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SELECTION CD 21 février 2018

Un Enlèvement peut en cacher deux autres



Le Singspiel qui fit tant pour la renommée de Mozart est sous les feux de l’actualité, avec pas moins de trois versions récentes de l’Enlèvement au sérail venant étoffer une discographie moins abondante que celle de la trilogie Da Ponte ou de la Flûte enchantée. Jacobs, Nézet-Séguin et Rhorer s’affrontent avec le même constat : directions passionnantes mais distributions moyennes.


Le 28/07/2016
Yannick MILLON
 

  • René Jacobs
  • Yannick Nézet-Séguin
  • Jérémie Rhorer
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     Yannick Nézet-Séguin

    Yannick Nézet-Séguin





    Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791)
    Die Entführung aus dem Serail
    Diana Damrau (Konstanze)
    Rolando Villazón (Belmonte)
    Franz-Josef Selig (Osmin)
    Paul Schweinester (Pedrillo)
    Anna Prohaska (Blonde)
    Thomas Quasthoff (Pacha Selim)
    Vocalensemble Rastatt
    préparation : Holger Speck
    Chamber Orchestra of Europe
    direction : Yannick Nézet-Séguin
    Enregistrement live : Festspielhaus, Baden-Baden, 07/2014
    2 CD Deutsche Grammophon 479 4064


    Après l’analyse du coffret Jacobs et sa vraie vision artistique, on ne peut qu’aborder la version Nézet-Séguin avec le sentiment d’une affiche all stars, bien plus commerciale, dénuée a priori de questionnement sur l’adéquation entre les chanteurs et les rôles. On a beau savoir que c’est la présence de Rolando Villazón dans ce cycle Mozart de Baden-Baden qui a valu la présence des micros de DG, comment cautionner la vocalité du ténor mexicain au premier plan dans un répertoire aussi éloigné du sien, où d’emblée son style jure avec l’écriture mozartienne ?

    Ne tournons pas autour du pot, ce petit sanglot dans la voix, cette tendance à la surexpressivité de chaque attaque, ces prises par-dessous généralisées qui seraient intolérables même dans Verdi, contrecarrent à chaque instant la ligne mozartienne, massacrée par tant d’ardeur latine. Pour ne rien dire de l’allemand, consciencieux mais toujours exotique chez un artiste incapable de prononcer un « ach ! », et de ce petit contre-ut tellement incongru lâché à la toute fin du I.

    L’autre tête d’affiche, moins hors sujet, n’en demeure pas moins problématique, car à l’évidence, la Konstanze de Diana Damrau vient dix ans trop tard. L’émission élargie, le vibrato accusé sur les tenues, le timbre épaissi ne sont plus ceux du personnage, auquel l’Allemande confère en outre une sorte de dignité froide éloignée des états d’âme, du caractère à fleur de peau requis, quand bien même la vocalise reste aisée. Le constat est sans appel après la réécoute des mêmes airs gravés avec Rhorer pour Virgin en 2008.

    Le reste du plateau s’avère plus satisfaisant, tant le Pedrillo mordant de Paul Schweinester, bon format, excellent capital sympathie, que l’Osmin diesel, parfois un peu dépassé par la vélocité (les cordes vocales mettent toujours du temps à s’accoler) de Franz-Josef Selig, belle stature digne, loin des bouffons décérébrés, en passant par le Pacha Selim magnifique d’autorité calme de Thomas Quasthoff. Reste le cas de l’extra-terrestre Anna Prohaska, sourde et piquante à la fois, Blondchen bien trempée mais chant étrange, couleur indéfinissable, qui ne parvient pas ici à dépasser les limites de l’instrument comme dans la Despina du Così de Nézet-Séguin paru l’année passée.

    Quant à la direction du Canadien, elle a appris la leçon chez les baroqueux et propose le même pianoforte intrusif que chez Jacobs, tout en lorgnant vers un parfait classicisme, avec un Orchestre de Chambre d’Europe de première classe, mais au final sans grande prise de risque, affichant au moins de bons tempi (hormis un Martern aller Arten trop retenu et un duo final ahané, qui ne parvient pas à désengluer un couple Damrau-Villazon à côté de la plaque) mais ignorant les zones d’ombre révélées par ses confrères-concurrents du moment.

     
    Yannick MILLON


     

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