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SELECTION CD 27 mai 2018

Calendrier de l'Avent 2015



2015 restera l'année où la mise en coffrets du fond de catalogue des maisons de disques s'est généralisée, une manière de relancer un peu l’activité d’un secteur en crise. Altamusica vous propose sous forme d'un calendrier de l'Avent sa sélection de coffrets thématiques parus cette année, mais aussi de captations vidéo de nombreux concerts et représentations lyriques.
Aujourd’hui, Intégrale Richter Universal



Le 01/12/2015
Yannick MILLON
 

  • 1er déc. : Così fan tutte à Salzbourg
  • 2 déc. : Don Giovanni à Salzbourg
  • 3 déc. : Les Originals ont vingt ans
  • 4 déc. : In Memoriam Claudio Abbado
  • 5 déc. : Andris Nelsons à Lucerne
  • 6 déc. : Les Symphonies de Mozart par Hogwood
  • 7 déc. : Chailly dirige la Neuvième de Mahler
  • 8 déc. : Sibelius historique
  • 9 déc. : Sibelius moderne
  • 10 déc. : Le Chevalier à la rose à Salzbourg
  • 11 déc. : L'arc-en-ciel Richard Strauss
  • 12 déc. : Les 90 ans de Pierre Boulez
  • 13 déc. : Les 75 ans de Stephen Kovacevich
  • 14 déc. : Mozart on tour
  • 15 déc. : Les 80 ans du National
  • 16 déc. : Claude à l'Opéra de Lyon
  • 17 déc. : Fierrabras à Salzbourg
  • 18 déc. : Mercury volume 3
  • 19 déc. : Beethoven par le Quatuor Belcea
  • 20 déc. : Ferenc Fricsay, volume 2
  • 21 déc. : Paul Dukas et le prix de Rome
  • 22 déc. : Markevitch - ICON
  • 23 déc. : Intégrale Stravinski DG
  • 24 déc. : Intégrale Richter Universal
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      (ex: Harnoncourt, Opéra)


  •  

     18 déc. :
    Mercury volume 3

    Finis coronat opus



    Mercury Living Presence
    The Collector’s Edition 3

    Minneapolis Symphony Orchestra, London Symphony Orchestra, Detroit Symphony Orchestra…
    Antal Dorati, Paul Paray, Stanislaw Skrowaczewski…
    53 CD Mercury Living Presence 478 7896




    Mercury Living Presence, troisième et dernier acte, ou comment clore en beauté la réédition d’un corpus fondamental de l’histoire de l’enregistrement sonore avec cette ultime boîte carrée au liséré vert (le volume 1 était bleu, le volume 2 rouge), garnie comme la précédente d’un épais livret reprenant le contenu de chaque disque avec toutes les informations techniques possibles (contrairement à celui du volume 1 qui ne présentait que texte historique et biographies).

    Et, pour couronner cette somme, une habile stratégie de marketing, car si le volume précédent comportait presque une moitié de disques orphéoniques non destinés principalement à nos lecteurs, cette dernière box les réduit à la portion congrue (un cinquième à peine des 53 CD), et permet de disposer enfin de tout ce qui manquait du legs Mercury de deux chefs : Paul Paray et Antal Dorati.


    Paray, la rigueur aristocratique


    On ne dira jamais assez à quel point les faces gravées par un Paray au sommet de ses moyens sont précieuses par leur totale absence d’emphase comme de complaisance, leur rigueur métrique, leur galbe orchestral prodigieux de fine densité, avec des cordes toujours élancées, des cuivres coupants, sans bavures, des bois très timbrés et merveilleusement expressifs.

    Preuve du domptage du chef français, l’Orchestre de Détroit apparaît sous ses plus beaux atours, dans des enregistrements qui demeurent un modèle de motricité, bénéficiant du meilleur des techniques de jeu virtuose des orchestres américains mais avec une couleur globale jamais démesurément yankee, grâce à des chefs de pupitres souvent issus du vieux continent.

    On replongera donc avec un bonheur sans mélange dans tout ce qu’a laissé au studio le maestro alors largement septuagénaire mais frais comme un jeune homme : la moins teutonne des Symphonie en ré mineur de Franck, une Réformation de Mendelssohn d’une pulsation continue, intacte aussi dans des extraits du Songe d’une nuit d’été d’une finesse inimaginable, des pages symphoniques de Wagner d’une clarté toute latine, une Symphonie de Chausson nerveuse et tendue, une Nouveau Monde de Dvořák dans la mouvance de Toscanini, une Deuxième de Sibelius transparente, jusqu’à ce cancan d’Orphée aux Enfers d’une classe absolue, mélange inouï de rigueur technique et de décontraction du climat, dirigée comme les jambes croisées à une table du Moulin rouge.

    Sans oublier la plus révolutionnaire de ses interprétations : celle des symphonies de Schumann, ramenées au poids de l’orchestre d’un Mendelssohn, d’un classicisme des proportions absolument sans commune mesure, d’une énergie farouche grâce à des tempi souvent prestes, dans une expérience musicale qui ne laissera personne indifférent.


     
    Dorati, l’empoignade sanguine


    Si sept CD sont consacrés au chef français, Antal Dorati occupe pas moins de vingt disques, qui à l’écoute rapprochée ont bien une énergie de direct justifiant le qualificatif Living Presence du label, et rappelle à quel point le Hongrois reste l’un des meilleurs chefs de l’histoire du disque, que ce soit ici à la tête du London Symphony ou à plus forte raison de l’Orchestre de Minneapolis, ce dernier finalement plus typique encore du son Mercury, et quelque part dans une esthétique plus proche des enregistrements Paray, avec ce même tranchant vertical des accords, cette même pâte sonore finement musculeuse, ces mêmes attaques à la pointe sèche.

    On retrouvera donc ici autant de gravures légendaires, au premier rang desquels les quatre symphonies de Tchaïkovski qui manquaient encore : une Cinquième relativement classique, très économe en électricité d’abord, pour mieux imploser à la fin, et une trilogie de premières symphonies donnant tout simplement envie de se débarrasser de toutes les autres versions, à l’exception de Markevitch LSO, tant on a affaire à des lectures modèles et définitives, respirant avec un naturel fou et une vie intérieure de chaque instant.

    Le bouillant Hongrois sera tout aussi brillant dans des Richard Strauss survoltés, diablement efficaces, et avec une image sonore jamais grasse, d’une énergie parfois brute de décoffrage, notamment dans un Till grinçant jusqu’au sadisme et un Don Juan d’un élan continu, mais aussi dans des Wagner plus musclés que ceux de Paray. Quant au CD d’ouvertures italiennes, il confirme encore notre légère préférence globale pour les enregistrements Minneapolis (des Rossini millimétrés), plus lestes que des Verdi londoniens traînant parfois un peu.

    Les pièces de caractères et autres poèmes symphoniques se déroulent également sous une poigne de fer (Capriccio espagnol de Rimski, plein de ruades de percussion, de tutti fracassants), mais aussi parfois avec une poésie inattendue (une Valse triste prenant son temps, une Moldau contemplative frôlant les quatorze minutes, une Shéhérazade limpide, captivante comme un conte des Mille et une nuits, aux couleurs nocturnes envoûtantes).

    Quant aux Brahms avec le LSO, ils rappelleraient, en plus sanguins, les Schumann de Paray : phrasés courts, clarté polyphonique totale, sens de la pulsation loin de tout romantisme asthmatique et brumeux, d’une tension dans les coups d’archet qui donne une nouvelle jeunesse à ces pages souvent confisquées par des lecteurs neurasthéniques.


    Quelques inédits


    Restent par ailleurs, preuve de la magie de Noël qui approche, cinq disques Dorati inédits au CD, dans une somptueuse mono, dont des Respighi de premier choix (les rarissimes et passionnants Vitraux d’église, les Fêtes romaines), des Variations concertantes de Ginastera pointillistes, d’une impressionnante qualité de staccato, une belle Troisième Symphonie de Copland, la première version de l’Ouverture 1812 de Tchaïkovski (le Capriccio italien est quant à lui exactement la même bande que celle du volume 1, mais en mono) au moins aussi déjantée que l’enregistrement stéréo bien connu, mais aussi une Héroïque de Beethoven à Minneapolis très moderne, longueur d’archet minimale, en ruptures nettes et accords abrupts, ainsi qu’un nouveau remastering des Quatre Suites de Tchaïkovski avec le Philharmonia (1966), monument de gourmandise.

    Cette dernière fournée inclut aussi les quelques sessions assurées par Stanislaw Skrowaczewski, dans une Symphonie Italienne superbement propulsée, bien plus réactive que les Mendelssohn assez ternes de Dorati (Symphonie Écossaise, Hébrides), ses seules faiblesses du lot, ainsi que trois symphonies de Schubert (5, 8 et 9) équilibrées, verticales et chantantes à la fois, complétées par une non moins intéressante Sixième par Hans Schmidt-Isserstedt.

    En sus des disques plus ou moins hors classique déjà évoqués, dirigés par Federick Fennell ou Howard Hanson (en tout 10 CD), on trouvera enfin, en queue de coffret, quelques enregistrements mythiques réalisés par l’équipe Mercury mais publiés initialement chez Philips, comme les concertos de Liszt par Richter-Kondrachine, les sonates de Beethoven par Rostropovitch-Richter, le CD de mélodies russes (Moussorgski, Tchaïkovski, Prokofiev) de Vichnevskaïa-Rostro, ainsi que les premiers Chostakovitch (Quatuor n° 4 et 8) des Borodine, jamais parus sur support digital.

    Et à moins qu’il ne s’agisse d’une remasterisation différente, ce qui ne saute vraiment pas aux oreilles, on trouvera dans ce volume 3 un doublon, le CD Berlioz de Paray, déjà présent dans le volume 1. Le tout dans les prises de son d’orchestre les plus célébrées de l’histoire du disque classique, donnant à chaque instant l’impression d’être au concert, à la place du chef, avec un relief instrumental inégalé. Absolument incontournable (surtout vu le prix pratiqué actuellement par une grande enseigne Internet transalpine...) !

     
    Yannick MILLON


     

  • 1er déc. : Così fan tutte à Salzbourg
  • 2 déc. : Don Giovanni à Salzbourg
  • 3 déc. : Les Originals ont vingt ans
  • 4 déc. : In Memoriam Claudio Abbado
  • 5 déc. : Andris Nelsons à Lucerne
  • 6 déc. : Les Symphonies de Mozart par Hogwood
  • 7 déc. : Chailly dirige la Neuvième de Mahler
  • 8 déc. : Sibelius historique
  • 9 déc. : Sibelius moderne
  • 10 déc. : Le Chevalier à la rose à Salzbourg
  • 11 déc. : L'arc-en-ciel Richard Strauss
  • 12 déc. : Les 90 ans de Pierre Boulez
  • 13 déc. : Les 75 ans de Stephen Kovacevich
  • 14 déc. : Mozart on tour
  • 15 déc. : Les 80 ans du National
  • 16 déc. : Claude à l'Opéra de Lyon
  • 17 déc. : Fierrabras à Salzbourg
  • 18 déc. : Mercury volume 3
  • 19 déc. : Beethoven par le Quatuor Belcea
  • 20 déc. : Ferenc Fricsay, volume 2
  • 21 déc. : Paul Dukas et le prix de Rome
  • 22 déc. : Markevitch - ICON
  • 23 déc. : Intégrale Stravinski DG
  • 24 déc. : Intégrale Richter Universal
     



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