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DOSSIERS 24 juin 2018

L'art de la symphonie

Après l’intégrale des symphonies de Mahler façon People’s edition, la Deutsche Grammophon remet le couvert participatif en s’attaquant cette fois aux grandes symphonies du répertoire, à travers un coffret de 56 CD intitulé 100 Great Symphonies. Où comment anéantir nos réserves sur le papier face à une efficace sélection des interprétations. Décryptage…
 

Le 18/07/2014
Propos recueillis par Yannick MILLON
 
  • Un coffret participatif…
  • Débuts et incontournables
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  • La symphonie au XXe siècle



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  • L’un des aspects les plus intéressants du coffret reste son choix de pièces du XXe siècle. Stravinski est représenté par Gardiner-LSO (Psaumes), austère et en noir et blanc, avec un Monteverdi Choir à l’impact très fort, mais aussi Bernstein-Israël (Ut, Trois mouvements), en dessous des indications métronomiques mais en rien indignes, seulement pas au niveau du compositeur lui-même chez Sony. On retrouvera avec plaisir Franz Schmidt (4) avec Mehta-Vienne, naguère en complément de leur si réputée Deuxième de Mahler, explorateurs idéaux pour cette longue déploration par trop méconnue.

    Très bref détour par la Seconde École de Vienne avec la Première Symphonie de chambre de Schoenberg sans chef des Orpheus, propre et chantante, très accessible, manquant seulement d’un pilote au pupitre pour se hisser au niveau des meilleures (Boulez, Chailly), et l’Op. 21 de Webern par Boulez-Berlin, luxe sonore inouï et alliages incomparables. Acclamons ensuite la présence des gravures de Herbert Blomstedt, vives et aiguisées, à la tête des somptueuses phalanges de San Francisco et Leipzig, au service de Hindemith (Mathis, Harmonie).

    On évoquait plus haut le versant agréable de Neeme Järvi, que l’on retrouve à nouveau très à son aise avec Pärt (3) (et sans fracas), chantant comme dans son arbre généalogique, idéalement aéré et d’une finesse tout à fait enviable. Il en va de même pour Kazimierz Kord dans Górecki (3), alternative de premier choix au mythique CD de Zinman-Upshaw, l’un des plus grands succès discographiques du secteur « classique » des années 1990.

    L’URSS est représenté de manière on ne peut plus synthétique : Prokofiev (Classique, 5) aux côtés de Karajan-Berlin, étonnant de chambrisme et de finesse dans la première, fracassant dans le constructivisme de la seconde ; Chostakovitch avec Rostropovitch (5), lourd et indigeste, très loin du compte, Karajan-Berlin deuxième mouture (10), guère idiomatique mais d’une tenue, d’une présence des cordes graves, d’un sens du climax à clouer au fauteuil, et surtout Bernstein-Chicago (1 et 7), grisantes d’un bout à l’autre, fabuleuses d’énergie.

    La musique anglaise, pas avare dans le domaine de la symphonie, n’est pas en reste, et l’on redécouvrira dans des conditions optimales Tippett (3) par son créateur Colin Davis-LSO, mais aussi la Sinfonia da Requiem de Britten par le compositeur himself, lecture d’une angoisse terrible, d’une vérité incomparable. Même si Adrian Boult ou mieux encore le compositeur (1937) demeurent supérieurs d’une franche coudée, Vaughan Williams (4) est à son tour plus qu’honorablement servi par Sir Roger Norrington-LPO, tout comme Walton (1 Litton-Bournemouth, magistral d’impact de la percussion) et Elgar (2 Sinopoli-Philharmonia, très (trop ?) luxuriant, dans le genre straussien).

    De l’autre côté de l’Atlantique, explorations américaines entre de bonnes mains avec Bernstein lui-même aux commandes de son Age of Anxiety, puis grand défenseur de l’œuvre de William Schumann (3), Ron Harris (3), Aaron Copland (3) et Charles Ives (2), tutoyant à chaque fois les sommets de la discographie, puis Low Symphony de Philip Glass par Dennis Russell Davies-Brooklyn, et Barber (1) par David Zinman-Baltimore, au très beau lyrisme.

    Dans un langage beaucoup plus contemporain, la Sinfonia de Berio trouve en Peter Eötvös un exégète rigoureux, d’une parfaite clarté, même si Boulez ou plus encore Chailly ont su donner une empreinte plus dramatique à ce chef-d’œuvre à la frontière des genres. Lutosławski chef à la tête des Berliner règle presque la question de sa propre Troisième Symphonie, malgré le travail merveilleux accompli par Salonen en parallèle chez Sony, et Chung-Bastille donne à la Turangalîla de Messiaen des teintes éminemment françaises à défaut d’une dramaturgie qui prenne vraiment à la gorge.

    À l’arrivée (et après presque un mois d’écoutes), un coffret de premier choix alors que l’on se posait un certain nombre de questions avant de l’ouvrir, et une entreprise extrêmement bien pensée et équilibrée. Voilà en tout cas la box idéale pour se faire dans d’excellentes conditions une vaste culture symphonique pour moins de cent euros.


    100 Great Symphonies
    Stamitz, Dittersdorf, J.C. & C.P.E. Bach, Sammartini, Haydn, Mozart, Beethoven, Schubert, Berlioz, Mendelssohn, Schumann, Liszt, Brahms, Dvořák, Tchaïkovski, Borodine, Rachmaninov, Franck, Roussel, Saint-Saëns, Scriabine, Bruckner, Mahler, Sibelius, Elgar, Strauss, Schoenberg, Webern, Schmidt, Nielsen, Prokofiev, Chostakovitch, Ives, Barber, Hindemith, Vaughan Williams, Walton, Harris, Schuman, Stravinski, Honegger, Messiaen, Bernstein, Copland, Britten, Tippett, Berio, Lutosławski, Górecki, Pärt, Glass.
    Coffret de 56 CD Deutsche Grammophon 479 2685





     

    Yannick MILLON
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