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SELECTION CD 13 décembre 2017

Cadeaux de Noël 2017



À l’approche des fêtes, Altamusica vous propose pendant la période de l'Avent une sélection de DVD-Blu-ray et de coffrets CD puisée dans les parutions particulièrement marquantes de l'année. Au total pour cette édition 2017, une quinzaine d'objets discographiques et vidéographiques répartis sur le mois de décembre qui feraient de très beaux cadeaux de Noël pour vos proches.

Aujourd’hui, 3 coffrets DVD de Danse chez BelAir



Le 01/12/2017
Yannick MILLON
 

  • Uthal d'Étienne-Nicolas Méhul
  • Turandot à la Scala
  • Sélection La Dolce Volta
  • Fritz Busch à Glyndebourne
  • DVD Danse BelAir
      [ Toutes les parutions ]


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      (ex: Harnoncourt, Opéra)


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     Sélection La Dolce Volta

    La sérénité lumineuse de Fauré



    Gabriel Fauré (1845-1924)
    Ballade pour piano et orchestre en fa# majeur op. 19
    Nocturne n° 2 en si majeur op. 33
    Pelléas et Mélisande, suite d’orchestre op. 80
    Nocturne n° 4 en mib majeur op. 36
    Nocturne n° 11 en fa# mineur op. 104
    Fantaisie pour piano et orchestre op. 111
    Philippe Cassard, piano
    Orchestre national de Lorraine
    direction : Jacques Mercier
    Enregistrement : Arsenal, Metz, juillet 2016
    1 CD La Dolce Volta LDV 32




    Avant de nous attarder dans quelques jours sur une somme pianistique de première importance publiée par ce label, balayons déjà une année de sorties de CD simples chez La Dolce Volta, maison fondée en 2011, reconnaissable par ses beaux digipacks mats et épais refermés par un petit bandeau en carton. En quelques années, le label à la vespa s’est remarquablement implanté dans le paysage discographique français, à la fois en rééditant quelques merveilles du défunt catalogue Calliope, et en proposant son lot de nouveautés pianistiques.

    Dernière en date, l’anthologie Fauré du pianiste Philippe Cassard et du chef d’orchestre Jacques Mercier, unis dans la Ballade op. 19 et la Fantaisie op. 111, et chacun de leur côté pour trois nocturnes, la suite de Pelléas et l’ouverture de Pénélope. Un bouquet remarquable trouvant le juste ton de la sérénité, d’une douceur de vivre rehaussée par une prise de son chaleureuse, enveloppante, avec ce parfum inimitable des premières années de la Belle Époque dans la Ballade où piano, violoncelles et flûte s’enlacent dans une rêverie lumineuse si naturellement française. À l’autre extrémité de la carrière du compositeur, dans les dernières heures de la Première Guerre mondiale, la Fantaisie offre un caractère plus cyclothymique et concertant qui n’empêche pas soliste et orchestre de rivaliser de raffinement.

    Philippe Cassard nage avec aisance dans les atmosphères douces-amères qui traversent l’œuvre pianistique fauréen, avec un art du clair-obscur, de la nonchalance (Nocturne n° 4) qui sont le cœur même de l’esthétique fauréenne, transcendée par la densité polyphonique insufflée au plus tourmenté Nocturne n° 11, dédié à la mémoire de la bru d’Édouard Lalo. Les pièces purement orchestrales ne sont pas en reste grâce aux teintes transparentes de l’Orchestre national de Lorraine, que le coloriste Jacques Mercier, en quinze ans, a hissé à un excellent niveau et à un degré de subtilité qu’on n’avait rarement entendu dans la Fileuse ou la Sicilienne – cette harpe impalpable – de la suite de Pelléas et Mélisande, dans la ligne de tension de cordes fines et affûtées, de cuivres sur le fil, dans les entrelacs harmoniques du prélude de Pénélope, unique opéra du compositeur.



     
    Loin des contingences terrestres



    Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791)
    Fantaisie en ut mineur KV 475
    Sonate pour piano n° 14 en ut mineur KV 457
    Sonate pour piano n° 13 en sib majeur KV 333
    Menahem Pressler, piano
    Enregistrement : Conservatoire de Paris, octobre-novembre 2016
    1 CD La Dolce Volta LDV 34




    Pilier du plus célèbre trio avec piano de la seconde moitié du XXe siècle, qui fêtera tout prochainement son 94e anniversaire, le pianiste Menahem Pressler, reconverti sur le tard dans une très belle carrière de soliste, suit son bonhomme de chemin hors de toute mode, comme en témoigne le formidable été indien qu’il vit avec la Dolce volta. Après une Sonate n° 18 de Schubert à marquer d’une pierre blanche, puis un premier volume Mozart, il continue sur sa lancée avec ce qui se ressemble de plus en plus à une intégrale en cours des sonates du prodige de Salzbourg. Et n’a pas peur de prendre son temps, de se focaliser sur l’essentiel, de laisser constamment chanter la dimension céleste du langage mozartien.

    Il n’y a donc pas ici les grandes notes et les petites, chacune focalisant l’attention du pianiste, s’intégrant au grand tout avec un potentiel expressif poussé à son acmé. Tout au plus peut-on y perdre ici ou là, dans le premier mouvement de la Sonate n° 13, un léger relief de la phrase, compensé dans l’Andante cantabile qui suit par un toucher d’une ineffable poésie à peine perturbée à deux reprises par l’insinuation du doute dans les notes répétées tel un glas à la main gauche. Et quelle majesté dans cet art de soutenir chaque son jusqu’à son extinction !

    On ne cherchera donc dans ce Mozart aucune effronterie, aucun brillant facile, aucune volubilité charmeuse, pour atteindre la substantifique moëlle de l’expressivité. Une grandeur austère, rentrée et interrogative traverse la Fantaisie en ut mineur, au climat de sérieux absolu, concentré sur la densité harmonique, aux septièmes diminuées jamais assénées. Et peu importe si les trois œuvres choisies s’étalent en durée plus que de coutume, l’introspection dont elles sont parées étant appelée à faire date – Sonate n° 14.

    Soulignons enfin la qualité de la prise de son, due à deux élèves du Conservatoire national supérieur de Paris, qui ont su donner à ce jalon de l’interprétation mozartienne un sentiment d’espace intégré à l’intimité de l’instrument solo, dont le chant est capté de près avec un maximum de chaleur.



     
    Bouillonnant Schumann



    Robert Schumann (1810-1856)
    Fantaisie pour piano en ut majeur op. 17
    Kreisleriana op. 16
    Jean-Philippe Collard, piano
    Enregistrement : Cité de la musique, Soissons, avril 2016
    1 CD La Dolce Volta LDV 30




    Spécialiste de Chopin et Fauré, Jean-Philippe Collard, à ne pas confondre avec son homonyme Catherine Collard, grande schumannienne du disque, revient dans cet album la Dolce volta au compositeur romantique allemand par excellence, avec le couplage idéal, pratiqué par tant d’interprètes au concert, de la Fantaisie et des Kreisleriana, absolument contemporains.

    L’entrée en matière dément l’image d’Épinal d’un interprète spécialisé dans le diaphane, avec un jeu viril, puissant, du grand piano orchestral comme le soulignait notre confrère Gérard Mannoni lors d’un récital à la salle Gaveau, dans une approche plus adaptée au foisonnement de la Fantaisie qu’aux méandres maladifs des Kreisleriana, dont les zones d’ombre appellent un toucher plus divers.

    Large résonance, polyphonie empoignée, les emportements romantiques déferlent sur l’op. 17, dont les plages plus méditatives sont parées d’un rubato très intégré à la ligne de chant mais dénué des suspensions, d’une vraie liberté agogique qui pourrait nous emmener au bord du vide. Ce piano symphonique envoie bouler les traits introductifs des Kreisleriana, pleins d’une énergie prête à l’implosion, offrant de larges vibrations à la table d’harmonie d’un Steinway dont les aigus ont tendance à claquer.

    Dans cette approche où Florestan est mieux incarné qu’Eusébius, on manquera souvent d’intériorité, de malaise hoffmannien et de délicatesse du toucher dans les pages en demi-teinte, notamment dans le long et difficile n° 2 (Sehr innig), aux caractères contradictoires brusqués par une volonté d’effusion et dont les guirlandes proches de l’esprit du choral revenant comme un refrain s’avèrent bien droites.

    Le meilleur reste toutefois à venir à l’approche du dénouement, où le pianiste trouve son espace dans le pénultième Sehr rasch, tournoiement continu et marche de septièmes propulsée avec un geste éperdu. Et de conclure avec un Schnell und spielend claudicant, aux sinistres résonances graves à contre-temps magnifiquement réalisées. La désarticulation du rythme trouve enfin le ton malade de ce cycle pianistique bien ambigu (dont le n° 3, Sehr aufgeregt, était presque dépourvu), loin du raz-de-marée horizontal initial.

     
    Yannick MILLON


     

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