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ENTRETIENS 21 février 2019

Roland Petit, la jeunesse d'un géant

Trois ballets de Roland Petit pour conclure la saison de danse de l'Opéra national de Paris. Le grand chorégraphe, célébré aux quatre coins de la planète, a plus que jamais l'envie de faire danser les jeunes et de regarder vers l'avenir. Rencontre avec un géant de la danse en pleine jeunesse !
 

Le 01/07/2005
Propos recueillis par Gérard MANNONI
 



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  • Le Jeune homme et la mort, Carmen, l'Arlésienne, un programme superbe pour le Ballet de l'Opéra, et aussi vos ballets préférés ?

    C'est vrai que ce sont des ballets que j'aime beaucoup, mais il y en a d'autres aussi ! Quelqu'un me disait récemment adorer les Forains. Moi aussi ! Et pas seulement parce que c'est l'un de mes premiers ballets. La musique de Sauguet est magnifique et l'idée de ces gens qui arrivent donner leur petit spectacle et qui s'en vont est tout à fait dans la mouvance de l'époque, comme les tableaux de Picasso ou les décors de Bérard. C'était la mode des saltimbanques, une image de l'immédiat après-guerre. Je ne comprends pas pourquoi on ne le donne pas davantage. Il y a aussi la Chauve-souris que je viens de remonter pour le National Theatre de Tokyo, la Scala de Milan et qui va être dansée maintenant au San Carlo de Naples et à l'Opéra de Vienne. Je regrette qu'on ne le joue pas à Paris. La version originale avait été faite pour Zizi. La nouvelle version dans les décors de Wilmotte est superbe, très moderne. En fait, elle est tout simplement très bien. Ce qui est bien est toujours moderne.

     

    Pourquoi n'avez-vous jamais repris Dix, qui avait été créé pour l'Opéra de Berlin ?

    C'est un ballet que j'aime aussi beaucoup car j'adore la musique allemande de cette époque. J'ai travaillé là-bas avec d'excellents danseurs sur ce thème inspiré par Otto Dix, peintre typiquement allemand des années 1920. Malheureusement je vois mal quel Opéra peut le monter hors de l'Allemagne. Il faudrait qu'une troupe allemande le fasse voyager. C'est un ballet provocant, culotté, très fort.

     

    Pour les trois ballets culte au programme de l'Opéra en ce moment, est-il facile de trouver de bonnes distributions dans la nouvelle génération de danseurs de la compagnie ?

    Nicolas Le Riche est exceptionnel dans Carmen, un rôle qu'il aborde de manière très personnelle et différente de ce que je faisais à la création. Mais son approche est très belle et intéressante. La majorité de ceux et de celles qui abordent le ballet le font pour la première fois et il est très difficile de savoir avant les spectacles comment ils vont être. J'aime beaucoup Eleonora Abbagnato. Elle a fait beaucoup de progrès. Elle a de la vivacité, de l'humour, de l'intelligence. Elle sait interpréter. Elle est tout prêt du but. Elle pourrait être une grande danseuse de l'Opéra de Paris si des chorégraphes s'intéressent à elle et la font travailler. Le Jeune homme et la mort est un ballet très différent. Son créateur, Jean Babilée, m'avait beaucoup inspiré et avait participé à la création. Et puis, il s'est passé un miracle. Le jour où il ne l'a plus dansé, il a pu être interprété par n'importe qui avec le même succès. Chacun se l'approprie. Aujourd'hui, Le Riche, Bridard, Bélingard sont très bien. Bridard le danse avec Stéphanie Romberg qui y est remarquable.

     

    Dès le mois de septembre, un autre de vos ballets sera à l'affiche du Théâtre des Champs-Élysées, dansé par une compagnie japonaise, et vous allez aussi partir pour la Chine.

    Il s'agit du Pink Floyd Ballet que j'avais repris et remanié pour le Asami Makki Ballet de Tokyo. Je l'adapte de nouveau aux danseurs qui seront disponibles pour la tournée de cette compagnie. Il y aura des danseurs de hip-hop et aussi Lucia Lacarra, mais elle ne fera que Paris, sans aller ni à Biarritz ni à Barcelone où le spectacle ira ensuite. Je prépare aussi pour le Théâtre Jean Vilar de Suresnes un spectacle d'après Le bon petit diable, sur des chansons de ma fille mises en musiques par Galiano. Ce sera un spectacle fait de flashs très sophistiqués, avec la chorale des enfants de Suresnes. Chacun y lira ce qu'il voudra, mais ce ne sera pas un spectacle à l?eau de rose. A Pékin je vais monter le Jeune homme et la mort et Carmen et j'aimerais qu'ils reprennent la Passacaille que j'avais faite pour l'Opéra. Madame Zao, directrice du Ballet de Pékin doit venir mettre tout cela au point avec moi. C'est une femme exceptionnelle, très intelligente et nous avons un contact vrai, profond. Je dois y faire une création l'année suivante. En 2006, il y aura aussi les Intermittences du coeur, ballet sur Proust, qui entrera au répertoire de l'Opéra de Paris. J'ai tellement de projets que j'espère arriver à tous les réaliser !

     

    Comment trouvez-vous les danseurs chinois ?

    Formidables ! Ils ont encore un petit peu de progrès à faire dans le classique mais ils y sont presque, avec une énergie, une concentration incroyables, une puissance dramatique extraordinaire et des morphologies parfaites. J'ai vu une jeune de vingt-deux ans danser Giselle, ravissante, d'une immatérialité fabuleuse. Au deuxième acte, on ne la voyait pas poser les pieds par terre. Je n'ai jamais vu ça ! Pékin est en outre une ville que j'adore.

     

    Le 01/07/2005
    Gérard MANNONI



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