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| SELECTION CD |
06 janvier 2026 |
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| Sélection Discothèque idéale Diapason |
Discothèque idéale : Schumann


La Discothèque idéale de Diapason
Volume XXXIII
Robert Schumann (1810-1856)
Musique de chambre
Lieder
10 CD La Discothèque idéale de Diapason
Une décennie déjà que sont nés les coffrets La discothèque idéale de Diapason, lancés en 2014 autour de la musique de chambre de Mozart. Le principe : une boîte thématique d’une dizaine de CD remplis d’interprétations historiques sélectionnées par les critiques du mensuel et quelques musiciens de notre temps. Onze ans plus tard, la formule bénéficie de bornes chronologiques plus larges – les enregistrements tombés dans le domaine public s’étendant désormais jusqu’aux premières années de la stéréophonie.
L’avant-dernier coffret de la collection (Volume 23, 10 CD) est dévolu à la musique de chambre (7 CD) et au Lied schumanniens (3 CD). Les pièces instrumentales les plus substantielles ont droit à deux enregistrements, comme le Quatuor avec piano op. 47, où le Festival Quartet (1956), d’une ferveur intense, se confronte au classicisme de l’équipe réunie autour de Rudolf Kolisch (1937). Impossible de les départager dans le Scherzo, ou dans le Sostenuto assai initial, tantôt comme en écho du mouvement lent du Quatuor n° 15 de Beethoven, tantôt dans l’esprit du choral luthérien.
Mêmes passionnantes comparaisons dans le Quintette avec piano op. 44 entre les Pro Arte avec Schnabel (1934), d’une ossature implacable matinée de petites souplesses, et les Hollywood avec Aller (1955), plus lyriques, mais dans les deux cas d’une rare éloquence dans le mouvement lent In modo di marcia. Les trois quatuors sont l’occasion de goûter le détaché mendelssohnien des Curtis dans le Scherzo du n° 1, mais aussi la plastique, inouïe pour 1959, des Italiano dans le n° 3, doublé en outre d’un électrisant live de 1962 du Quatuor Amadeus.
Les sonates pour violon et piano (Busch-Serkin dans la n° 1 en studio, la n° 2 en concert, avec la gravure alternative, aussi sur le vif, d’un attelage Ferras-Barbizet déchaîné – et qui le paie un peu dans les dernières minutes du Finale) n’ont rien à envier aux trios avec piano (n° 1 et 2 autour d’Oïstrakh – guettez, à 5’20, le son de carillon immatériel du piano de Lev Oborine dans le Mit Energie liminaire du premier – ; n° 3 avec l’équipe Merckel-Tortelier-Hubeau face au célèbre incunable (1928) de Cortot-Thibaud-Casals.
Le Lied offre un panorama tout aussi passionnant, où les incontournables (Fischer-Dieskau-Moore en live à Salzbourg dans les Kerner en 1954 – avec une ultime refrain dans Stirb, Lieb’ und Freud’ à donner le frisson –, le même DFD avec la très sous-estimée Hertha Klust dans le premier Liederkreis ; un tout jeune Hermann Prey de 33 ans dans le second ; Jurinac dans les Frauenliebe und -Leben) côtoient des raretés comme les Dichterliebe à la rondeur d’émission et aux nasales irrésistibles du Danois Aksel Chiøtz (1946).
On se délectera aussi de l’art de conteuse de Maureen Forrester dans Die wandelnde Glocke ou Elisabeth Höngen dans Die Kartenlegerin, de la lumière triste et du haut registre touchant de fragilité d’Ernst Haefliger, accompagné par une Jacqueline Bonneau d’un soutien rayonnant dans six Lieder tardifs, ou la distinction royale d’Irmgard Seefried et Erik Werba dans les Marie Stuart en concert à Salzbourg.
À titre tout à fait personnel, enfin, on eût préféré entendre Widmung et Der Nussbaum par Elisabeth Schwarzkopf, grande absente du coffret, plutôt que sous la ligne un rien candide et moins riche d’arrière-plans de la délicieuse Elisabeth Grümmer. Mais à ce degré de perfection, on est tout à fait conscient d’ergoter…
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Discothèque idéale : Dvořák


La Discothèque idéale de Diapason
Volume XXXIV
AntonĂn Dvořák (1841-1904)
Musique pour orchestre
12 CD La Discothèque idéale de Diapason
Le volume 34, dernier en date de La Discothèque idĂ©ale, est consacrĂ©, pour la première fois de la sĂ©rie, Ă Dvořák, dont sont explorĂ©es les Ĺ“uvres pour orchestre (concertos inclus). Sans surprise, les formations tchĂ©coslovaques ou au moins Mitteleuropa (le Philharmonique de Vienne) s’y taillent la part du lion, avec dans les deux cas un cachet inimitable qui renvoie les formations d’Europe de l’Ouest Ă une forme de monochromie – et pourtant, le Philharmonia et Rafael KubelĂk crĂ©pitent dans les Variations symphoniques sur le vif à Édimbourg et en studio dans le Scherzo capriccioso. Les phalanges pragoises offrent ici une myriade de sonoritĂ©s acidulĂ©es (clarinettes vertes, hautbois pincĂ©s) et d’accents incisifs (timbales, cordes phrasant court).
L’intégrale des symphonies est en kit comme il se doit. L’Orchestre symphonique de Prague de la fin des années 1950, cursif et svelte, est le dénominateur commun de la première moitié du corpus, conduite par Vaclav Neumann (bien articulé dans 1, 2 et 4) et Václav Smetáček (très pugnace dans 3), quand la Philharmonie tchèque (avec un Karel Šejna très Prés et bocages de Bohême dans 5 et 6, un František Stupka imprévisible et facétieux en concert face à un public crachoteux dans la Symphonie n° 8) et les Wiener Philharmoniker (Constantin Silvestri, volcanique dans la Septième ; István Kertész, très musculeux dans la Nouveau Monde) se partagent les grands opus.
Si aucune symphonie ne se voit proposer de doublon, c’est le cas pour certaines pièces courtes. On comparera l’ouverture Carnaval de Karel AnÄŤerl avec celle de KubelĂk seize ans plus tĂ´t, avec la mĂŞme Philharmonie tchèque au sortir de la guerre, moins rigoureusement dĂ©finie mais au parfum tout aussi irrĂ©sistible. En termes d’idiomatisme, on retrouve trois des quatre poèmes symphoniques descriptifs – pour La Sorcière de midi, ce sera Václav Talich – sous la baguette de ZdenÄ›k Chalabala, fabuleux chef lyrique ; on n’a jamais fait mieux !
Les Danses slaves sont donnĂ©es dans la gravure Decca de KubelĂk avec les Wiener, merveille parmi les merveilles, distillant un sentiment d’évidence Ă chaque mesure et d’une virtuositĂ© coloristique sans pareille. L’un des noms que l’on retrouve le plus dans cette sĂ©lection, Ă notre plus grand bonheur, est celui de Karel Ĺ ejna, Ă qui l’on a confiĂ©, outre les deux symphonies citĂ©es plus haut, les deux premières Rhapsodies slaves, l’ouverture Dans la nature, la Suite amĂ©ricaine et les LĂ©gendes op. 59.
Enfin, si le Concerto pour violon avec Suk et AnÄŤerl s’impose naturellement, les autres choix dans le domaine concertant sortent des sentiers battus. On entendra ici Rudolf FirkušnĂ˝, hĂ©raut du Concerto pour piano, en concert avec KubelĂk et l’Orchestre de la Radio de Cologne en 1960, et un Rostropovitch de 25 ans dans sa gravure studio princeps du Concerto pour violoncelle – la plus Europe centrale – avec Talich en 1952. Si vous ne savez pas par quel bout entamer cette somme, commencez par la SĂ©rĂ©nade pour cordes avec Talich, d’une puretĂ© de lignes inouĂŻe, et qui plus est parfaitement enregistrĂ©e.
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| Yannick MILLON
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