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DOSSIERS 27 juillet 2017

Les cadeaux de Noël 2007 d'Altamusica

C'est devenu une tradition. Chaque année, pendant l'avent, Altamusica donne un petit coup de pouce à ses lecteurs qui souhaiteraient offrir des cadeaux musicaux à leurs proches et leurs amis, en opérant une large sélection de CD, DVD et livres que ses rédacteurs jugent particulièrement appropriés pour l'occasion.
Joyeux Noël à toutes et à tous !

 

Le 19/12/2007

  • Les cadeaux 2007 de Mehdi MAHDAVI
  • Les cadeaux 2007 de Gérard MANNONI
  • Les cadeaux 2007 de Thomas COUBRONNE
  • Les cadeaux 2007 de Michel LE NAOUR
  • Les cadeaux 2007 de Yannick MILLON



  • Les 3 derniers dossiers

  • L'art de la symphonie

  • Un monument de granit

  • Les cadeaux de Noël 2013 d'Altamusica

    [ Tous les dossiers ]
     
      (ex: Harnoncourt, Opéra)


  • Plénitude fauréenne



    Gabriel Fauré (1845-1924)
    Nocturnes n° 1 op. 33, n° 6 op. 63, n° 13 op. 119
    Ballade op. 19
    Thème et Variations op. 73
    9 préludes op. 103
    Hervé Billaut, piano
    Enregistrement : juin 2007

    1 CD Lyrinx LYR 2253

    Hervé Billaut est un pianiste discret qui mène pourtant une brillante carrière internationale. Moins médiatique que nombre de ses confrères, ce 3e Grand Prix du Concours Marguerite Long en 1983 ne sème pourtant en chemin que des pépites. Après une intégrale remarquée d'Iberia d'Albéniz chez le même éditeur, il récidive avec un disque consacré à des oeuvres pour piano de Fauré qui couvrent les différentes périodes de création du compositeur français.

    Avec le temps, Fauré s'est de plus en plus détaché du pittoresque et de la virtuosité pour accéder à une pensée débarrassée des oripeaux de la virtuosité et de la séduction encore présents dans les pièces de jeunesse. Hervé Billaut se fait le chantre d'un clavier pur, sans fioritures, qui sait avec intelligence allier grâce et vitalité ? Thème et Variations op. 73 ?, lyrisme contenu et angoisse pudique ? Nocturnes, Préludes ? mais aussi avec tact et souplesse rendre toute la substantifique moelle des pages plus proches de l'esprit de salon. Il serait dommage de ne pas prêter une oreille attentive à ce piano sans fard, marqué du sceau d'une sobriété toute patricienne et qui connaît son Fauré comme personne.



     
    Liszt dans tous ses états



    Franz Liszt (1811-1886)
    Harmonies poétiques et religieuses S 173
    Trois Rêves d'amour S 541
    Ballade n° 2 en si mineur S 171
    Romance « O pourquoi donc » S. 169
    Romance oubliée S. 527
    Pascal Amoyel, piano
    Enregistrement : mai 2007

    2 CD Calliope 9371.2

    Ce nouvel album enregistré par Pascal Amoyel à l'IRCAM offre un regard perspicace et pertinent sur l'art pianistique lisztien, une manière d'entrer en sympathie avec l'un des hérauts du romantisme musical qui porta à son paroxysme, par son caractère visionnaire, un courant qui voyait se lever les orages désirés. Virtuose déclamatoire mais aussi imprégné d'un mysticisme franciscain, séducteur né capable d'une générosité sans limite, Liszt est à lui seul un paradoxe vivant mais aussi une galaxie.

    Pascal Amoyel place la barre très haut, comme il l'avait déjà fait pour de très beaux Nocturnes de Chopin ? également chez Calliope. En digne disciple de György Cziffra, il comprend par le lyrisme et la profondeur de son jeu toute la richesse, le souffle, la hauteur de conception des Harmonies poétiques et religieuses nées de la rencontre de Liszt avec les lectures de Lamartine. La spiritualité dont il faut preuve dans une démarche qui semble conduire son projet musical depuis de nombreuses années est parfaitement adaptée à ces pièces où la dimension épique (Funérailles) le dispute à la poésie (Hymne de l'enfant à son réveil) et au recueillement (Bénédiction de Dieu dans la solitude).

    Les autres pièces (Trois Rêves d'amour, deux Romances, 2e ballade) sont à l'image de cette interprétation sensible portée par une beauté sonore qui n'a rien à envier à celle de Ciccolini.



     
    Mystère debussyste



    Claude Debussy (1862-1918)
    Intégrale de l'oeuvre pour piano de Debussy
    Volumes I et II
    Jean-Efflam Bavouzet, piano
    Enregistrements : 2006-2007

    2 CD Chandos 10421 et 10443

    Jean-Efflam Bavouzet est un pianiste d'exception qui remet sans cesse en question ce que l'on croyait déjà connaître. En 2003, son intégrale de la musique pour piano de Ravel (chez MDG) avait frappé un grand coup par la modernité d'une approche décapante et inventive. Avec ces deux premiers volumes d'une intégrale Debussy en cours chez Chandos, il ne cesse de surprendre par son refus d'une tradition volontiers évaporée. Le flou impressionniste fait place à une quête structurelle d'une intelligence supérieure où les partitions sont passées au crible d'une analyse fouillée qui n'interdit pas la sensualité sonore.

    Les deux livres des Préludes comme les Estampes, l'Isle joyeuse, les Images, Pour le piano, ou des pages plus confidentielles (Ballade, Valse romantique, Tarentelle styrienne) prennent sous ses doigts agiles et fermes une apparence poétique qui s'exprime avec raffinement, sensibilité, subtilité et volupté. L'expression personnelle qui prévaut tout au long de cette réalisation est la marque non seulement d'un peintre mais aussi d'un architecte.

    Chaque moment est une invitation au voyage avec, comme l'aurait souhaité Debussy, le seul souci de faire plaisir tant par les sens que par l'esprit. Les parfums et les sons tournent bien dans l'air du soir



     
    Le culte de la beauté sonore



    Claude Debussy (1862-1918)
    Préludes, Livre I
    Hommage à Rameau (extrait d'Images)
    Frédéric Chopin (1810-1849)
    Mazurka op. 33 n° 1 et n° 4
    Domenico Scarlatti (1685-1757)
    Sonate en ut mineur KK 11 et en ut majeur KK 159
    Arturo Benedetti Michelangeli, piano
    Enregistrement : Paris, juin 1965 et octobre 1978

    1 DVD EMI Classics collection Classic archive DVA 50189694

    Il y a plus d'une décennie, le pianiste italien Arturo Benedetti Michelangeli nous quittait à l'âge de 75 ans. De son vivant, il était déjà une légende entretenue par son caractère fantasque, ses annulations fréquentes sans doute liées à un désir d'absolu mais surtout par son art d'une perfection sonore sans égal.

    En 1965, filmé à Paris dans des pages de Scarlatti, Chopin et Debussy, son attitude marmoréenne contraste avec la lumière d'une interprétation qui semble, au-delà du caractère plastique du jeu, atteindre une dimension irréelle comme si chaque note était à l'origine de la création du monde et dépendait des sortilèges d'un sorcier ? des Mazurkas de Chopin à se damner.

    Le 22 octobre 1978, il retrouvait le studio pour enregistrer le premier Livre des Préludes de Debussy qui sont pour lui des paysages de l'âme. Chaque prélude, d'une imagination toujours renouvelée, est un microcosme où l'ivresse des fragrances entêtantes alterne avec la détermination d'un geste pianistique éblouissant qui ouvre des horizons infinis. En dépit d'un décor démodé ? en 1965 le décorum comptait moins que la présence de l'artiste ?, la prestation de ce pianiste hors normes est un gage d'éternité.



     
    La perle rare du piano français



    Marcelle Meyer, intégrale des enregistrements studio
    Albeniz ? J-S. Bach ? F. Couperin ? Chabrier ? Debussy ? Espla ? De Falla ?
    Haydn ? Milhaud ? Mozart ? Poulenc ? Rameau ? Ravel ? Rossini ? Scarlatti ? Schubert ?
    R. Strauss ? Stravinski
    Enregistrements : 1925-1957

    17 CD EMI 384699 2

    La pianiste Marcelle Meyer (1897-1958) fut une égérie dans le monde musical de son époque, en particulier auprès du Groupe des Six, et aucun répertoire, de Couperin jusqu'aux contemporains, ne lui était étranger. La réédition par EMI de l'ensemble des enregistrements qu'elle fit en studio (pour les Discophiles Français Gramophone Columbia et Hispanovox) le rappelle opportunément.

    Grâce à Rémi Jacobs qui entretint la flamme avec les collections des Introuvables et plus récemment des Rarissimes, l'essentiel de son héritage discographique nous avait déjà été restitué. Outre une soixantaine de sonates de Scarlatti et les pièces de Rameau de légende, les pages de clavecin de Couperin, J-S. Bach, les concertos de Mozart d'anthologie, les danses et valses de Schubert d'une légèreté de touche inimitable, la musique française qu'elle savait servir comme personne occupe une place de choix ? Chabrier avec une Bourrée fantasque ébouriffante de vitalité, Ravel avec deux versions chorégraphiques des Valses nobles et sentimentales et un Gaspard de la Nuit fantasque à souhait, Debussy avec deux Livres de Préludes aux couleurs irisées, sans parler de Poulenc, Milhaud


    Ses Trois Mouvements de Petrouchka d'Igor Stravinski enlevés de main de maître n'ont rien à envier non plus aux virtuoses les plus aguerris. Hormis la qualité sonore considérablement améliorée par rapport aux reports antérieurs ? le piano se fait plus contrasté et le timbre plus dru et nourri ?, l'intérêt de cette parution réside également dans un CD d'inédits réalisés entre 1925 et 1938 consacrés à Haydn ? 34e sonate gravée sur rouleaux Pleyela en 1929 ?, Albeniz, Ravel, Milhaud, Poulenc.

    Entre outre, la Burleske de Richard Strauss accompagnée par André Cluytens et la Société des Concerts du Conservatoire en 1943 pétille comme le champagne ; le compositeur considérait d'ailleurs à son époque cette version comme la référence. La fine fleur du clavier français lui voue aujourd'hui une admiration indéfectible.

    Alexandre Tharaud ? dans un texte accompagnant la notice de ce coffret miraculeux ? n'hésite pas à la considérer comme « la plus grande pianiste française ». C'est dire que ces enregistrements si précieux ouvrent encore des perspectives aux interprètes du temps présent.



     
    La légèreté de l'être



    Zhu Xiao-Mei
    La Rivière et son secret
    Éditions Robert Laffont, 2007
    330 pages

    La vie de la pianiste chinoise Zhu Xiao-Mei n'a pas toujours été un long fleuve tranquille. Dans un livre émouvant intitulé la Rivière et son secret (chez Robert Laffont), elle raconte son itinéraire à la manière des Variations Goldberg avec humilité et simplicité. Née sous les meilleurs auspices à Shanghai dans une famille aimante, elle fait très tôt l'apprentissage du piano puis étudie au Conservatoire de Pékin.

    Son destin sera subitement bouleversé par la Révolution Culturelle à laquelle elle adhérera en un premier temps, mais qui la conduira ensuite dans les camps de Mao sous le prétexte d'une « mauvaise origine bourgeoise ». Elle sera contrainte d'abandonner son instrument de prédilection pour se vouer aux travaux des champs. Grâce à la venue d'Isaac Stern en Chine et de l'ouverture qui s'ensuivit, elle gagnera les États-Unis puis la France où elle vit depuis plus de vingt ans et enseigne au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris.

    De la lecture de cet ouvrage qui fait une place importante à la méditation (à partir des aphorismes de Lao-Tseu) ainsi qu'à une réflexion personnelle sur le monde, personne ne sortira indemne. On pourra apprécier le talent de cette artiste hors normes en écoutant également l'enregistrement des Variations Goldberg de Jean-Sébastien Bach réalisé peu après son arrivée en France (Mirare Productions MIR048), ainsi qu'une gravure récente du deuxième Livre du Clavier bien tempéré (Mirare Productions MIR044).

    Pendant ses années de galère, face à l'humiliation quotidienne et à l'embrigadement du Petit Livre Rouge, Xiao-Mei trouvait force et énergie dans la pratique, en cachette, des Préludes et Fugues qu'elle avait recopiés de sa main et cachait fébrilement dans les plis de ses vêtements. Sans emphase et avec une poésie impalpable, elle en révèle les secrets les plus profonds, créant un véritable pont entre Orient et Occident où l'action rejoint la réflexion. Avec elle, comme Gurnemanz dans Parsifal, « le temps devient espace ».



     
    Une cartographie de la musique d'aujourd'hui



    Pierre Gervasoni
    La musique contemporaine en 100 disques
    Éditions MF, 2007
    223 pages

    Souvent, le mélomane dans le labyrinthe des musiques du temps présent hésite, faute de repères, à se lancer dans l'exploration de la création contemporaine qu'il croit réservée à une élite. Le mérite de l'ouvrage de Pierre Gervasoni, journaliste au Monde, outre son caractère pédagogique, est de proposer un parcours guidé à travers l'analyse de cent enregistrements qui lui paraissent essentiels pour comprendre « le bel aujourd'hui », si ondoyant et divers.

    Chaque compositeur est passé au crible d'une approche globale où chaque enregistrement retenu permet d'élargir la réflexion sur les oeuvres en les plaçant systématiquement dans le lieu et le temps qui les ont vu naître. Rien n'échappe au regard aiguisé de Pierre Gervasoni qui sait, avec pertinence, dégager les courants fondamentaux à travers quatre chapitres consacrés aux repères historiques, aux synthèses panoramiques, aux profils spirituels et aux quintessences prospectives, braquant l'objectif tout autant sur les incontournables ? Stockhausen, Ligeti, Carter, Messiaen, Dutilleux, Lutoslawski, Berio, Nono, Boulez, Kurtag, Crumb, Reich, Xenakis, Kagel, Takemitsu, De Pablo, Huber, Dufourt, Harvey ? que sur les compositeurs les plus prometteurs ? Marc-André Dalbavie, Frédéric Durieux, Christian Zanesi, Philippe Leroux, Jérôme Combier, Bruno Mantovani, Matthias Pintscher ? , les valeurs sûres ? Lindberg, Dusapin, Benjamin, Rihm, Adès, Manoury, Saariaho, Neuwirth, Levinas, Matalon, Pesson, Xu Yi ? ou les compositeurs trop tôt disparus ? Olivier Greif, Claude Vivier, Gérard Grisey, Fausto Romitelli.

    Dans cet inventaire à la Prévert, on ne trouvera aucun raton laveur, car Pierre Gervasoni qui est la science incarnée sait se mettre à la portée de son lecteur (ou auditeur) et a l'art de le rendre plus intelligent. Nécessairement subjectif et passionné, ne prétendant ni à l'objectivité ni à l'exhaustivité, ce guide dont Henri Dutilleux a vanté les mérites lors d'une récente présentation à la Cité de la Musique, mérite de figurer dans la bibliothèque de tout honnête homme.



     
    Richard Strauss face à l'Histoire



    Bruno Serrou
    Richard Strauss et Hitler, Quatre derniers Lieder
    Roman historique
    Éditions Scali, 2007
    319 pages

    Depuis son plus jeune âge, Bruno Serrou n'a jamais cessé de manifester à l'égard de la musique de Richard Strauss une passion qui fait de lui l'un de nos meilleurs connaisseurs du compositeur allemand. Plutôt que de se livrer à une étude musicologique ? dont on le sait capable d'ailleurs, lui qui a questionné tout autant l'oeuvre de Betsy Jolas, Iannis Xenakis, Claude Ballif, Suzanne Giraud, que le piano de Claude Helffer ?, il opte à la demande de son éditeur pour le genre du roman historique.

    Une telle initiative peut surprendre car la vie de Richard Strauss n'est pas celle de Mozart, Berlioz, Liszt ou Wagner et ne se prête guère aux confidences ou aux emballements rimbaldiens. Pour Strauss, sa vie est un roman qui l'intéresse au plus haut point et dans son oeuvre, il n'a pas manqué de se représenter musicalement ? Une vie de héros, Symphonie domestique, sans parler de son opéra Intermezzo qui met en scène un événement scabreux de sa vie de couple. Bien installé dans sa condition, Strauss s'est arrangé du confort bourgeois que lui procurait sa femme, cantatrice au caractère bien trempé. Dans sa coquette villa de Garmisch en Bavière où il vécut la plupart du temps à partir de 1908, il jouissait de l'aisance matérielle acquise par la diffusion de ses oeuvres et son activité de chef d'orchestre.

    Bruno Serrou dresse un portrait de Strauss sans concession où l'égoïsme de l'homme, étranger aux affaires du monde, ne peut faire oublier le génie. L'ouvrage insiste surtout sur les rapports entretenus par le compositeur de L'Hymne olympique de 1936 avec le IIIe Reich, ses compromissions mais aussi ses angoisses ? sa belle-fille était juive et nombre des membres de sa famille sont morts en camps de concentration. Les dernières années en Suisse, nostalgiques, sont teintées de mélancolie à l'image de ses Quatre derniers Lieder, par ailleurs offerts ici en téléchargement dans le premier enregistrement d'Elisabeth Schwarzkopf avec Otto Ackermann.

    Ce livre informé et bien écrit se lit d'une seule traite tant l'auteur a l'art de captiver et de dégager de manière vivante les ambiguïtés et les paradoxes d'un homme qui déclara tremblant aux soldats américains venus occuper sa maison à la fin de la guerre : « je suis Richard Strauss, le compositeur du Chevalier à la Rose » !



     

  • Les cadeaux 2007 de Mehdi MAHDAVI
  • Les cadeaux 2007 de Gérard MANNONI
  • Les cadeaux 2007 de Thomas COUBRONNE
  • Les cadeaux 2007 de Michel LE NAOUR
  • Les cadeaux 2007 de Yannick MILLON
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