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SELECTION CD 18 aoűt 2019

Cinquante Sacre pour un centenaire



Il y a un siècle jour pour jour, le 29 mai 1913, naissait dans la douleur du scandale le Sacre du printemps de Stravinski, donné alors en création mondiale au Théâtre des Champs-Élysées. Pour célébrer ce centenaire, Altamusica vous propose un passage au crible des coffrets anniversaire et nouvelles parutions de ce chef-d’œuvre de la modernité.


Le 29/05/2013
Yannick MILLON
 

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     Nouvelles parutions

    Rattle-Berlin



    Igor Stravinski (1882-1971)
    Le Sacre du printemps
    Symphonies d’instruments à vent
    Apollon Musagète
    Berliner Philharmoniker
    direction : Sir Simon Rattle
    Enregistrement : Philharmonie, Berlin, 2007-2012
    CD EMI Classics 7 23611 2




    Des quatre nouvelles versions du Sacre, Rattle-Berlin était la plus prometteuse sur le papier. Et pourtant, force est de constater que ce cinquième enregistrement de l’ouvrage par Sir Simon, sans doute supérieur aux quatre précédents, n’est pour autant guère plus fondamental dans la jungle discographique de l’œuvre.

    En cause comme souvent avec le chef britannique, une manie de mettre en avant certains détails arbitraires pour le simple plaisir de faire du neuf, sans que la dramaturgie de la partition ne le réclame – les ralentis au début de la deuxième partie. De la même manière, une alternance de laisser-aller et de surjeu finit par nuire à la cohésion globale.

    Pourtant, il faut bien reconnaître que cette machine symphonique parfaitement huilée sonne divinement, avec rondeur et puissance, portée par des soli en splendeur. On n’en regrettera que plus un manque de verticalité des accords, entraînant immanquablement une carence d’impact des accents sur le long terme – sauf dans la dernière ligne droite de la Danse sacrale, assez exemplaire.

    En complément, les Symphonies d’instruments à vent n’ont jamais autant sonné comme une réplique sismique lointaine du Sacre, aux côtés d’un Apollon Musagète en quasi contresens, grande marée de cordes mahlérienne là où on attendrait un certain néo-classicisme, mais qui a pour avantage de renouveler l’approche d’une œuvre parmi les moins essentielles du compositeur.



     
    Jordan-Opéra de Paris



    Claude Debussy (1862-1918)
    Prélude à l’après-midi d’un faune
    Igor Stravinski (1882-1971)
    Le Sacre du printemps
    Maurice Ravel (1875-1937)
    Boléro
    Orchestre de l’Opéra national de Paris
    direction : Philippe Jordan
    Enregistrement : Opéra Bastille, Paris, mai 2012
    CD NaĂŻve V 5332




    Après une Symphonie alpestre beaucoup trop frenchy (les cuivres) pour s’imposer dans la discographie d’un ouvrage ouvertement germanique, la lune de miel de Philippe Jordan avec l’Orchestre de l’Opéra de Paris trouve un nouvel écho au disque avec ce CD Naïve, qui entoure le Sacre du printemps du Prélude à l’après-midi d’un faune de Debussy et du Boléro de Ravel.

    Alors que le Debussy jouit de la magnifique souplesse de la battue, des couleurs gorgées de lumière de l’ONOP, de vents riches et opulents quoique trop vibrés à nos oreilles, le Ravel ne décolle pas d’une vision souriante, au premier degré, ignorant toute dimension obsessionnelle et tout malaise sous-jacent qui font le sel du Boléro, cantonné ici à une mécanique proprette, tournant à vide, sans tension.

    Quant au Sacre, rendu à sa fonction première de musique de ballet, une option guère étonnante quand on sait que Jordan est le fils d’une danseuse, ses qualités de couleurs et de mouvement – des vents assez somptueux là encore – ne sont guère flattés par une prise de son opaque et étrangement réverbérée, qui ne laisse s’épanouir les timbres que dans les nuances ténues.

    Et si le geste chorégraphique du chef français marche dans le sillon d’un Pierre Monteux, son abus de fusées sur les pointes (ce tout petit piccolo, leggerissimo, dans la Danse sacrale), au milieu d’une sonorité globale plutôt sévère, donne l’impression d’une conception narcissique, mal tranchée – on peine à trouver une cohérence entre les tutti plutôt joviaux des Rondes printanières et les cuivres volontiers âpres du Jeu des cités rivales sitôt après.



     
    Sokhiev-Capitole de Toulouse



    Igor Stravinski (1882-1971)
    L’Oiseau de feu (suite de 1919)
    Le Sacre du printemps
    Orchestre national du Capitole de Toulouse
    direction : Tugan Sokhiev
    Enregistrement : Halle aux grains, Toulouse, 2011
    CD + DVD NaĂŻve V 5192




    Servi par les couleurs claires et franches, les contours bien marqués de l’Orchestre du Capitole de Toulouse, le Sacre de Tugan Sokhiev se pare de couleurs fauves justifiant le couplage avec l’Oiseau de feu, dont il se fait clairement le prolongement. On aurait d’ailleurs aimé entendre le jeune chef dans la version intégrale du premier grand ballet de Stravinski plutôt que dans cette suite de 1919 toujours frustrante.

    On peut toutefois déjà y admirer sa manière experte d’installer un climat d’attente dans l’Introduction et une Ronde des princesses amoureusement dessinée. C’est plutôt dans les grandes apogées (Danse de Katschei, Finale) que Sokhiev peine à tenir la distance par rapport aux meilleurs interprètes (Dorati, Boulez et Gergiev notamment).

    Et si le jeune chef ossète reste parfois en deçà du potentiel dramatique sinon coloriste de la partition, le Sacre trouve dans son geste nerveux et sa griffe rythmique un réel accomplissement. Sans doute flatté par une prise de son plus adaptée, l’Orchestre du Capitole l’emporte dans l’ensemble en splendeur sur celui de l’Orchestre de l’Opéra de Paris, beaucoup plus mat. Un DVD bonus avec l’exécution filmée du Sacre du printemps permet de bien saisir l’accord entre Sokhiev, la mine concentrée, et des musiciens qui répondent illico à ses moindres sollicitations.



     
    Gatti-ONF



    Igor Stravinski (1882-1971)
    PĂ©trouchka
    Le Sacre du printemps
    Orchestre national de France
    direction : Daniele Gatti
    Enregistrement : Paris, juillet 2011
    CD Sony Classical 88725442552




    Sans doute le plus abouti des quatre nouveaux Sacre, celui de Daniele Gatti constitue une belle surprise de la part du chef italien, aux commandes de l’Orchestre national de France depuis 2008 et souvent inégal au concert. La verticalité qui faisait tant défaut à Rattle est ici l’un des points forts d’une lecture à la rythmique impeccable, au très bel impact, et aux couleurs françaises toujours captivantes, notamment chez les bois.

    Impeccable stratification de l’introduction, au basson particulièrement beau, d’un vibrato très contrôlé, chaos remarquablement organisé, cuivres acérés, accents percutants des Adolescentes, rigueur rythmique toujours en ligne de mire, précision des soufflets de cordes du Jeu du rapt, gradations de nuances à l’impact éprouvé, phrasés courts et bien tendus des Rondes printanières, doubles croches frénétiques de la Danse de la terre, la première partie déroule sa dramaturgie de manière imperturbable.

    La seconde fait d’abord valoir la finesse des interventions solistes du National (la flûte en sol, le cor, d’une opalescence presque ravélienne), dépeignant une nature ne dormant que d’un œil, avant de laisser libre cours à des percussions incantatoires dans la Glorification de l’élue et l’Évocation des ancêtres, filant droit, sans chichis. De même, la discipline et la précision de la Danse sacrale sont bien d’une version de haut vol.

    En complément, une lecture tendre, fine et détaillée de Pétrouchka, plus irréprochable encore, fait tout autant honneur aux vents du National, d’une facture inimitable produisant des merveilles dans cette partition douce amère qui gagne tant au sourire triste de cette flûte, au moelleux de cette clarinette, au rire goguenard du basson français. Et dans les mixtures avec le piano, la trompette ou la harpe, cette délicatesse atteint à l’ineffable, en petites touches narratives idéalement associées à l’idée du théâtre de tréteaux. Un grand disque Stravinski.

     
    Yannick MILLON


     

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