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DOSSIERS 18 juin 2018

Les cadeaux de Noël 2010 d'Altamusica

Année après année, le catalogue de CD, DVD et autres livres consacrés à la musique classique et à la danse ne cesse de s'enrichir de nouvelles références, mais aussi de multiples rééditions et coffrets anniversaire. À l'approche du terme de 2010 et à l'occasion des fêtes, Altamusica vous propose une nouvelle fois sa sélection de cadeaux.
Joyeux Noël à toutes et à tous !

 

Le 20/12/2010
Propos recueillis par La rédaction
 
  • Les cadeaux 2010 de Gérard MANNONI
  • Les cadeaux 2010 d'Olivier BRUNEL
  • Les cadeaux 2010 de Thomas COUBRONNE
  • Les cadeaux 2010 de Yannick MILLON
  • Les cadeaux 2010 de Nicole DUAULT



  • Les 3 derniers dossiers

  • L'art de la symphonie

  • Un monument de granit

  • Les cadeaux de Noël 2013 d'Altamusica

    [ Tous les dossiers ]
     
      (ex: Harnoncourt, Opéra)


  • La gloire de Lenny



    Leonard Bernstein
    The Symphony Edition
    Intégrale des enregistrements de symphonies pour CBS
    60 CD Sony

    Inclassable, incasable – son format d’ancien 33 tours le rend très difficile à ranger dans les nouvelles étagères –, ce monumental coffret hommage de 60 CD ! Il est à l’image de celui dont Sony célèbre le vingtième anniversaire de la disparition : Leonard Bernstein. Le musicien américain a fasciné le monde par sa personnalité exubérante et charismatique. On se souvient de lui en costume jaune canari, fleur à la boutonnière, donnant, telle une rock star, des interviews à l’hôtel de Crillon avant un concert magistral.

    Il reste dans la mémoire des Parisiens levant sa baguette à l’Opéra Bastille en mémoire de son frère-ennemi avec lequel il avait partagé le monde musical, Herbert von Karajan. Sa sensibilité à fleur de peau l’a conduit à saisir les tendances explosives de la jeunesse américaine dans West Side Story. Sa perspicacité et son flair de chef d’orchestre lui firent découvrir Gustav Mahler aux Américains.

    Tout cela ajouté à son talent de pédagogue dresse le portrait d’un Lenny impulsif, facétieux, rigoureux, désinvolte, grave et toujours passionné. Cette vitalité chaleureuse émerge de ces cent onze symphonies réunies. Touche-à-tout de génie, Bernstein a abordé avec plus ou moins de bonheur tous les répertoires, de Haydn à Chostakovitch, de Brahms à Ives. Même s’il fut parfois qualifié de girouette par la presse américaine, il a tout embrasé avec charme et exaltation.

    Dans ce foisonnant coffret émerge Gustav Mahler que le premier il érigea en classique. Le livret magnifiquement illustré rapporte que, chaque fois que Lenny affichait une œuvre de Mahler, il en informait Alma, veuve du compositeur. Bernstein est devenu une référence dans l’interprétation des œuvres de Mahler : de ses interprétations des dix symphonies, il est difficile de faire un choix.

    Le plus frappant parmi ces enregistrements remasterisés, c’est la modernité qu’il donne à Beethoven, c’est sa perspicacité incisive à l’égard de son cher Schumann. Les compositeurs des États-Unis ne sont pas oubliés, ni les Mexicains (Chavez) ou les Français (Berlioz, Bizet, Franck, Roussel, Saint-Saëns). Le plus passionnant est son approche de Haydn, la plénitude qu’il donne à la Jupiter de Mozart ou encore l’exaltation qu’il développe dans les symphonies de Brahms. Le terme de développement est le mot-clé de Bernstein définissant la symphonie.

    Dans son introduction, le musicologue Wolfgang Stähr rapporte que, lors d’un concert pour les jeunes, Lenny avait qualifié la symphonie de « miracle de la vie qui coule comme le sang dans les veines ».



     
    La fragilité du génie



    Johannes Brahms (1833-1897)
    Variations sur un thème de Haendel
    Rhapsodies op. 79
    Pièces pour piano op. 118 et 119
    Murray Perahia, piano
    1 CD Sony

    Quel bonheur de retrouver le pianiste américain dans le répertoire brahmsien vingt ans après qu’il l’a quitté. À la suite d’un coup de foudre pour le baroque, Murray Perahia (53 ans) revient à Brahms à travers les variations composées sur un thème de Haendel. Brahms était passionné par le baroque, Perahia également, voici la boucle bouclée. À cette œuvre de jeunesse, le pianiste ajoute les Rhapsodies op. 79, magnifiques de subtilité.

    Murray Perahia, c’est le courage, celui d’avoir maitrisé et surmonté une maladie paralysante des muscles du bras et d’avoir surpassé une médiatisation inouïe, lui qui était l’un des pianistes élus stars par Horowitz. Le revoici dans donc dans ces pièces mélancoliques, typiques du grand romantisme allemand. Un voyage lyrique et intériorisé, au service des véritables chefs-d’œuvre que sont les Six pièces pour piano op. 118 et les Quatre pièces pour piano op. 119, où Intermezzi, Ballades et Rhapsodies alternent dans un parcours superbement méditatif.



     
    Plénitude dans la détresse



    Gustav Mahler (1860-1911)
    Symphony n° 10 en fa# mineur
    Tonhalle Orchestra Zurich
    direction : David Zinman
    1 CD RCA Red Seal

    David Zinman est un chef américain de 75 ans, habitué de l’Orchestre de Paris où sa rigueur, son sens de l’équilibre sonore font merveille et séduisent les musiciens qui – fait rare – l’applaudissent à chaque apparition. À la tête de son orchestre de la Tonhalle Orchestra de Zurich, il termine l’enregistrement de son cycle Mahler par l’ultime chef-d’œuvre inachevé, la Symphonie n° 10. De cette large esquisse laissée par le compositeur, Zinman fait un embrasement plein de tristesse et de nostalgie. Il s’attarde avec frémissement à tout ce à quoi le compositeur fait ses adieux : à la ville de Vienne dont il avait dû abandonner la direction de l’Opéra quelques années plus tôt, à son épouse Alma qui lui en préfère un autre, à la vie tout simplement.

    Dans le vertige de l’effroi, Mahler n’a rien écrit de plus vertigineux et de plus fascinant, de plus moderne aussi, en se rapprochant ici plus que jamais des affres dissonantes de la Seconde École de Vienne. Zinman plonge l’orchestre dans ce tumulte, cette oppression. Il y excelle, préférant parmi les différentes versions de l’œuvre, celle achevée par Carpenter à celle plus fréquemment jouée de l’Anglais Deryck Cooke.

    On sait que Mahler voulait que le volet central de l’œuvre inachevée soit détruit. Mais son épouse Alma y renonça… pour des raisons financières. Zinman apporte à cette symphonie pleine de contrastes et de saccades la finesse âpre, le mordant d’une direction poignante. Voici une merveilleuse introduction à l’année Mahler.



     
    L’âme de Bang-Bang



    Lang Lang – Live in Vienna
    Ludwig van Beethoven (1770-1827)
    Sonate pour piano n° 3 en ut majeur op. 2 n° 3
    Sonate pour piano n° 23 en fa mineur op. 57, « Appassionnata »
    Isaac Albéniz (1860-1909)
    Iberia, livre 1
    Sergueï Prokofiev (1891-1953)
    Sonate pour piano n° 7 op. 83
    Frédéric Chopin (1810-1849)
    Polonaise n°6 op. 33 « Héroïque »
    Étude op. 25 n° 1
    Grande valse brillante n° 2
    Lang Lang, piano

    On l’adore ou on le déteste. Ses détracteurs l’ont même surnommé « Bang-Bang », qualifiant de vulgaires ses emportements frénétiquement exhibitionnistes. Fougueux et téméraire dans son approche des œuvres occidentales, le beau pianiste chinois est techniquement fascinant. Cheveux en brosse, sautant sur son tabouret, on l’a surtout vu comme une rock star. Mieux que Michael Jackson ! Il a ouvert les J.O. de Pékin en 2008 devant cinq milliards de téléspectateurs.

    Derrière tout ce tintouin médiatique, Lang Lang apparaît aujourd’hui avec ce Live in Vienna dans une vérité nue. Pour lui, Carnegie Hall et le Musikverein de Vienne sont des salles mythiques dans lesquelles il se fait humble. Car Lang Lang n’est pas que spectaculaire. Son Appasionnata sait être intériorisée ; son Albeniz palpitant ; son Chopin étincelant ; son Prokofiev tout en nuances vives, incisives, nerveuses. Hors des conformismes et des habitudes, Lang Lang renouvelle l’interprétation classique. Sans doute est-ce un interprète comme lui qui peut ouvrir la musique européenne à la mondialisation.

    Conscient des réserves françaises sur ses interprétations, Lang Lang débarquera pour quatre concerts fin mars-début avril à Pleyel et à la Cité de la musique. Sera-t-on subjugué ? Ce disque qui marque ses débuts chez Sony est son meilleur ambassadeur.



     
    Déjà le printemps



    Ludwig van Beethoven (1770-1827)
    Sonates pour violon et piano n° 5, 7 et 8
    Nemaja Radulovic, violon
    Susan Manoff, piano
    1 CD Decca

    La pianiste américaine de Paris Susan Manoff a souvent accompagné des chanteurs comme Patricia Petibon ou Renée Fleming avec un art qui dépasse le simple soutien instrumental. Aussi est-ce un vrai duo plein de complicité que l’on découvre dans cette sélection de sonates de Beethoven qu’elle joue avec Nemaja Radulovic.

    À vingt-cinq ans, le violoniste serbe est déjà une star sans les défauts inhérents à la médiatisation. Il n’y a pas plus humble, timide et effacé que ce longiligne jeune homme à la crinière léonine qui le fait ressembler à une pop star. Sa virtuosité et sa fougue lui ont valu le qualificatif de nouveau Paganini. Cet enregistrement ne saurait faire oublier ceux de Grumiaux-Haskil, Barbizet-Ferras ou encore Argerich-Kremer, fondements de toute discothèque, mais la fraicheur en émerge.

    L’allégresse mozartienne imprègne la Sonate n° 5, bien nommée le Printemps. Radulovic-Manoff en sont conscients et en donnent une fluidité superbe. L’éclat de la jeunesse transparaît dans la Sonate n° 7. Quant à la Sonate n° 8, elle est un appel au bonheur avec ses tourbillons de rythmes.



     
    Jazzy Jessye



    Jessye Norman
    Roots : my life, my song
    1 CD Sony

    À soixante-cinq ans, une autre vie commence pour Jessye Norman. Celle qui fut une inégalable Didon ou encore l’une des plus souveraines interprètes des Quatre derniers Lieder de Strauss revient avec tendresse à ses racines, elle qui est née le 15 septembre 1945 à Augusta (Georgie).

    De ce CD Roots : my life, my song, elle dit que c’est « la bande son de ma vie, un voyage musical en dehors des canons classiques ». De sa voix sensuelle, de ce timbre de velours qui n’appartient qu’à elle, la Norman enchaîne des airs célèbres de Monk, Fitzgerald, Ellington. Sa diction est excellente dans toutes les langues y compris en français.

    Elle chante d’ailleurs la Habanera de Carmen. Souvenons-nous qu’elle a enregistré jadis l’opéra de Bizet avec l’Orchestre de Paris sous la direction de Semyon Bychkov et que, dans son répertoire classique, elle voue un culte aux mélodies raffinées de Duparc. Souvenons-nous que le 14 juillet 1989, vêtue de tricolore, elle entonna la Marseillaise à la Concorde lors du bicentenaire de la Révolution.

    Aussi est-ce avec une sincérité évidente qu’elle entonne les Chemins de l’amour que Francis Poulenc écrivit pour Yvonne Printemps. Jessye poursuit avec la romance de Vincent Scotto qui fut l’un des succès de Joséphine Baker, J’ai deux amours, mon pays et Paris. C’est ensuite April in Paris qu’aimaient tant Billie Holiday et Count Basie.

    Musicale, élégante et pudique elle interprète également Heaven puis Solitude de Duke Ellington. L’air le plus ciselé est Somewhere du West Side Story de Leonard Bernstein.



     
    La tragédie mise à nue



    Georges Bizet (1838-1875)
    Carmen
    Anna Caterina Antonacci (Carmen) – Andrew Richards (Don José) – Nicolas Cavallier (Escamillo) – Anne-Catherine Gillet (Micaëla)
    The Monteverdi Choir
    Orchestre Révolutionnaire et Romantique
    direction : Sir John Eliot Gardiner
    mise en scène : Adrian Noble
    1 DVD FRA Musica

    Le 31 décembre peu après minuit, tous les mélomanes seront devant France 2 pour la retransmission en différé de Carmen de Bizet dans la production de l’Opéra Comique. Qu’un Anglais, Sir John Eliot Gardiner, vienne à Favart nous enseigner Carmen, chef-d’œuvre national, pour beaucoup de Français, voilà qui était dur à avaler !

    Une bronca s’annonçait quand, dès les premières répétitions puis lors de la générale, la tendance s’inversait. John Eliot n’avait-il pas dirigé avec l’Orchestre de l’Opéra de Lyon tant de chefs-d’œuvre hexagonaux ? Sa tendresse pour Carmen pulvérisait tous les a priori. En quelques jours, c’était devenu un événement magnifié par la mise en scène du Britannique Adrian Noble et la charismatique chanteuse Anna Caterina Antonacci au remarquable talent de tragédienne.

    Le succès de cette Carmen est aussi celui de ce DVD réalisé avec talent par François Roussillon qui en a soigné la captation. Les instruments de l’époque de Bizet rassemblés dans son Orchestre Révolutionnaire et Romantique par Gardiner ainsi que son Monteverdi Choir dégraissent et peaufinent l’œuvre. C’est l’essentiel. À remarquer, la diction impeccable des choristes britanniques.

    Quant à Antonacci, elle n’est pas le grand mezzo usuel requis pour la cigarière. Elle va bien au-delà du registre habituel : suave de voix, accentuant avec intensité les mots du livret, avec son physique sensuel, elle brûle les planches comme d’ailleurs ses partenaires, Andrew Richards (Don José), Anne-Catherine Gillet (Micaela), Nicolas Cavalier (Escamillo). L’ouvrage lyrique le plus le plus représenté au monde gagne, avec cette distribution et les instruments anciens, une flamme nouvelle.



     

    Nicole DUAULT
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