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ENTRETIENS 09 août 2020

Franck Bedrossian, l'énergie brute

Il a été le héros du dernier festival Présences de Radio France avec son euphorisant Charleston. En résidence à la Villa Médicis, le jeune Franck Bedrossian s'affirme, aux côtés de Bruno Mantovani, comme le compositeur le plus prometteur de la musique française d'aujourd'hui. Rencontre avec un créateur friand d'énergie brute et de saturation.
 

Le 25/04/2007
Propos recueillis par Laurent VILAREM
 



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  • Votre Charleston, créé par l'Ensemble Itinéraire au dernier festival Présences, est apparu comme un véritable manifeste.

    Quelques auditeurs présents lors de ce concert m'ont dit la même chose. Mais je n'analyse pas mes oeuvres avant de les composer. La part d'intuition dans la composition est très importante. Il me semble cependant que l'on peut y déceler dans le rapport physique et excessif au son instrumental, et dans la volonté d'élaborer une forme née de la saturation du son, de son énergie, un désir de transgression, de radicalité.

     

    De quels sons rêvez-vous ?

    J'ai une prédilection pour les sons électroniques ou instrumentaux complexes, saturés, et pour la distorsion. Par goût, bien sûr, mais aussi parce qu'il me semble que ces sons déploient naturellement une multitude d'énergies. Comme si la saturation du son induisait une saturation des sens, et pouvait provoquer, en un instant, des émotions très contradictoires.

     

    Comment vous situez-vous parmi les différents courants de la musique contemporaine ?

    C'est une question difficile. Concrètement, j'ai été touché par des expressions très différentes, considérées parfois comme antinomiques, et qui n'étaient pas toujours issues de la musique écrite, comme par exemple le Velvet Underground. Il m'est aussi fréquemment arrivé d'écouter Lachenmann et d'étudier l'instant d'après une partition de Dutilleux. L'approche du son développée par l'école spectrale, notamment les pièces de Grisey, et par la musique électro-acoustique ont également profondément modifié ma manière d'écouter la musique.

    J'éprouve une attirance pour les compositeurs qui ont placé le phénomène sonore au centre de leurs préoccupations : Debussy, Varèse, Xenakis, Grisey encore... Mais je ne suis pas du tout à la recherche d'une filiation particulière. Je préfère évoquer le travail de ceux de ma génération, et par exemple la complicité, l'échange dynamique que je partage avec un compositeur comme Raphaël Cendo.

     

    Votre Lamento créé au Printemps des Arts de Monaco fait appel à la voix.

    Je n'avais pas encore écrit d'oeuvre vocale à proprement parler mais j'en avais envie depuis très longtemps. Lorsque le compositeur Marc Monnet m'a proposé d'écrire une pièce pour le Printemps des Arts de Monte-Carlo, j'ai immédiatement pensé à la voix féminine. La décision d'y ajouter un dispositif électronique – élaboré à l'IRCAM – est venue assez rapidement, et cette pièce participe d'un cycle d'oeuvres mixtes initié il y a quelques années. La mise en perspective du texte latin – il s'agit d'extraits des Lamentations de Jérémie – et du son de la voix humaine enrichi de l'outil électronique me semblait riche de potentialités. Le texte sacré chanté par Françoise Kübler, trouve, je l'espère, une résonance particulière dans ce contexte musical.

     

    Quels sont vos projets ?

    Achever justement ce cycle d'oeuvres avec électronique, avec une création pour le quatuor de saxophones Habanera, qui sera créée au Grame à Lyon, en 2008, lors de la biennale Musiques en Scène. Dans le domaine de la musique instrumentale, je terminerai bientôt un quatuor à cordes qui sera créé par les Diotima à la Villa Médicis en juin. Et la saison prochaine, je serai en résidence à l'Ensemble 2e2m.

     

    Le 25/04/2007
    Laurent VILAREM



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