque : 9 Bernstein-Vienne, valeur sûre et engagement de tous les instants. Rien de faible en définitive, malgré l’éparpillement des interprétations, ce qui n’est déjà pas rien.

    La trilogie des derniers Tchaïkovski est encore confiée à Karajan-Berlin fin années 1970, rouleau compresseur, parfaite machine orchestrale occidentale, grand romantisme à la germanique, même si dans le genre, HVK était allé plus loin encore dans la pâte sonore dantesque chez EMI au début de la même décennie, ou ira au contraire nettement plus en subtilité avec les Wiener années 1980. Un pilier de discographie quoi qu’il en soit.

    Bruckner (4 Jochum-Berlin, le naturel incarné ; 7 Karajan-Vienne, dernier enregistrement du chef, testament spirituel ; 8 Böhm-Vienne, autre sommet d’évidence) et Mahler (Titan Bernstein-Amsterdam, adéquation de chaque instant avec la pensée mahlérienne ; 2 Boulez-Vienne, un peu épuisé, maillon faible de son intégrale mais tenant sur un seul disque ; 5 Dudamel-Venezuela, très belle tenue instrumentale mais sans une once d’arrière-plans ; 9 Abbado-Berlin, peut-être l’absolu sommet de la discographie avec ses emballements incroyables dans le Scherzo et son Finale hors d’atteinte) sont quant à eux presque aux petits oignons.

    Au rayon des bonnes gravures de fond de catalogue, d’une incontestable solidité, on sera confronté aux Schubert sévères mais sans la moindre faute de goût de Böhm-Berlin (3, 5, Inachevée, Grande), aux Dvořák (8, Nouveau Monde) trapus, bien articulés et puissants de Kubelik-Berlin, pas la plus Mitteleuropa des couleurs orchestrales, mais un réel métier, notamment dans une 9 qui pourrait faire office de version de base de l’œuvre (à trois ralentis douteux du Finale près, alors que le reste est immense, avec un excellent timbalier).

    En revanche, on est plutôt déçu à la réécoute des Mendelssohn (Écossaise, Italienne) pourtant très cotés d’Abbado-LSO, très lisses, ne tenant pas la distance face à Toscanini, Cantelli (4 seule) ou le merveilleux Sawallisch.

    (----> suite...)

     

    Yannick MILLON
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