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SELECTION CD 31 octobre 2020

Nouvelles aventures chez Teldec



Le nouveau label ¬ďNew Line¬Ē de Teldec, qui promet de se consacrer √† la musique vivante et aux grands classiques du XXe¬†si√®cle, offre un contrat d'exclusivit√© √† Gy√∂rgy Ligeti, destin√© √† poursuivre l'enregistrement int√©gral de son oeuvre (interrompu chez Sony). 4 CD suivront celui-ci, tous r√©alis√©s avec l'aval du compositeur¬†: un beau cadeau pour ses 80 ans, qui seront c√©l√©br√©s en mai¬†2003.


Le 03/07/2001
Françoise MALETTRA
 

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     Nouvelles aventures chez¬†Teldec

    Intégrale Gyorgy Ligeti
    Melodien pour orchestre (1971)
    Chamber Concerto pour 13 instruments (1969-70) (Corrente ¬Ė Calom,sostenuto ¬Ė Movimento preciso e meccanico ¬Ė presto)
    Schönberg Ensemble
    Direction: Reinbert de Leeuw

    Piano Concerto (1985-88)
    (Vivace molto ritmico e preciso ¬Ė Lento e deserto -Vivace cantabile ¬Ė Allegro risoluto, molto ritmico ¬Ė Presto luminoso)
    Pierre-Laurent Aimard, piano
    Asko Ensemble
    Direction : Reinbert de Leeuw

    Mysteries of the Macabre (1974-77 ; 1991)
    Peter Masseurs, trompette solo
    Asko Ensemble
    Direction : Reinhert de Leeuw
    Teldec New Line ¬Ė 8573-83953-2


    Le premier de la série, qui sort aujourd'hui, est encore une fois l'autoportrait d'un orfèvre amoureux fou de son matériau, qui interroge sa texture sonore jusqu'à ce qu'elle lui livre les clefs de toutes ses métamorphoses possibles.

    Et c'est aussi le Ligeti qui refuse clairement dans les pi√®ces r√©unies ici, l'id√©e d'un quelconque apparentement √† l'h√©ritage (m√™me revisit√©) d'une avant-garde style Darmstadt ann√©es soixante (un nouvel acad√©misme¬†?), dans lequel on l'a longtemps enferm√©¬†: "¬†Je suis le tra√ģtre de la musique moderne. Je ne veux pas accepter les comme elles sont, y compris dans ma propre musique¬†!¬†"

    Les nouvelles r√®gles du jeu qu'il invente dans le Concerto de chambre lui donnent raison. √Čcrit √† l'intention de 13 "¬†vrais¬†" solistes, il en appelle √† chacun d'entre eux pour qu'il marque son territoire, assume ses propres configurations rythmiques, se fonde dans l'autre ou le provoque, tous √©tant somm√©s de tisser une trame musicale extr√™mement sophistiqu√©e et parfaitement homog√®ne. Une d√©monstration de folle virtuosit√© pour la m√©canique de haute pr√©cision qu'est l'Ensemble Sch√∂nberg. Fascinant.

    Quant aux Melodien ce sont de longues phrases orchestrales, o√Ļ les voix entrem√™l√©es glissent ensemble et en un seul mouvement, comme le ferait l'eau d'une rivi√®re entre des rives tr√®s capricieuses, apparaissant, disparaissant, surgissant ailleurs, en s'irisant au passage des couleurs du c√©lesta ou du glockenspiel.

     



    La musique est sensuelle, intemporelle, d'un raffinement inou√Į. Il aura fallu √† Ligeti quatre ann√©es de silence (entre 1980 et 1985), mais d'un silence fertile, pour op√©rer un retour √† l'√©criture dont le piano sera le grand b√©n√©ficiaire, avec le premier cahier des Etudes et le Concerto.

    Changement radical de style¬†: il renonce en partie √† la technique de superpositions des rythmes en strates et aux vitesses contrari√©es, pour ce qu'il nomme "¬†une structure granuleuse, faite d'impulsions rapides et √©gales¬†", √† laquelle la d√©couverte des polyphonies africaines, gr√Ęce aux travaux de Simha Arom, n'est pas √©trang√®re.

    La phrase musicale est libre, les sonorités moins perméables les unes aux autres, les harmonies plus lumineuses, et le piano réapprend à chanter, tout en bousculant allègrement les instruments qu'il pousse dans leurs derniers retranchements et oblige à d'innombrables facéties. Une course poursuite s'engage, échevelée, diabolique, mais inflexible.

    Ligeti qui, avec Pierre-Laurent-Aimard, avait déjà trouvé son interprète idéal dans un premier enregistrement du Concerto avec Pierre Boulez et l'Intercontemporain(DGG) le retrouve ici, encore plus débridé, sous la conduite de Reinbert de Leeuw, un spécialiste en la matière, à la tête de l'Asko Ensemble au bord de l'implosion.

    Les Mysteries of the Macabre qui encha√ģnent vont soumettre les nerfs √† une autre √©preuve : il s'agit en fait d'un arrangement pour trompette des trois airs du chef de la police, extraits de l'op√©ra Le Grand Macabre ( une variante du m√™me morceau avec solo de soprano), r√©orchestr√©s par Elgar Howarth.

    C'est toujours l'atmosphère singulière et inquiétante de ces " funérailles joyeuses du vieux monde agonisant " qui avaient fortement divisé le public lors de la création de l'opéra en 1978. La trompette s'entête obstinément dans les registres suraigus, arrogante, menaçante, contraignant l'orchestre pris en otage à se débattre dans le piège infernal qui lui est tendu. L'exécution de Peter Masseurs touche à la performance.

    D√©cid√©ment, d'aventures en nouvelles aventures, Gy√∂rgy Ligeti, est bien aujourd'hui, et plus que jamais, un ma√ģtre de l'illusion.

     

     

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