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SELECTION CD 27 février 2021

Le goût du bonheur et des regrets



Discrètement, en prenant tout son temps, Pierre Boulez est en train de réaliser une intégrale de référence de l'oeuvre de Gustav Mahler. Alors que son dernier enregistrement de la Quatrième symphonie souffrait du choix de la soprano Julianne Banse, ici le couple Violeta Urmana et Michael Schade est idéal.


Le 17/04/2001
Françoise MALETTRA
 

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     Le goût du bonheur et des regrets

    Gustav Mahler : Das Lied von der Erde
    Wiener Philharmoniker
    Direction : Pierre Boulez
    Solistes : Violeta Urmana(mezzo-soprano), Michael Schade(ténor)
    Deutsche Grammophon DG


    C'est pendant l'été terrible de l908 que dans son refuge de Toblac, dans les Dolomites, Gustav Mahler, accablé par la mort de sa fille aînée, sa séparation avec Alma, et sa démission de l'Opéra de Vienne à la suite d'une cabale odieuse menée contre lui, découvre un volume de poèmes chinois du VIIIème siècle : La flûte chinoise.

    On y célèbre l'ivresse du vin, l'amitié, la jeunesse, la beauté des choses de la nature, mais aussi la solitude, la détresse de l'homme, la peur de sa fin : des mots qui résonnent si fort chez le compositeur cet été-là, qu'il va les libérer en quelques semaines dans une symphonie pour deux voix solistes et orchestre : Le Chant de la terre.

    Une oeuvre singulière, où ce que disent le mezzo et le ténor appartient à l'univers très pur de la musique de chambre, tandis que l'orchestre élargit le poème dans une ample méditation, que traversent les échos d'une lointaine musique viennoise, comme autant de brèves allusions à un paradis perdu, pour s'achever dans un finale d'une incroyable douceur, construit sur des vers de Mahler lui-même : "Partout la terre bien-aimée fleurit au printemps, et verdit de nouveau ! Partout et éternellement l'horizon sera bleu. Éternellement
    éternellement !"

    L'interprétation de Pierre Boulez et des Wiener Philharmoniker joue le jeu de la transparence dans le flux mélodique d'une musique qui ne se pose jamais, et suit les humeurs intimes, brusquement changeantes, du compositeur. Elle évolue dans un climat d'ombre et de lumière, absent de toute pesanteur, enchaînant souplement l'exaltation, l'angoisse, ou la simple nostalgie.

    Violeta Urmana et Michael Schade disent les poèmes autant qu'ils les chantent, rêveusement, presque sur le souffle, sans théâtralisation excessive, comme s'ils invitaient l'orchestre à en dire plus, à emmener l'auditeur au-delà des mots, et à lui laisser le choix entre le goût du bonheur et celui des regrets.





     

     

  • Le goût du bonheur et des regrets
     



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