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DOSSIERS 19 novembre 2018

Les cadeaux de Noël 2010 d'Altamusica

Année après année, le catalogue de CD, DVD et autres livres consacrés à la musique classique et à la danse ne cesse de s'enrichir de nouvelles références, mais aussi de multiples rééditions et coffrets anniversaire. À l'approche du terme de 2010 et à l'occasion des fêtes, Altamusica vous propose une nouvelle fois sa sélection de cadeaux.
Joyeux Noël à toutes et à tous !

 

Le 15/12/2010
Propos recueillis par La rédaction
 
  • Les cadeaux 2010 de Gérard MANNONI
  • Les cadeaux 2010 d'Olivier BRUNEL
  • Les cadeaux 2010 de Thomas COUBRONNE
  • Les cadeaux 2010 de Yannick MILLON
  • Les cadeaux 2010 de Nicole DUAULT



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  • L'art de la symphonie

  • Un monument de granit

  • Les cadeaux de Noël 2013 d'Altamusica

    [ Tous les dossiers ]
     
      (ex: Harnoncourt, Opéra)


  • Idoménée révélé



    Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791)
    Idomeneo
    Richard Lewis (Idomeneo)
    Luciano Pavarotti (Idamante)
    Enriqueta Tarrés (Elettra)
    Gundula Janowitz (Ilia)
    Neilson Taylor (Arbace)
    Glyndebourne Festival Chorus
    London Philharmonic Orchestra
    direction : John Pritchard
    Enregistrement : Glyndebourne, 14 août 1964
    2 CD Glyndebourne Opus Arte

    Si l’opera seria Idoménée, roi de Crète, premier grand chef-d’œuvre de Mozart, a aujourd’hui gagné sa place au répertoire des théâtres lyriques, il n’en était pas de même quand Fritz Busch l’a exhumé au festival de Glyndebourne.

    Comme tous les opéras de Mozart, Idomeneo eut besoin d’être ressuscité au XXe siècle, et c’est en 1951 qu’il fut révélé au public d’après-guerre, dans une version certes tronquée de moitié mais par une production légendaire de Carl Ebert et Oliver Messel qui resta au répertoire jusqu’en 1964.

    Trois enregistrements permettent de suivre l’évolution de ce spectacle, dont le dernier vient d’être réédité par les soins même du festival dans un son satisfaisant et une édition très luxueuse qui exploite peu à peu les grandes archives de la maison.

    Des soirées princeps reste un enregistrement au son très inégal, à la partition trafiquée et aux coupures abruptes mais qui est le seul témoignage de la direction électrique et claire de Fritz Busch. Mais pour la première Ilia de Sena Jurinac qui reste aujourd’hui inégalée, il est indispensable (Urania).

    Avec une distribution sensiblement améliorée, l’enregistrement réalisé en 1956 dans le mythique studio n° 1 d’Abbey Road fait figure de référence absolue (EMI Références). John Pritchard avait succédé à Busch disparu à la fin de l’été 1951. Sa direction (malgré les coupures d’usage à l’époque) gagne en clarté et en style (l’excellence des tempi) ainsi qu’en dramatisme dans les scènes chorales – l’amélioration du son en est partiellement responsable.

    La (dernière) reprise de 1964, toujours dirigée par Pritchard, existait dans le circuit non officiel. Glyndebourne lui donne une seconde vie dans un habillage luxueux et un son nettement amélioré. L’événement était l’Idamante du tout jeune Pavarotti qui était encore dans une phase d’hésitation entre une carrière de footballeur et de chanteur... Grâce soit rendue à Glyndebourne d’avoir contribué à l’éclairer sur ce sujet !

    S’il n’est pas le roi de la vocalise, sa vocalité italienne dans les récitatifs, la chaleur et le soleil de son timbre dans un rôle si lié à la lumière méditerranéenne et sa ligne belcantiste sont miraculeux. Jeune aussi, Gundula Janowitz reprenait à Jurinac le rôle d’Ilia avec le timbre pur et somptueux qu’on lui connaît, mais une trop grande retenue qui s’apparente souvent à de la froideur.

    Enriqueta Tarrés, qui avait fait les beaux soirs d’Aix dans le même rôle, est une Elettra très à l’aise et convaincante. Mais cet enregistrement brille surtout dans les ensembles : le quatuor de l’acte III est miraculeux, le drame y est palpable, et par la sensation d’aboutissement d’une mission commencée treize ans avant sous les meilleurs auspices. À découvrir absolument !



     
    Une Antigone germanique



    Carl Orff (1895-1982)
    Antigonae
    Martha Mödl (Antigonae)
    Marianne Radev (Ismene)
    William Dooley (Chorführer)
    Carlos Alexander (Kreon)
    Paul Kuën (Ein Wächter)
    Fritz Uhl (Hämon)
    Josef Traxel (Tiresias)
    Kurt Böhme (Ein Bote)
    Lilian Benningsen (Euridice)
    Chor des Bayerischen Rundfunks
    préparation : Kurt Prestel
    Symphonie-Orchester des Bayerischen Rundfunks
    direction : Wolfgang Sawallisch
    Enregistrement : Munich, 1958
    2 CD Profil édition Günter Hänssler DCD PH 09066

    Voici disponible sur CD l’interprétation historique par Martha Mödl de l’Antigone de Carl Orff d’après Shophocle, dans une adaptation de Friedrich Hölderlin (1949), issue des archives de la Radio bavaroise (version de concert de 1958). Trésor précieux d’autant que la soprano est fort bien entourée – Joseph Traxel en Tiresias, Fritz Uhl en Hämon, William Dooley et Kurt Böhme, tous d’une tenue impeccable, grande époque !

    Dirigée par Wolfgang Sawallisch avec les forces de l’Orchestre symphonique de la Radio bavaroise et surtout son fabuleux chœur (préparé par Kurt Prestel), l’œuvre, qui avait déjà connu quelques enregistrements préalables (Leitner, Fricsay, Solti) est jouée avec un souci analytique et de retenue.

    La forme de cet opéra qui se jouait d’un trait n’est pas dans la tradition de l’époque, ni son orchestration très originale, les dialogues parlés ou en Sprechgesang sont nombreux et, mille hélas, non reproduits dans le livret d’accompagnement. Texte passionnant en revanche de Christoph Zimmermann et documents d’époque.



     
    Mozart en ombres chinoises



    Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791)
    Die Entführung aus dem Serail
    Luigi Alva (Belmonte)
    Ingeborg Hallstein (Konstanze)
    Gerhard Unger (Pedrillo)
    Reri Grist (Blonde)
    Fernando Corena (Osmin)
    (Bassa Selim)
    Wiener Philharmoniker
    direction : Zubin Mehta
    mise en scène : Giorgio Strehler
    Enregistrement : Festival de Salzbourg, 1965
    1 DVD VAI

    Alors que les archives sonores du festival de Salzburg de la grande époque sont bien exploitées, les traces visuelles ont toujours été rares. Parmi les trois opéras de Mozart rescapés des années 1960 paraissant dans une image très satisfaisante car filmées en noir et blanc par la télévision autrichienne domine l’Enlèvement au sérail.

    Qui n’a jamais rêvé d’en voir la distribution originale dans la fameuse réalisation en ombres chinoises par Giorgio Strehler et Luciano Damiani, qui vola la vedette au Boris Godounov de Karajan en 1965 ? On pourra continuer de rêver, car la télévision autrichienne ne la filma qu’en 1967 alors qu’Ingeborg Hallstein et Luigi Alva, magnifiques interprètes, avaient remplacé Anneliese Rothenberger et Fritz Wunderlich, soit plusieurs crans au-dessous pour les rôles principaux. Restent Reri Grist, exquise, Gerhard Unger, et Fernando Corena, Osmin dont la truculence fait passer quelques insuffisances vocales – criantes surtout dans le grave.

    L’intelligent travail de Strehler, homme de théâtre (avec ici comme dramaturge rien moins que Klaus Michael Grüber) que l’on pu voir jusque dans les années 1980 à Milan, Florence et Paris, est magnifiquement filmé dans sa sobriété que sublime le noir et blanc. Le jeune Zubin Mehta maîtrise avec finesse et distinction ce Singspiel, acte fondateur de l’opéra parlé germanique.



     
    Concile en splendeur



    Hans Pfitzner (1869-1949)
    Palestrina
    Christopher Ventris (Palestrina)
    Peter Rose (Pius IV)
    Michael Volle (Morone)
    John Daszak (Bernardo Novagerio)
    Roland Bracht (Cardinal Madruscht)
    Falk Struckmann (Borromeo)
    Christiane Karg (Ighino)
    Chor der Bayerischen Staatsoper
    Bayerisches Staatsorchester
    direction : Simone Young
    mise en scène : Christian Stückl
    décors & costumes : Stefan Hageneier
    éclairages : Michael Bauer
    préparation des chœurs : Andrés Máspero & Stellario Fagone
    Enregistrement : Bayerische Staatsoper, 2009
    2 DVD EuroArts Unitel Classics

    Comment rendre attractif l’imposant opéra Palestrina (1917) de Hans Pfitzner, longue diatribe sur la réforme de la musique liturgique au Concile de Trente et, comme Mathis le peintre de Hindemith, sur la condition de l’artiste dans la société, pour le public d’aujourd’hui ?

    On avoue avoir calé à deux reprises devant la longueur de l’ouvrage au théâtre. Pour cela, la souplesse d’utilisation du DVD, son sous-titrage, facilitent grandement la tâche pour les facteurs temps et confort. Et la mise en scène de Christian Stückl à l’Opéra de Bavière filmée pendant le festival 2009, qui grâce à des costumes et maquillages caractérisant bien le fond de chaque personnage et une scénographie qui n’intimide pas, permet une approche plus facile de ce grand et austère chef-d’œuvre.

    Autre artisan de cette réussite, la chef Simone Young, qui dirige avec une clarté et un équilibre impressionnants ce fleuve de plus de trois heures de musique à la tête du superlatif Bayerisches Staatsorchester. Parmi la vingtaine de personnages, presque tous rôles épisodiques (sans compter les apparitions), signalons l’immense Palestrina de Christopher Ventris, le Cardinal Morone de Michael Volle, le Borromeo de Falk Struckmann, le Silla de Claudia Mahnke, parmi ces chanteurs qui sont tous excellents et comédiens émérites. Probablement un des DVD les plus excitants et enrichissants de cette année.



     
    La valeur de l’amitié



    Martha Argerich & Friends
    Robert Schumann (1810-1856)
    Anthologie de musique de chambre
    3 CD EMI Classics

    Ce petit coffret fait partie des trésors de discothèque dont on sait qu’on ne s’en séparera jamais. La pianiste argentine Martha Argerich réunit autour d’elle à Lugano depuis 2002 une pléiade de solistes avec qui elle aime jouer chaque printemps. EMI publie annuellement le fruit de ces rencontres, bonheur chaque fois renouvelé.

    Ces trois CD réunissent pour l’année Schumann ce qu’elle pense avoir fait de mieux en matière de musique de chambre pour le compositeur allemand pendant ces années. Comment ne pas sublimer le Quatuor pour piano op. 47 et le Quintette op. 44, les Fantasiestücke op. 88 avec des partenaires tels Gautier et Renaud Capuçon ?

    Quelle entente avec Gabriela Montero pour l’Andante et variations op. 64 et avec Sergei Nakariakov dans la Fantaisie avec Flügelhorn op. 73. Mischa Maisky, Natalia Gutmann, Alexandre Rabinovitch, partenaires de toujours, sont aussi présents pour un inoubliable Andante et variations pour deux pianos, violoncelle et cor op. 46. Et d’autres plus jeunes et pas moins talentueux : Noboko Imaï, Lida Chen, Mark Dobrinsky…

    Enfin, comme en prime pour les nostalgiques du peu d’années où elle a joué en soliste, ces Scènes d’enfants d’une miraculeuse maturité, qui est à peu près tout ce qu’elle daigne jouer seule pendant ces festivités. Trésor absolu !



     
    Qui croquera la pomme ?



    Blanche Neige
    chorégraphie : Angelin Preljocaj
    musique : Gustav Mahler, 79D
    scénographie : Thierry Leproust
    costumes : Jean Paul Gaultier
    Par le Ballet Preljocaj
    1 DVD MK2

    Angelin Preljocaj, Jean Paul Gaultier et Gustav Mahler, un trio de choc pour faire revivre Blanche Neige ! Le résultat est à la hauteur de l'espoir, loin de l'édulcoration de Disney mais au plus proche de ses sources romantiques tardives. Ce ballet qui sort sur DVD, fort bien filmé, a depuis sa création à la Biennale de Lyon en 2008, fait le tour du monde.

    Blanche Neige marque le retour de Preljocaj au narratif qui marqua ses débuts de grand chorégraphe avec des chefs-d'œuvre comme l'Anoure (1995) et Roméo et Juliette (1990). Il revient aux sources mêmes de ce conte passé à l'état de mythe, même et surtout si sa lecture s'est faite au prisme de celle du psychanalyste autrichien Bruno Bettelheim, qui en a souligné le caractère éminemment œdipien.

    On est au plus près de la fable et de son extraordinaire concision. Preljocaj touche avec une précision chirurgicale à des sujets aussi actuels que la préoccupation de vivre toujours plus longtemps, toujours plus beau, ainsi que la rivalité compétitive entre parents et enfants.

    Ces contes issus d'un patrimoine archaïque et populaire ont étés colligés par les premiers romantiques germaniques comme Von Arnim ou Grimm, lesquels ont inspiré le romantisme tardif des premières symphonies de Gustav Mahler, créateur d'espaces sonores infinis, évocateur idéal de forêts profondes.

    Ainsi s'est imposé le choix musical, rehaussé d'un soupçon de musique électronique de 79D, pour le plus grand bonheur d'une chorégraphie qui respire la joie de danser et de raconter. Le récit s'appuie sur quelques images fortes, dans lesquelles entre en scène le costumier Jean Paul Gaultier qui imaginé quelques costumes riches en signifiant fantasmatique. La scénographie de Thierry Leproust est spectaculaire et réserve quelques surprises de taille.

    Le travail chorégraphique est quant à lui proprement stupéfiant, tant sur le plan des idées que de leur réalisation technique. La scène de la mine qui montre le caractère laborieux et immature des nains en une danse effrénée qui se fait avec des cordes de rappel sur un mur percé de grottes aux accents du Ländler de la titanesque Première Symphonie, est d'une virtuosité épatante. Le duo entre Blanche Neige et son salvateur prince, sur l'Adagietto de la Cinquième, reste un moment de pure grâce et d’apesanteur.

    Et, puisque c'est elle qui est au centre de ce conflit œdipien qui se résout pour le mieux à son grand désavantage, Preljocaj réserve à la méchante reine les scènes les plus spectaculaires. Les interrogations au miroir, quasi cinématographiques, un solo d'une sensualité bestiale, l’anthologique duo de la pomme et la scène finale de la mort dans des mules d'acier chauffées sur des charbons ardents sont les clous d'un spectacle dont la plus grande vertu est d'embarquer le spectateur, de la première image jusqu'à l’heureux dénouement, dans un voyage à la fois magnifique pour les sens et initiatique pour l'esprit.



     

    Olivier BRUNEL
  • Les cadeaux 2010 de Gérard MANNONI
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