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DOSSIERS 18 février 2020

L'art de la symphonie

Après l’intégrale des symphonies de Mahler façon People’s edition, la Deutsche Grammophon remet le couvert participatif en s’attaquant cette fois aux grandes symphonies du répertoire, à travers un coffret de 56 CD intitulé 100 Great Symphonies. Où comment anéantir nos réserves sur le papier face à une efficace sélection des interprétations. Décryptage…
 

Le 18/07/2014
Propos recueillis par Yannick MILLON
 
  • Un coffret participatif…
  • DĂ©buts et incontournables
  • Joies et peines du hors piste
  • La symphonie au XXe siècle



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  • Dans une entreprise de ce type, les labels tentent toujours de sortir des sentiers battus et de faire Ă©merger des rĂ©fĂ©rences auxquelles on ne pense pas forcĂ©ment en prioritĂ©. On notera donc quelques originalitĂ©s pas très probantes dans l’abondance discographique mais qui au final raviront peut-ĂŞtre ceux qui possèdent dĂ©jĂ  des enregistrements de rĂ©fĂ©rence : Berlioz (Fantastique) par Minkowski, bien molle et chichiteuse lĂ  oĂą on s’attendait Ă  des Ă©tincelles face aux instruments d’époque (retour Ă  la case Gardiner nĂ©cessaire pour se rincer les oreilles après cette heure anesthĂ©siante), ou Liszt (Faust) par Sinopoli-Dresde, excellente alternative Ă  Bernstein-Boston au mĂŞme catalogue DG, mais certainement pas au mĂŞme pinacle.

    Ce coffret restera entre autres l’occasion de relativiser notre rĂ©ticence un peu instinctive Ă  l’égard de l’ultra prolixe Neeme Järvi face au « meilleur Â» de ses Sibelius : la dernière gravure, plutĂ´t fluide, avec Göteborg (2 et 5), plus souple que le coup d’essai boursouflĂ© chez Bis. Et si son Ă©nergie accouche finalement de beaux moments chez Nielsen (4 et 5 très rĂ©ussies), on retrouve l’image trop souvent associĂ©e au chef estonien dans un Borodine (2) poussif, ahanĂ©, sans doute le pire enregistrement du coffret, Ă  Ă©galitĂ© avec les gravures baveuses et nĂ©gligentes de Mikhail Pletnev, surnageant dans Rachmaninov (2) et surtout un Scriabine (3) Ă  la dĂ©rive, Ă  des annĂ©es-lumière du dĂ©miurge Svetlanov.

    Très belles retrouvailles en revanche avec Franck (Ré mineur) et Roussel (3) aux côtés de Bernstein-National de France, larges, puissants, sculptés à souhait (qui refera sonner ainsi l’ONF ?), excellente surprise que Saint-Saëns (3) par Levine-Berlin, pleine de contrastes et sans emphase inutile, avec la superbe machine de l’époque Karajan, qu’on réadmire en personne à la tête d’Honegger (2 et Liturgique d’anthologie, lentes et tendues à rompre, somptueusement enregistrées, aussi géniales que Munch en leur genre). Sans oublier l’un des tout meilleurs disques de Christian Thielemann qui réinvente une Symphonie alpestre de Strauss panthéiste comme jamais à la tête de Wiener en état de grâce.

    (----> suite...)

     

    Yannick MILLON
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