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ENTRETIENS 21 février 2019

Jean-Christophe Spinosi, l’anti-conformiste jubilatoire
© Didier Olivré

Pour son rendez-vous annuel au Châtelet, Jean-Christophe Spinosi, à la tête de son Ensemble Matheus, a choisi le Barbier de Séville de Rossini qu’il vient de diriger d’une manière explosive à l’Opéra de Vienne. Allure, voix et discours enflammés voire pétaradants, cet enfant terrible de la direction d’orchestre a une réputation aigre douce.
 

Le 19/01/2011
Propos recueillis par Nicole DUAULT
 



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  • Pour la cinquième fois, après la Pietra del Paragone de Rossini, Véronique de Messager, les Vêpres de la Vierge de Monteverdi et Norma de Bellini, vous revoilà au Châtelet.

    Je vois la musique d’une manière personnelle et subjective. Le Châtelet cultive les chemins de traverse. Son directeur Jean-Luc Choplin aime la liberté, une liberté contrôlée. L’idée de faire tabula rasa au début de chaque œuvre me motive beaucoup.

     

    Les baroqueux vous attaquent, les non-baroqueux également. Où en êtes-vous ?

    Je n’aime pas les mauvaises critiques, mais on vit dans le politiquement correct. Tout le monde a peur de balancer des idées personnelles. Le poids des conventions est tellement fort que toute personne qui a une idée originale craint d’être excommuniée. J’ai pris le parti de n’être que moi-même. La non-standardisation est très importante. Certains me voient comme une sorte de poil à gratter.

     

    Vous avez dirigé le Barbier à Vienne. Comment avez-vous été accueilli par la Philharmonie ?

    J’y étais en novembre et en décembre. Quand vous êtes applaudi par l’Orchestre Philharmonique de Vienne, c’est passionnant. Les musiciens ont adhéré à ma fantaisie.

     

    Qu’est-ce que cet opéra pour vous ?

    Rossini était très jeune quand il l’a composé, très rapidement, en trois semaines. C’était, à l’envers de ce qui se faisait, une œuvre en réaction, une bombe de fraîcheur, de jeunesse. Aujourd’hui, le Barbier est entré dans le répertoire, dans la tradition.

    Cet opéra qui était décalé en son temps et qui a créé la surprise par l’énergie qu’il déclenche, comment faire pour qu’il garde son impact ? La tradition a inventé des ralentis qui n’existent pas dans la partition. C’est mon troisième opéra de Rossini, celui-ci est plein de sourires, d’amour, d’humour, de folies.

     

    Qu’apportent les instruments anciens et quelle différence avec le Barbier que vous avez dirigé à Vienne ?

    Dans cette musique virtuose, les instruments anciens sont poussés à fond. Cela m’excite. Les sonorités sont plus rustiques, plus grinçantes, plus poétiques, plus violentes, plus subtiles. Cela ajouté à l’énergie vitale qui est celle de cette musique. Les musicologues disent souvent que la musique de Rossini n’est pas une musique à programme, qu’elle n’est pas descriptive, à part la tempête, l’orage, qu’elle n’est pas, comme celle de Mozart, calquée sur l’émotion.

    Ma théorie, c’est que tous les crescendos de Rossini dont on parle sont l’incarnation de l’acte sexuel. C’est le timing de la vie. Quand j’explique ça aux musiciens, ils rient, mais il y a un énorme clin d’œil et ils ne jouent pas comme avant. Ils restituent cette énergie vitale.

     

    Comment tout cela est répercuté dans la mise en scène par Emilio Sagi, bien connu au Châtelet puisqu’il a monté le Chanteur de Mexico, les Fées et la Mélodie du bonheur ?

    Il a ajouté vingt-cinq danseurs de flamenco qui représentent les émotions des personnages. J’ai donné en Bretagne, avec mon orchestre, le Barbier en version de concert et j’avais chorégraphié mes musiciens qui intervenaient dans l’action. Nous aurions pu essayer cela au Châtelet.




    Il Barbiere di Siviglia de Rossini, mise en scène : Emilio Sagi, direction : Jean-Christophe Spinosi, Théâtre du Châtelet, du 22 au 30 janvier

     

    Le 19/01/2011
    Nicole DUAULT



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