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SELECTION CD 06 janvier 2026

Sélection Noël 2025

© Jonathan Borba / Pexels


Depuis vingt ans, Altamusica vous propose chaque hiver un petit coup de main pour réaliser vos emplettes discographiques et vidéographiques à l’approche des fêtes. Une sélection de spectacles et concerts de Salzbourg en DVD-Blu-ray, de livres-disques d’opéras français du Palazzetto Bru Zane, de CD à écouter au coin du feu et de copieux coffrets de rééditions.
Joyeux Noël !
Aujourd’hui, Sélection Universal Music




Le 08/12/2025
Yannick MILLON
 

  • SĂ©lection Harmonia Mundi et Alpha
  • SĂ©lection VoilĂ  Records
  • SĂ©lection C Major (I)
  • SĂ©lection C Major (II)
  • SĂ©lection Palazzetto Bru Zane
  • SĂ©lection Discothèque idĂ©ale Diapason
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      (ex: Harnoncourt, Opéra)


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     SĂ©lection Discothèque idĂ©ale Diapason

    Discothèque idéale : Schumann





    La Discothèque idéale de Diapason
    Volume XXXIII
    Robert Schumann (1810-1856)
    Musique de chambre
    Lieder
    10 CD La Discothèque idéale de Diapason


    Une décennie déjà que sont nés les coffrets La discothèque idéale de Diapason, lancés en 2014 autour de la musique de chambre de Mozart. Le principe : une boîte thématique d’une dizaine de CD remplis d’interprétations historiques sélectionnées par les critiques du mensuel et quelques musiciens de notre temps. Onze ans plus tard, la formule bénéficie de bornes chronologiques plus larges – les enregistrements tombés dans le domaine public s’étendant désormais jusqu’aux premières années de la stéréophonie.

    L’avant-dernier coffret de la collection (Volume 23, 10 CD) est dévolu à la musique de chambre (7 CD) et au Lied schumanniens (3 CD). Les pièces instrumentales les plus substantielles ont droit à deux enregistrements, comme le Quatuor avec piano op. 47, où le Festival Quartet (1956), d’une ferveur intense, se confronte au classicisme de l’équipe réunie autour de Rudolf Kolisch (1937). Impossible de les départager dans le Scherzo, ou dans le Sostenuto assai initial, tantôt comme en écho du mouvement lent du Quatuor n° 15 de Beethoven, tantôt dans l’esprit du choral luthérien.

    Mêmes passionnantes comparaisons dans le Quintette avec piano op. 44 entre les Pro Arte avec Schnabel (1934), d’une ossature implacable matinée de petites souplesses, et les Hollywood avec Aller (1955), plus lyriques, mais dans les deux cas d’une rare éloquence dans le mouvement lent In modo di marcia. Les trois quatuors sont l’occasion de goûter le détaché mendelssohnien des Curtis dans le Scherzo du n° 1, mais aussi la plastique, inouïe pour 1959, des Italiano dans le n° 3, doublé en outre d’un électrisant live de 1962 du Quatuor Amadeus.

    Les sonates pour violon et piano (Busch-Serkin dans la n° 1 en studio, la n° 2 en concert, avec la gravure alternative, aussi sur le vif, d’un attelage Ferras-Barbizet déchaîné – et qui le paie un peu dans les dernières minutes du Finale) n’ont rien à envier aux trios avec piano (n° 1 et 2 autour d’Oïstrakh – guettez, à 5’20, le son de carillon immatériel du piano de Lev Oborine dans le Mit Energie liminaire du premier – ; n° 3 avec l’équipe Merckel-Tortelier-Hubeau face au célèbre incunable (1928) de Cortot-Thibaud-Casals.

    Le Lied offre un panorama tout aussi passionnant, où les incontournables (Fischer-Dieskau-Moore en live à Salzbourg dans les Kerner en 1954 – avec une ultime refrain dans Stirb, Lieb’ und Freud’ à donner le frisson –, le même DFD avec la très sous-estimée Hertha Klust dans le premier Liederkreis ; un tout jeune Hermann Prey de 33 ans dans le second ; Jurinac dans les Frauenliebe und -Leben) côtoient des raretés comme les Dichterliebe à la rondeur d’émission et aux nasales irrésistibles du Danois Aksel Chiøtz (1946).

    On se délectera aussi de l’art de conteuse de Maureen Forrester dans Die wandelnde Glocke ou Elisabeth Höngen dans Die Kartenlegerin, de la lumière triste et du haut registre touchant de fragilité d’Ernst Haefliger, accompagné par une Jacqueline Bonneau d’un soutien rayonnant dans six Lieder tardifs, ou la distinction royale d’Irmgard Seefried et Erik Werba dans les Marie Stuart en concert à Salzbourg.

    À titre tout à fait personnel, enfin, on eût préféré entendre Widmung et Der Nussbaum par Elisabeth Schwarzkopf, grande absente du coffret, plutôt que sous la ligne un rien candide et moins riche d’arrière-plans de la délicieuse Elisabeth Grümmer. Mais à ce degré de perfection, on est tout à fait conscient d’ergoter…



     
    Discothèque idéale : Dvořák





    La Discothèque idéale de Diapason
    Volume XXXIV
    Antonín Dvořák (1841-1904)
    Musique pour orchestre
    12 CD La Discothèque idéale de Diapason


    Le volume 34, dernier en date de La Discothèque idéale, est consacré, pour la première fois de la série, à Dvořák, dont sont explorées les œuvres pour orchestre (concertos inclus). Sans surprise, les formations tchécoslovaques ou au moins Mitteleuropa (le Philharmonique de Vienne) s’y taillent la part du lion, avec dans les deux cas un cachet inimitable qui renvoie les formations d’Europe de l’Ouest à une forme de monochromie – et pourtant, le Philharmonia et Rafael Kubelík crépitent dans les Variations symphoniques sur le vif à Édimbourg et en studio dans le Scherzo capriccioso. Les phalanges pragoises offrent ici une myriade de sonorités acidulées (clarinettes vertes, hautbois pincés) et d’accents incisifs (timbales, cordes phrasant court).

    L’intégrale des symphonies est en kit comme il se doit. L’Orchestre symphonique de Prague de la fin des années 1950, cursif et svelte, est le dénominateur commun de la première moitié du corpus, conduite par Vaclav Neumann (bien articulé dans 1, 2 et 4) et Václav Smetáček (très pugnace dans 3), quand la Philharmonie tchèque (avec un Karel Šejna très Prés et bocages de Bohême dans 5 et 6, un František Stupka imprévisible et facétieux en concert face à un public crachoteux dans la Symphonie n° 8) et les Wiener Philharmoniker (Constantin Silvestri, volcanique dans la Septième ; István Kertész, très musculeux dans la Nouveau Monde) se partagent les grands opus.

    Si aucune symphonie ne se voit proposer de doublon, c’est le cas pour certaines pièces courtes. On comparera l’ouverture Carnaval de Karel Ančerl avec celle de Kubelík seize ans plus tôt, avec la même Philharmonie tchèque au sortir de la guerre, moins rigoureusement définie mais au parfum tout aussi irrésistible. En termes d’idiomatisme, on retrouve trois des quatre poèmes symphoniques descriptifs – pour La Sorcière de midi, ce sera Václav Talich – sous la baguette de Zdeněk Chalabala, fabuleux chef lyrique ; on n’a jamais fait mieux !

    Les Danses slaves sont données dans la gravure Decca de Kubelík avec les Wiener, merveille parmi les merveilles, distillant un sentiment d’évidence à chaque mesure et d’une virtuosité coloristique sans pareille. L’un des noms que l’on retrouve le plus dans cette sélection, à notre plus grand bonheur, est celui de Karel Šejna, à qui l’on a confié, outre les deux symphonies citées plus haut, les deux premières Rhapsodies slaves, l’ouverture Dans la nature, la Suite américaine et les Légendes op. 59.

    Enfin, si le Concerto pour violon avec Suk et Ančerl s’impose naturellement, les autres choix dans le domaine concertant sortent des sentiers battus. On entendra ici Rudolf Firkušný, héraut du Concerto pour piano, en concert avec Kubelík et l’Orchestre de la Radio de Cologne en 1960, et un Rostropovitch de 25 ans dans sa gravure studio princeps du Concerto pour violoncelle – la plus Europe centrale – avec Talich en 1952. Si vous ne savez pas par quel bout entamer cette somme, commencez par la Sérénade pour cordes avec Talich, d’une pureté de lignes inouïe, et qui plus est parfaitement enregistrée.

     
    Yannick MILLON


     

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