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SELECTION CD 20 octobre 2019

Modeste correspondance




La correspondance de Modeste Moussorgsky est enfin traduite en fran√ßais. Soit 274 lettres qui constituent un document surprenant sur le compositeur et surtout sur l'homme, de l'√Ęge de 18 ans jusqu'√† la mort. Des pages √† lire comme elles ont √©t√© √©crites, √† coeur ouvert, sans retenue, et toujours dans un sentiment d'urgence.



Le 06/06/2001
Françoise MALETTRA
 

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     Modeste correspondance

    Correspondance de Modeste Moussorgsky (1839-1881)
    traduite, présentée et annotée par Francis Bayer et Nicolas Zourabichvili.
    Préface d'André Lischké
    √Čditions Fayard (526 pages ¬Ė 180 F.)


    Cette correspondance accro√ģt singuli√®rement l'image paradoxale de l'homme, orgueilleux et inadapt√©, et celle du musicien, prodigieusement dou√© mais lacunaire, qui cherche passionn√©ment √† saisir les mouvements d'une √©poque qui lui √©chappe, qui interroge, trouve des points d'appui incertains, harc√®le ses amis, mais dont les sp√©culations intellectuelles sont la plupart du temps mises en √©chec par une incapacit√© √† les r√©aliser, qui s'affaiblira d'ann√©e en ann√©e, et que la mort, √† quarante-deux ans, ne suffit pas √† expliquer.

    En 1880, il √©crit : " Si le destin m'offre la possibilit√© d'√©largir les entiers battus qui m√®nent aux buts vitaux de l'art, je serai au comble de la joie et de l'all√©gresse. Mais les exigences que l'art fait peser sur l'artiste contemporain sont si lourdes qu'elles sont susceptibles d'engloutir l'homme dans sa totalit√©. Et pourtant, se donner √† soi-m√™me tout entier aux hommes, voil√† ce qu'on doit faire aujourd'hui dans le domaine de l'art. "

    Pour Andr√© Lischk√©, Moussorgsky offrirait cette particularit√© d'√™tre probablement " le seul compositeur que l'on doit juger autant pour ce qu'il a fait que pour ce qu'il n'a pas fait." Il suffit de lire les lettres au critique Vladimir Stassov, l'ap√ītre du r√©alisme dans l'art, d'un sectarisme dogmatique redoutable, pour mesurer la distance entre ses aspirations, ses convictions, et leurs applications concr√®tes (on serait tent√© dire : tant mieux !).

     



    Il reste que l'on assiste √† l'oeuvre en train de se faire, telle par exemple qu'il s'en ouvre √† Rimsky-Korsakov √† propos de Une nuit sur le mont Chauve, des Enfantines, de la Khovantchina, ou des Tableaux d'une exposition (" les sons et les id√©es planent dans l'air, je les gobe, je m'en goinfre, et c'est √† peine si j'ai le temps de les griffonner sur le papier. On devine ma personne dans les interludes, pour l'instant, je trouve cela tr√®s r√©ussi
     "
    ).

    Rien, h√©las, sur la premi√®re version de Boris. Et puis on d√©couvre le Moussorgski citoyen, pr√©sent aux turbulences politiques et sociales de la Russie d'alors, qui s'engage dans la d√©fense de causes aussi rudes que l'abolition de l'esclavage ou la r√©forme de l'enseignement musical officiel dispens√© dans les conservatoires (" livr√© √† trop d'influences venues d'ailleurs "), le tout sur fond de nationalisme exacerb√©, d'attachement farouche au sol du pays, √† son histoire, au psychisme individuel ou collectif de son peuple (" Il nous faut cr√©er un op√©ra qui soit fondateur de l'identit√© russe ! ").

    J'aime particulièrement les lettres à Mili Balakirev, l'ami indéfectible, avec lequel pourtant il rompra tout lien en 1872 (Balakirev avait émis des réserves sur Une nuit sur le mont Chauve), comme il le fera avec presque tous les membres du Groupe des Cinq, ou les lettres à Ludmilla Chestokova, la soeur de Glinka, la confidente (Vous êtes le refuge sacré de tous les artistes
    ).

    Remarquons enfin la clarté de l'appareil critique et la traduction des lettres qui restitue la saveur de la langue, son extraordinaire effet de proximité
    et sa politesse.

     

     

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