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SELECTION CD 17 novembre 2018

Anniversaire Sibelius
Discographie comparée :
Quatrième Symphonie


© Visit Finlande


Deuxième week-end de janvier 2015. Loin de Paris, entourés de sapins aux faux airs finlandais, Pierre-Emmanuel Lephay, Benjamin Grenard et Yannick Millon passent au crible 15 versions de la Quatrième Symphonie, chef-d’œuvre de désolation écrit en 1911 par Sibelius qui se savait atteint d’un cancer de la gorge qui ne devait pas l’empêcher de vivre quarante-six années encore.


Le 08/12/2015
Yannick MILLON
Benjamin GRENARD
Pierre-Emmanuel LEPHAY

 

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     Troisième tour

    Version Sanderling




    BG : On a beaucoup écrémé, et il y a désormais des chances qu’on ne soit plus déçu par les versions qui restent. Celle-ci me plaît toujours. Très belle lisibilité orchestrale, le propos avance bien. Continuité dans l’enchaînement des idées. Bon compromis entre l’objectivité par rapport à la partition et une approche sensible. Toujours alerte, vivant, jamais dans la démonstration ostentatoire. Grande maîtrise. Bon équilibre, homogénéité, et une touche de fantasque dans les solos de clarinette.

    YM : Version cohérente d’un bout à l’autre. C’est dans ce mouvement, plus encore que dans le Scherzo, que l’on peut agir le plus par petites touches. Ici, on conserve tout du long une angoisse sous-jacente, un mal rampant, une atmosphère douce-amère, un sentiment de déliquescence. L’éloignement de la fin est très bien rendu. Premier solo de violoncelle parfaitement dans le caractère. Il existe des versions plus virtuoses, plus véloces, mais cette pâte sonore trapue ne paraît jamais déplacée.

    PEL : Je suis décidément un peu gêné par l’orchestre, que je ne trouve pas très beau. Bien articulé, mais tourne à vide à milieu. Il me manque l’aspect catastrophique, cataclysmique, le poids du destin à la toute fin. J’entends plutôt de la résignation. Je préfère les versions plus radicales. Sanderling défend une position très défendable, mais qui ne me touche pas.




     
    Version Vänskä




    YM : Ite missa est ! Continue sur sa lancée, proprement extraordinaire. Expressif et en même temps très précis quant au respect des indications de la partition. On est presque frustré par la fin tellement en mesure, toute droite, comme indiqué. Plus moderne que le ralenti morendo postromantique. Attention du chef à tous les modes de jeux demandés aux instrumentistes. Aspect mélodie de timbres, glockenspiel très cristallin, qui crée des lignes de fuite magistrales avec les vents. Moins incarné, beaucoup plus étrange que Sanderling, infiniment plus finlandais aussi. Tuilages, alliages sonores inouïs, l’orchestre ne pèse rien.

    PEL : Vision plus moderne et dramatique, mais pas dans le sens traditionnel du postromantisme. Très allégé et dramatique en même temps, extrêmement précis, aucune facilité, tout est tiré au cordeau. Un peu glacial mais en rien inexpressif. J’ai retrouvé le poids du destin final que je cherchais. La fin est très inquiétante, sans ralenti. C’est magistral !

    BG : Même enthousiasme pour moi. Douceur et personnalisation des timbres incroyable. Grand confort d’écoute, manière d’animer les sons avec une tension juste. Aérien et présent, structuration de la masse sonore belle et simple. Tombe sous l’évidence. La musique paraît facile. Grande fluidité dans la conduite du discours et quand ça s’incarne davantage, c’est mûrement pesé. Brillant mais pas clinquant, jamais démonstratif. Rencontre idéale de la matière et de l’esprit, du ciel et de la terre.




     
    Version Barbirolli




    PEL : Pâte plus épaisse, expressionnisme plus traditionnel, côté parfois appliqué des pizz, des trémolos, des fusées montantes et descendantes des cordes, qui retire un peu de tension. Ostinati plus concrets et appliqué. Côté parfois éperdu, généreux, que j’aime assez. Passage chaotique avant de la fin avec effets téléphonés. Sauts de septième du hautbois pas très beaux.

    BG : Cela reste très bien, une vision plus dramatique, plus noire, l’atmosphère est tendue façon premier XXe siècle. Je craignais la mise en place en raison des scories du mouvement précédent, mais finalement, cela passe bien. Plus acéré chez les cuivres, mais j’aime la vision, en optique non finlandaise. Je trouve le son pas trop cultivé, donc pas trop occidental non plus. Glockenspiel bien dosé, intégré aux tutti.

    YM : Pas le degré d’évidence de la version précédente, mais quand on fait le point sur les quatre mouvements, version très cohérente. On retrouve les timbres coupants, grisants, l’orchestre rumine beaucoup, les cordes sont chauffés à blanc. Quelque chose de tellurique, à la frontière de plaques tectoniques. Les crescendi viennent de loin et vont loin. Cors bouchés pas indiqués dans la partition. C’est un univers sauvage et dangereux, avec des appels de hautbois façon oiseau affolé annonçant une catastrophe naturelle.




     
    Version Segerstam




    BG : Encore une magnifique version, qui tombe sous le sens. La musique paraît évidente, naturelle, très bel orchestre, bois magnifiques à la fin. Montre que les Finlandais sont un peuple incontournable au niveau de l’interprétation musicale. À la fois puissant et léger, avec une matière orchestrale cotonneuse. Le tout est très bien conduit. J’ai une préférence pour Vänskä, mais cette version reste aussi essentielle.

    YM : On reste dans le côté finlandais, dans les couleurs, les textures, la conception du son. Mais pour moi, Segerstam marque un léger recul dans ce Finale. J’ai décroché à plusieurs moments. J’aime le fait qu’il commence attacca après le mouvement lent. Par rapport à la grande ligne de Vänskä, on est ici face à un discours plus en ruptures, en petites cellules, qui se perd un peu plus. Conception plus ludique, un peu séductrice, qui me convainc moins. Ralentit beaucoup à la fin, en contradiction avec la modernité du reste de la version.

    PEL : J’aime au contraire beaucoup cette manière d’alourdir d’un coup le climat, ça devient pesant, les silences deviennent habités. Course à l’abîme au début, côté Damnation de Faust, c’est haletant, très beau, avec des timbales précises, des cors présents. De même qu’il faut absolument un chœur finlandais pour Kullervo, il faut vraiment un orchestre finlandais pour jouer Sibelius. Ostinato bien modelé, tout tend vers la fin. Je ne saurais pas choisir entre la fin de Vänskä et celle-ci.



    Après ces heures d’écoutes et d’analyses, vous pouvez découvrir le palmarès de la discographie comparée Altamusica de la Quatrième Symphonie de Sibelius.

     

     

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