altamusica
 
       aide















 

 

Pour recevoir notre bulletin régulier,
saisissez votre e-mail :

 
dťsinscription




DOSSIERS 22 juillet 2019

Jordi Savall,
Ange ou Démon ?

© Matthieu Blanchin d


Cliquez ici pour visualiser l'image complète


Pour saluer la r√©√©dition d'une large partie de ses enregistrements chez Na√Įve et une activit√© discographique soutenue pour Alia Vox, Altamusica se propose de tracer un portrait en ombres et lumi√®res du tr√®s essentiel violiste et chef catalan Jordi Savall.

 

Le 09/06/2001

  • Portrait en ombres et lumi√®res
  • Entretien avec Jordi Savall
  • Les irrempla√ßables de Jordi Savall (I)
  • Les irrempla√ßables de Jordi Savall (II)
  • Une Vierge magnifique
  • Concert √† cr√©dit
  • Hesp√©rion XXI, laboratoire d'art et d'essai



  • Les 3 derniers dossiers

  • L'art de la symphonie

  • Un monument de granit

  • Les cadeaux de No√ęl 2013 d'Altamusica

    [ Tous les dossiers ]
     
      (ex: Harnoncourt, Opéra)



  • Concert √† cr√©dit

    L'Ange & le Diable est un programme de concert que Jordi Savall a beaucoup donn√©, en particulier en compagnie de son acolyte Ton Koopman, autrefois aussi hirsute que Belz√©buth. Fin avril dernier, il y revenait en compagnie de Rolf Lislevand et Michael Behringer au Th√©√Ętre du Palais-Royal, mais on ne sait quel succube lui a tordu l'archet ce soir-l√†.



    Combien d'instrumentistes peuvent s'ennorgueillir d'avoir tiré de l'oubli, mieux, redonné vie à un instrument de musique ? Très peu. Jordi Savall est pourtant de ces rares élus. En même temps que son collègue Wieland Kuijken, Savall a reconstruit une technique, des styles et surtout redonné une voix à un instrument, la viole, dont précisément le registre naturel est si proche des Voix humaines.

    Quoiqu'on fasse, on s'acquitte un peu de cette dette √† chaque concert o√Ļ l'on va entendre le Ma√ģtre Catalan frotter son instrument d'√©lection comme d'autres une lanterne magique. Mais Savall a-t-il des v¬úux qui n'auraient pas √©t√© exauc√©s ?

    Toujours est-il qu'il n'a cessé de démultiplier ses activités ces dernières années : emploi du temps surchargé de concerts avec quatre formations différentes, deux à trois disques l'an, tournées, festivals, en plus de quoi il s'est lancé dans le métier d'éditeur.

    Lui reste-t-il quelque latitude pour éprouver sa viole autrement que comme une compagne que l'on a aimée passionnément ? Voilà plus de cinq ans qu'il ne lui a pas offert de nouveau répertoire, recyclant sans cesse les mêmes pièces. Le concert d'avril dernier plaide pour l'adultère.

    Et si son intelligence musicale inaltérable le dispense de travail dans des pièces essentiellement monodiques ou aux tempi modérés ( par exemple au concert de l'été dernier en Tarentaise), ses doigts le trahissent lorsque les démonstrations virtuoses de Marais et Forqueray assiègent le pupitre.

     
    Au Palais-Royal, le Ma√ģtre a viol√© la justesse d'une quantit√© d'accords impressionnante, a laiss√© son instrument marmonner si bas jusqu'√† se faire couvrir d'un simple th√©orbe ; l√†-dessus sa main gauche semblait glisser sur la touche comme si un diablotin l'a lui avait savonn√©.

    Bien s√Ľr, l'acoustique mate et aride du Th√©√Ętre n'a pas aid√©. Et apr√®s tout, les plus grands ne peuvent-ils avoir des jours sans ? Dans ce cas, on lui pardonnera d'autant plus difficilement d'avoir retrouv√© la gr√Ęce le temps d'une R√™veuse ou d'unRecercada d'Ortiz en bis.

    Quand on a vraiment l'archet patraque, il vaut mieux tout rater, même les morceaux faciles. En revanche, on échoue aux pièces difficiles bourrées d'accords périlleux et de traits foudroyants (La Leclair) quand on a laissé trop longtemps sa viole esseulée.

    √Ä dieux et diables ne plaisent que le d√©samour se prolonge, on y perdrait tout simplement le plus grand ap√ītre des sept cordes frott√©es. Mais si c'√©tait r√©ellement le cas, il sera peut-√™tre temps que le Maestro se d√©voue √† la direction d'orchestre o√Ļ il excelle tant (1). Autrement, il pourrait √©puiser son cr√©dit ang√©lique que le public n'a pas, cette fois-l√†, trop ren√Ęcl√© √† payer.


    (1) en atteste ses récentes Vêpres de la Vierge de Monteverdi à la Cité de la Musique.

    Vendredi 27 avril ¬Ė Th√©√Ętre du Palais Royal de Paris

    Marin Marais (1656-1728)
    Prélude, & Muzettes
    Suite d'un Go√Ľt Etranger (Extraits du Quatri√®me Livre -1717)

    Robert de Visée (ca. 1660-1732)
    Les Sylvains de M. Couperin - pour Théorbe seul

    Jacques Duphly (1715-1789)
    La Forqueray -pour Clavecin seul

    Antoine Forqueray (1672-1745)
    Portraits Musicaux extraits des Pièces de viole avec la basse continue (1747)

     

    Eric SEBBAG
  • Portrait en ombres et lumi√®res
  • Entretien avec Jordi Savall
  • Les irrempla√ßables de Jordi Savall (I)
  • Les irrempla√ßables de Jordi Savall (II)
  • Une Vierge magnifique
  • Concert √† cr√©dit
  • Hesp√©rion XXI, laboratoire d'art et d'essai
  •  


      A la une  |  Nous contacter   |  Haut de page  ]
     
    ©   Altamusica.com