altamusica
 
       aide















 

 

Pour recevoir notre bulletin régulier,
saisissez votre e-mail :

 
désinscription




DOSSIERS 20 avril 2018

Les cadeaux de Noël 2009 d'Altamusica

Malgré la crise du disque et la crise tout court, les publications dans le domaine du classique n'ont pas vraiment eu l'air de faiblir en 2009. C'est pourquoi à l'approche d'une nouvelle décennie, les rédacteurs d'Altamusica continuent de vous proposer, parmi les parutions de l'année, une large sélection de CD, DVD et livres cadeaux pour les fêtes.
Joyeux Noël à toutes et à tous !

 

Le 15/12/2009
Propos recueillis par La rédaction
 
  • Les cadeaux 2009 de Gérard MANNONI
  • Les cadeaux 2009 d'Olivier BRUNEL
  • Les cadeaux 2009 de Mehdi MAHDAVI
  • Les cadeaux 2009 de Nicole DUAULT
  • Les cadeaux 2009 de Thomas COUBRONNE
  • Les cadeaux 2009 de Yannick MILLON



  • Les 3 derniers dossiers

  • L'art de la symphonie

  • Un monument de granit

  • Les cadeaux de Noël 2013 d'Altamusica

    [ Tous les dossiers ]
     
      (ex: Harnoncourt, Opéra)


  • L’étonneur démasqué



    Jean-Pierre Armengaud
    Erik Satie
    Éditions Fayard

    Personnage de roman, musicien clochard, alcoolo rigolo aux blagues assassines, dandy loufoque : ce sont les images caricaturales qui viennent à l’esprit quand on évoque Erik Satie (1866-1925). Le pianiste, musicologue et écrivain Jean-Pierre Armengaud sort du portrait kaléidoscopique que l’on dresse d’habitude de l’insaisissable étonneur. Des salons à la chambre miséreuse d’Arcueil, de ses emportements à sa dépression en passant par ses fâcheries historiques, notamment avec le Groupe des six, et ses désillusions amères, cette biographie se lit avec passion.

    C’est un vrai livret d’opéra avec en seconds rôles Picasso, Braque, Derain, Brancusi, Man Ray, Duchamp et bien sûr les musiciens Darius Milhaud et Henri Sauguet. Voici un vrai régal qui ne se limite pas aux mots d’esprit fulgurants et tous azimuts tel le célèbre « plus je connais les hommes, plus j’aime les chiens ! »

    Jean-Pierre Armengaud dresse une analyse rigoureuse des œuvres de l’auteur des Gymnopédies, de Parade ou encore de Mercure. Dans un style alerte, écrit pour un public qui dépasse de loin les seuls musicologues, il conte l’héritage de cet esprit, de cette liberté créatrice dont les compositeurs américains comme Terry Riley ou encore John Cage se sont réclamés.

    Quatre-vingts ans après sa mort, Satie suscite toujours indignation et admiration. Pierre Boulez l’exècre. En changeant l’écoute, en déstabilisant les auditeurs, Kagel, Ligeti, Aperghis par exemple font preuve de cet esprit dadaïste qui est la marque du compositeur d’Arcueil. Et cela le rend d’autant plus vivant que, comme Jean-Pierre Armengaud, tant de jeunes pianistes le jouent en concert.



     
    Parfum d’allégresse



    Benoît Duteurtre
    L’Opérette en France
    Éditions Fayard

    La profusion de comédies musicales et de musique légère en fin d’année attire l’attention sur le livre sympathique de Benoît Duteurtre qui passe en revue tout ce que l’opérette a apporté. Certes, à part Strauss (l’autre), Offenbach revu et protégé par des metteurs en scène amuseurs et persifleurs, l’opérette est en phase régressive.

    Certes le Châtelet, naguère, a ressuscité le Chanteur de Mexico interprété jadis par Luis Mariano ou encore Véronique de Messager, mise en scène de Fanny Ardant dont les photos font la couverture du livre de Duteurtre. Que reste-t-il de l’opérette au moment où sur cette même scène va triompher la Mélodie du bonheur tirée du film célèbre de Robert Wise en 1965 ? Messager avec un ouvrage léger mais plus intense (Fortunio) rouvre l’Opéra Comique.

    Benoît Duteurtre rapporte ce propos de Manuel Rosenthal, élève de Ravel mais aussi compositeur d’un ouvrage totalement oublié, la Poule noire, qui s’exclamait : « Musique légère ? Musique légère ? Alors, il doit exister une musique « lourde ». Qu’est-ce donc ? »



     
    Bouquet pour un anniversaire



    Emmanuel Reibel
    Les musiciens romantiques (fascinations parisiennes)
    Jean-Jacques Eigeldinger
    Frédéric Chopin
    Éditions Fayard/Mirare

    2010 sera l’année Chopin. Que n’entendra-t-on dans toutes les salles de concert jusqu’à La Folle Journée de Nantes et aux soirées de Nohant ? En prélude ressortent deux petits ouvrages qui rappellent quelques idées simples sur cette vie romantique autour de Chopin et de ceux qui l’ont aimé et suivi.

    Dans sa monographie, Jean-Jacques Eigeldinger dégage Chopin de cette image mièvre de compositeur de salon dont la bourgeoisie bien-pensante l’a si souvent affublé. Chopin est un créateur de génie, un novateur spontané et miraculeux. On n’en doute guère, mais il est bon de le lire à nouveau.

    Paris était l’urbi et orbi de la création artistique à l’époque romantique. Victor Hugo l’a écrit. Au-delà de cette affirmation un brin arrogante, la capitale française dans la décennie 1830 avait un stupéfiant pouvoir de séduction. Emmanuel Reibel, dans son bel essai Les musiciens romantiques, cite par exemple Liszt qui écrit à Marie d’Agoult : « Quand j’ai passé quelques heures avec Victor Hugo, je sens une foule d’ambitions sourdes remuer au fond de mon cœur ». Sans doute rarement littérature, poésie et musique ont été aussi liées et parlent autant au cœur, à l’unisson.



     
    Innocence et passion



    Henry Purcell (1659-1695)
    Didon et Énée, opéra en trois actes
    Malena Ernman (Didon)
    Christopher Maltman (Énée)
    Judith van Wanroij (Belinda)
    Hilary Summers (l’Enchanteresse)
    Céline Ricci (Première sorcière)
    Ana Quintans (Deuxième sorcière)
    Marc Mauillon (l’Esprit)
    Ben Davies (le Marin)
    Fiona Shaw (Prologue)
    Les Arts Florissants
    direction : William Christie
    mise en scène : Deborah Warner
    1 DVD Opéra Comique Fra Musica

    Sans doute la mort de Didon est-elle l’un des moments d’émotion les plus intenses de l’histoire de l’opéra. Qui n’a pas essuyé une larme ? La mezzo suédoise (mais elle a fait ses études au Conservatoire d’Orléans) Malena Ernman est bouleversante dans la mise en scène de la Britannique Deborah Warner enregistrée l’an passé à l’Opéra Comique.

    Cette production venue d’Amsterdam est de bout en bout passionnante. Elle l’est évidemment par la musique de Purcell, idéalement mise en majesté par un William Christie et ses Arts Florissants au meilleur de leur forme, mais aussi par la maîtrise scénique de Deborah Warner. Le prélude musical de Purcell a disparu. Deborah Warner le remplace par un prologue parlé dans lequel la tragédienne irlandaise Fiona Shaw interprète des textes de Ted Hugues, de T. S. Eliot et de W. B. Yeats. Cela passe aussi bien à la scène qu’en DVD.

    Certes, les gamines d’un sélect pensionnat de jeunes filles qui ensuite s’éparpillent sur le plateau surprennent jusqu’au moment où on se souvient que selon la légende, l’œuvre de Purcell aurait été donnée dans un pensionnat de jeunes filles, comme en France les deux tragédies de Racine Esther et Athalie.

    Cette invasion juvénile atténue l’intensité passionnelle entre le grotesque et la douleur, entre les sorcières menées par l’étonnante enchanteresse Hilary Summers, cigarette au bec, et la malheureuse Didon qui n’en finit pas de souffrir jusqu’au lamento d’anthologie When I am laid. Renoncement à la vie pour Didon et renoncement à l’amour pour Enée, cette pièce magnifique débute la nouvelle collection de DVD produits par le réalisateur François Roussillon et l’Opéra Comique : une poignante réussite.



     
    Voix de nacre



    Between heaven and earth
    Haendel
    Sandrine Piau, soprano
    Academia bizantina
    direction : Stefano Montanari
    1 CD Naïve

    Petit minois au sourire introspectif, joliment chafouin, la voici, blottie dans de luxuriantes robes Chanel, elle porte au summum l’art de Haendel. Ce fut ces derniers jours l’un des plus somptueux concerts des Grandes Voix au Théâtre des Champs-Élysées. La voici dans un disque baptisé Entre le ciel et la terre (Between heaven and earth) : Sandrine Piau serait plutôt un ange à la voix de nacre qui met ses auditeurs en apesanteur.

    Ancienne harpiste de Radio France, cette artiste effacée, secrète, discrète, se met enfin en lumière. Venue du baroque, elle sait révéler les ombres et les lumières de Haendel avec un sens coloré et bouleversant de théâtralité. Ce n’est pas dans les trilles et la pure vocalité qu’elle s’épanouit le mieux mais dans la précision d’un chant soutenu et très attentif au texte.

    Magnifique dans Theodora ou Alexander Balus, elle est accompagnée par le ténor Topi Lehtipuu pour le duo As steals the moon upon the night : leurs voix s’accordent parfaitement. Quant aux instrumentistes de l’Academia bizantina, sous la direction du premier violon Stefano Montanari, leur complicité s’épanouit avec magie.



     
    Un portrait à deux têtes



    Franz Liszt – Un portrait
    Guillaume Coppola, piano
    1 CD Calliope

    À trente ans, Guillaume Coppola s’affirme comme l’un des pianistes les plus prometteurs de sa génération. Ce Bisontin d’origine sicilienne possède une fraîcheur et une finesse que l’on retrouve à chacune de ses interprétations. Il se dit joyeux et contemplatif mais son jeu offre une part d’optimisme et de noirceur traversées de fulgurances poétiques. Il a acquis rapidement une maturité qui lui permet sans outrecuidance de dessiner un portrait tendre et attachant de l’une des personnalités musicales les plus complexes du XIXe siècle : Franz Liszt.

    Du compositeur multiple, de l’homme aux mille facettes, Coppola retient le visionnaire qui a ouvert la voie aux compositeurs du XXe siècle. Il évoque Liszt le mystique avec Saint François de Paule marchant sur les flots, l’amoureux avec Liebestraum et le grand voyageur dans la Suisse des Années de Pèlerinage. Coppola sait aussi se faire superficiel et léger pour La Danza. Il donne le meilleur dans les Consolations où, derrière Liszt, on devine l’autoportrait du jeune pianiste qui est tout raffinement. Voici en tout cas un album passionnant !



     
    Miroitement à la française



    Claude Debussy (1862-1918)
    La Mer
    Images pour orchestre
    Orchestre Philharmonique du Luxembourg
    direction : Emmanuel Krivine
    1CD Timpani

    Contrairement à une idée reçue, Claude Debussy n’était pas un impressionniste en musique : c’est ce qu’explique dans le texte de présentation le musicologue belge Harry Halbreich. Il rappelle d’ailleurs que Debussy a écrit la Mer en Bourgogne et Iberia (deuxième volet du triptyque Images) alors qu’il n’avait jamais mis les pieds en Espagne.

    À la tête de l’Orchestre Philharmonique du Luxembourg depuis 2006, Emmanuel Krivine avait dirigé maintes fois auparavant cette jeune formation créée en 1996 et qui réunit les qualités plus que les défauts des univers germanique et français. Les relations entre le chef et ses musiciens sont au beau fixe comme le démontre cet enregistrement d’œuvres de Debussy d’une clarté, d’une séduction et d’une énergie remarquables.

    Certes, la Mer se déploie sans esprit tempétueux. On l’aurait aimée un peu plus démontée. Se méfiant d‘un excès de lyrisme, Krivine endigue le flot tumultueux dans les nuances subtiles d’une palette colorée. Plus raffinées encore sont les teintes qu’il donne à ces Images qui séduisent plus que jamais. Le chef français se dégage là encore de tout pittoresque de carte postale : il exhale les parfums et exalte les sensations.

    Et si, à travers de tels chefs d’œuvre la Philharmonie du Luxembourg, état devenue l’un des jeunes orchestres européens majeurs ? On y croit.



     
    Au septième ciel



    Nemanja Radulovic
    Les Trilles du Diable
    1CD Decca

    Cheveux bouclés tombant sur les épaules, silhouette longiligne serrée dans un jean étroit et baskets aux pieds : ce look de rocker est celui du violoniste Nemanja Radulovic. Ce virtuose d’origine serbe, nommé Révélation aux Victoires de la musique en 2005, a suivi le cursus du Conservatoire Supérieur de Paris.

    C’est un soir de l’hiver 2006, remplaçant au pied levé Maxim Vengerov victime d’un retard d’avion, que le talent du jeune musicien a réellement explosé. C’était à la salle Pleyel le concerto de Beethoven donné par l’Orchestre Philharmonique sous la direction de son chef Myung-Whun Chung. Depuis, Nemanja Radulovic, dont le prénom signifie « aimé des Dieux », passe pour un magicien de l’archet.

    En dehors des concerts en tant que soliste, il a constitué un ensemble, un sextuor à cordes. Les six jeunes gens se sont baptisés les Trilles du Diable, nom d’une sonate du compositeur italien du XVIIe siècle Giuseppe Tartini, qu’ils jouent bien sûr dans leur premier opus enregistré en live lors des dernières Flâneries musicales de Reims.

    Sorti en septembre, ce disque est resté pendant trois semaines à la FNAC en seconde position des ventes derrière Cecilia Bartoli. Cet enregistrement se présente comme un voyage dans l’histoire de la musique, du baroque aux compositeurs d’aujourd’hui, en passant par Vitali et Schubert.



     

    Nicole DUAULT
  • Les cadeaux 2009 de Gérard MANNONI
  • Les cadeaux 2009 d'Olivier BRUNEL
  • Les cadeaux 2009 de Mehdi MAHDAVI
  • Les cadeaux 2009 de Nicole DUAULT
  • Les cadeaux 2009 de Thomas COUBRONNE
  • Les cadeaux 2009 de Yannick MILLON
  •  


      A la une  |  Nous contacter   |  Haut de page  ]
     
    ©   Altamusica.com