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ENTRETIENS 16 novembre 2018

Myriam Ould-Braham,
le talent sans vanité

© Julien Benhamou

Dernière danseuse Étoile nommée à l’Opéra national de Paris le 18 juin dernier, la désormais ex-Première Danseuse Myriam Ould-Braham reste une artiste à la fois consciente de ses qualités et désireuse d’aller toujours plus avant par le travail. Une belle ambassadrice de la grande danse française, qui se sent prête à affronter Giselle et le Lac des cygnes.
 

Le 29/06/2012
Propos recueillis par Gérard MANNONI
 



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  • Vous aviez l’air très surprise quand l’annonce de votre nomination d’Étoile a été faite. Vous ne vous y attendiez pas du tout ?

    Pas du tout. Aucun bruit n’avait circulé avant et j’avais déjà dansé ce ballet. Une nomination se fait souvent sur une prise de rôle et ce n’était pas du tout le cas. Quand, entre deux saluts, à la fin du spectacle, j’ai vu qu’on installait un micro sur la scène j’ai naturellement pensé que quelque chose allait se passer, mais je me suis efforcée de ne pas y croire, de me vider la tête.

    J’avais été trop marquée par le soir où avaient été nommés, après Onéguine, mes deux voisins aux saluts, l’un à droite l’autre à gauche, Mathias Heyman et Isabelle Ciaravola. Ils le méritaient tous deux, mais je me sentais quand même frustrée ! Quand j’ai compris que cette fois était la bonne, ce fut une grande émotion, une grande joie, un grand bonheur, une grande porte qui s’ouvrait … et je n’ai guère pu contenir mon émotion !

     

    Qu’est-ce que cela va changer dans votre carrière ?

    Tout, car je vais avoir en permanence accès à des rôles plus importants. J’en ai déjà dansé beaucoup, mais j’aurai la possibilité de bénéficier d’une préparation plus approfondie, plus calme. Je sais que l’indulgence que l’on a pour une Première Danseuse encore espoir, disparaît du jour où l’on est nommée Étoile. Les exigences ne sont plus les mêmes. On voit davantage vos défauts que vos qualités.

    En outre, on a la responsabilité de représenter ce qui est censé être le mieux dans l’École de Danse française, réputée la meilleure du monde, et représenter aussi l’Opéra de Paris. On a soudain un rôle d’ambassadeur de premier plan. Il faut savoir gérer cela. Pour moi, plus qu’une pression supplémentaire, c’est un énorme stimulant. Je vais accentuer ce que je veux montrer, avec mes qualités, sans chercher à rivaliser avec les autres.

     

    Quels rôles nouveaux aimeriez-vous maintenant danser ?

    Certainement Giselle. Je pense qu’il me conviendra bien. Et puis aussi le Lac des cygnes. Je suis autant attirée par le blanc que par le noir. J’étais cette année remplaçante sur le rôle de Manon dans l’Histoire de Manon de McMillan. J’ai appris le rôle, mais j’aimerais maintenant le faire en titre, en l’approfondissant. Ce genre de personnage me tente beaucoup, avec davantage de théâtre sur une base classique. Le très contemporain ne m’attire pas spécialement mais j’ai beaucoup aimé les néo-classiques comme Forsythe, McGregor et quelques autres.

     

    Que pensez-vous avoir à travailler désormais de plus ?

    Je pense avoir une base solide et je compte l’utiliser avec encore davantage d’énergie et surtout plus de confiance. Peut-être m’assumer davantage moi-même dans les expressions, dans le jeu, de manière plus personnelle. J’ai maintenant une grande dizaine d’années pour aller jusqu’au bout de ce que peux faire.

     

    Vous avez eu jusqu’à présent en Josua Hoffalt un partenaire qui vous convient très bien. Comptez-vous continuer à danser le plus souvent possible avec lui ?

    C’est pour moi un partenaire idéal. Nous nous entendons très bien et j’ai fait avec lui beaucoup de progrès. Il est très agréable, très patient, très positif. Une sorte de partenariat de ce type nous permettrait de bâtir quelque chose de fort sur la distance sans trop perdre de temps.

    Mais on apprend aussi en changeant de partenaire, car cela vous oblige à repenser certaines habitudes. Avec Josua, je me sens totalement en confiance, en sûreté. Nous pouvons ensemble essayer d’aller toujours plus loin sans trop de risques, mais il va forcément danser aussi beaucoup avec d’autres auxquelles son physique correspond, comme Aurélie ou Dorothée.

     

    Dans votre vie personnelle hors Opéra, votre nomination change-t-elle quelque chose ?

    Absolument rien. Je reste moi-même, amoureuse de mon ami, pas différente de ce que j’ai été jusqu’à présent mais rassurée sur mon avenir.

     

    Le 29/06/2012
    Gérard MANNONI



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