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SELECTION CD 20 février 2018

Calendrier de l'Avent 2015



2015 restera l'année où la mise en coffrets du fond de catalogue des maisons de disques s'est généralisée, une manière de relancer un peu l’activité d’un secteur en crise. Altamusica vous propose sous forme d'un calendrier de l'Avent sa sélection de coffrets thématiques parus cette année, mais aussi de captations vidéo de nombreux concerts et représentations lyriques.
Aujourd’hui, Intégrale Richter Universal



Le 01/12/2015
Yannick MILLON
 

  • 1er déc. : Così fan tutte à Salzbourg
  • 2 déc. : Don Giovanni à Salzbourg
  • 3 déc. : Les Originals ont vingt ans
  • 4 déc. : In Memoriam Claudio Abbado
  • 5 déc. : Andris Nelsons à Lucerne
  • 6 déc. : Les Symphonies de Mozart par Hogwood
  • 7 déc. : Chailly dirige la Neuvième de Mahler
  • 8 déc. : Sibelius historique
  • 9 déc. : Sibelius moderne
  • 10 déc. : Le Chevalier à la rose à Salzbourg
  • 11 déc. : L'arc-en-ciel Richard Strauss
  • 12 déc. : Les 90 ans de Pierre Boulez
  • 13 déc. : Les 75 ans de Stephen Kovacevich
  • 14 déc. : Mozart on tour
  • 15 déc. : Les 80 ans du National
  • 16 déc. : Claude à l'Opéra de Lyon
  • 17 déc. : Fierrabras à Salzbourg
  • 18 déc. : Mercury volume 3
  • 19 déc. : Beethoven par le Quatuor Belcea
  • 20 déc. : Ferenc Fricsay, volume 2
  • 21 déc. : Paul Dukas et le prix de Rome
  • 22 déc. : Markevitch - ICON
  • 23 déc. : Intégrale Stravinski DG
  • 24 déc. : Intégrale Richter Universal
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      (ex: Harnoncourt, Opéra)


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     12 déc. :
    Les 90 ans de Pierre Boulez

    Un touche-à-tout de génie



    Pierre Boulez – Emotion & Analysis
    Gustav Mahler (1860-1911)
    Symphonie n ° 2 en ut mineur
    Diana Damrau, Petra Lang
    Staatskapelle Berlin
    Anton Bruckner (1824-1896)
    Symphonie n° 8 en ut mineur
    Wiener Philharmoniker
    Europakonzert 2003 à Lisbonne
    Ravel, Mozart, Bartók
    Maria João Pires, piano
    Berliner Philharmoniker
    Inheriting the Future of Music
    réalisation : Günter Atteln & Angelika Stiehler
    Eclat
    réalisation : Frank Scheffer
    A lesson by Pierre Boulez / Sur Incises
    réalisation : Andy Sommer
    Pierre Boulez – Emotion & Analysis
    réalisation : Paul Smaczny & Günter Atteln
    Pierre Boulez live at the Louvre (2008)
    Igor Stravinski (1882-1971)
    L’Oiseau de feu
    Orchestre de Paris
    Classic Archive Pierre Boulez
    Debussy, Schoenberg, Stravinski
    New Philharmonia, BBC Symphony Orchestra
    Daniel Barenboïm and the Chicago Symphony
    Boulez, Debussy, De Falla
    Elisabete Matos, soprano
    direction : Daniel Barenboïm
    Pierre Boulez conducts Modern Classics
    Berg, Debussy, Stravinski
    Christine Schäfer, soprano
    Chicago Symphony Orchestra
    direction : Pierre Boulez
    10 DVD EuroArts 2061008




    Le 26 mars 2015, Pierre Boulez, l’un des artistes français les plus célébrés dans le monde, monument vivant de l’Histoire de la musique par l’acuité de son verbe, la précision de ses analyses, la virulence de ses prises de position, mais aussi l’exceptionnelle qualité de ses compositions comme de ses interprétations au pupitre, fêtait ses 90 ans, retiré dans sa maison de Baden-Baden et trop faible pour participer aux célébrations.

    Euro Arts ressortait pour l’occasion, regroupés dans une boîte cartonnée, l’ensemble des concerts et documentaires de son catalogue consacrés au compositeur-chef d’orchestre. À la baguette, on retrouve donc Boulez d’abord dans son fond de répertoire (la musique du XXe siècle), et chronologiquement, en premier dans un programme Classic Archive bien connu.

    Fêtes et Jeux de Debussy y sont abordés à la tête du New Philharmonia de l’époque Klemperer, dont les qualités ne pouvaient que séduire Boulez qui, loin de toute coquetterie, dirige avec des lunettes de soleil pour contrer les effets d’un zona. Tout aussi précieuses, les Images de Debussy et la Musique d’accompagnement d’une scène de film de Schoenberg (BBC, 1974), typiques de son geste franc, solaire, ultra précis et encore tranchant, ainsi que dans un Sacre du printemps étrangement enregistré (les timbales plus à l’avant que les cordes) mais d’une redoutable efficacité (BBC, 1997), nettement moins désincarné que son ultime enregistrement studio à Cleveland.

    En 2000 à la Triennale de Cologne, le maestro distille sa science intacte au Chicago Symphony dans la Lulu-Suite de Berg, quelques mélodies avec orchestre de Debussy (Christine Schäfer, format adapté mais français moyen, après un miracle pur dans Berg) ainsi qu’un Oiseau de feu intégral bénéficiant d’un geste analytique et des cuivres typiques mais jamais excessifs du CSO.

    En 2003 dans l’église Sainte-Marie de Lisbonne pour l’Europakonzert annuel des Berliner Philharmoniker, Boulez défend un Concerto pour orchestre de Bartók aux timbres scrutés et à la très belle virtuosité, après un Tombeau de Couperin de Ravel merveilleusement détaillé (le hautbois) et presque mélancolique, et un Concerto pour piano n° 20 de Mozart rigoureux, sobre, avec une Maria João Pires tirant des merveilles d’un méchant Yamaha avec ses toutes petites mains et son toucher au sourire triste, typiquement mozartien.

    Enfin, le chef revient en 2008, après une séance d’explications salle Pleyel pour des scolaires très moyennement passionnés, à l’Oiseau de feu intégral sous la pyramide du Louvre, pour s’y laisser aller à plus de douceur, de suavité, de sensualité presque que de coutume, avec un Orchestre de Paris en splendeur et sans troquer trop d’énergie.

    Hors de ses sentiers battus ensuite, dans un répertoire qu’il n’a pratiqué abondamment et enregistré qu’en fin de carrière, il défend une Huitième Symphonie de Bruckner (la même qu’au CD chez DG) captée à la basilique de Saint-Florian en 1996, pour le centenaire de la mort du compositeur, où bien qu’allégeant les lignes et des tutti denses sans être teutons, il laisse chanter le Philharmonique de Vienne dans ce répertoire qu’il pratique depuis toujours, se contentant de mettre en exergue les éléments d’écriture les plus modernes.

    Même sentiment dans la Deuxième Symphonie de Mahler donnée pour son quatre-vingtième anniversaire en 2005 avec la Staatskapelle de Berlin (un concert bien supérieur à l’enregistrement DG un peu plus récent avec des Wiener éteints), où les motifs, morcelés, circulent avec une clarté absolue de la polyphonie, dans un ouvrage défriché avec un geste modulant la pâte sonore sans jamais assécher la rhétorique émotionnelle colossale de l’ouvrage – d’excellents chœurs, de non moins excellentes solistes.

    Comme un bonus, on retrouve aussi le concert de Barenboïm avec Chicago qui complétait celui de Boulez à Cologne, où le chef argentin défendait d’une manière assez personnelle les Notations de Boulez, plus symphoniques, moins cristallines que sous la baguette de son créateur, après une Mer de Debussy un peu épaisse mais non dénuée de charme et un Tricorne étincelant, très méridional, faisant gronder cuivres et tambours de basque comme à la parade.



     
    Boulez compositeur


    Autre facette ensuite avec Boulez le compositeur avide d’éclairer les jeunes générations, et qu’on retrouve rayonnant de joie de partager dans le documentaire sur l’Académie du festival de Lucerne Inheriting the Future of Music, où le vieux maestro dispense son savoir tant à de jeunes chefs en masterclasses, notamment sur le Sacre, qu’à de jeunes compositeurs ou à des instrumentistes d’orchestre jouant ses œuvres.

    Un parcours passionnant et émouvant, où on peut le voir dans des moments précieux, d’abord en répétition puis en excursion en téléphérique sur les sommets suisses surplombant le Lac des quatre cantons, avec une génération très éloignée de la sienne, un peu intimidée par ce vieux monsieur qui appartient déjà à l’Histoire, et que certains ont tout de même du mal à raccrocher à l’époque où il fréquentait Stravinski, si éloignée d’aujourd’hui.

    En Bonus de ce DVD 2, une exécution en concert (avec un court interlude d’explications intégré au montage) de Jeux de Debussy, dans une approche encore bien plus transparente, plus souple aussi, moins moderne à tout prix, que celle de 1968 du DVD 8, et les cinq Notations pour orchestre, qui reçoivent un triomphe du public lucernois.

    Au cœur de cette somme boulézienne trône le documentaire Emotion & Analysis qui a donné son titre au coffret tout entier, écho d’une déclaration du chef expliquant ce qu’il cherche à atteindre dans le Concerto pour orchestre de Bartók qu’on le voit répéter avec les Berliner à Lisbonne. Et d’ajouter que plus l’analyse, plus la connaissance intime d’une partition est grande, plus on peut se permettre de laisser parler le sentiment.

    Il avoue d’ailleurs être devenu avec les années un chef moins formaliste qu’autrefois, se permettant ici ou là un léger rubato, un ralenti non écrit. Très intéressant documentaire au demeurant, qui narre en filigrane les difficiles années d’exil américain et la mort de Bartók à New York, et l’influence de cet ultime séjour sur son écriture orchestrale, beaucoup plus brillante, typique du mode de jeu recherché alors dans le Nouveau Monde. Seul bémol, le DVD ne propose que l’anglais comme surtitrage, le chef s’exprimant en allemand et la narration étant déjà dans la langue de Shakespeare.

    Le documentaire le plus passionnant sur l’art de Boulez compositeur reste sans doute Eclat, du nom de l’un des ses chefs-d’œuvre instrumentaux, abordé ici lors d’une séance de travail du chef Ed Spanjard avec son ensemble contemporain néerlandais (1994). Pièce minimaliste, basée essentiellement sur la résonance, dans la mouvance lointaine du dernier Mahler et surtout des timbres diffractés d’un Webern.

    Donnant ses trucs, explicitant les passages les plus difficiles au chef hollandais, Boulez se livre aussi en interview sur son métier de compositeur, dont il ne pourrait se passer à l’inverse de la direction, sur l’influence de Paul Klee quant aux différents niveaux sonores de son écriture, comme les arrière-plans si travaillés du peintre suisse, et de la triple influence qui l’a permis de se « guérir de la musique occidentale » : le gamelan balinais, le gagaku du Japon et les percussions africaines.

    Toujours garant d’une grande limpidité d’expression, loin de tout discours fumeux ou pseudo philosophique, Boulez évoque son art complexe avec des mots très simples et une pensée pragmatique, loin du conceptualisme dans lequel se réfugient tant de créateurs. Il faut toutefois une certaine inclination à la musique contemporaine pour suivre sans décrocher le documentaire A lesson by Pierre Boulez, où à la tête de l’Ensemble Intercontemporain, le chef se lance dans une conférence avec de multiples exemples à l’appui, puis une exécution intégrale sans interruption de Sur Incises à la Cité de la Musique.

    Au total, dix DVD à chérir, magnifique somme sur l’un des artistes les plus complets de son siècle.

     
    Yannick MILLON


     

  • 1er déc. : Così fan tutte à Salzbourg
  • 2 déc. : Don Giovanni à Salzbourg
  • 3 déc. : Les Originals ont vingt ans
  • 4 déc. : In Memoriam Claudio Abbado
  • 5 déc. : Andris Nelsons à Lucerne
  • 6 déc. : Les Symphonies de Mozart par Hogwood
  • 7 déc. : Chailly dirige la Neuvième de Mahler
  • 8 déc. : Sibelius historique
  • 9 déc. : Sibelius moderne
  • 10 déc. : Le Chevalier à la rose à Salzbourg
  • 11 déc. : L'arc-en-ciel Richard Strauss
  • 12 déc. : Les 90 ans de Pierre Boulez
  • 13 déc. : Les 75 ans de Stephen Kovacevich
  • 14 déc. : Mozart on tour
  • 15 déc. : Les 80 ans du National
  • 16 déc. : Claude à l'Opéra de Lyon
  • 17 déc. : Fierrabras à Salzbourg
  • 18 déc. : Mercury volume 3
  • 19 déc. : Beethoven par le Quatuor Belcea
  • 20 déc. : Ferenc Fricsay, volume 2
  • 21 déc. : Paul Dukas et le prix de Rome
  • 22 déc. : Markevitch - ICON
  • 23 déc. : Intégrale Stravinski DG
  • 24 déc. : Intégrale Richter Universal
     



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