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SELECTION CD 31 octobre 2020

Joie avec mélanges



La collection "¬†Artistes R√©pertoires¬†" RCA BMG r√©√©dite en s√©rie √©conomique une version de r√©f√©rence de la Turangalil√† symphonie de Messiaen, √©trangement coupl√©e avec des symphonies d'Albert Roussel. Ici, l'importance du Messiaen dirig√© par Ozawa fait oublier une deuxi√®me galette aux go√Ľts tr√®s m√©lang√©s.


Le 07/07/2001
Eric SEBBAG
 

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     Joie avec m√©langes

    Symphonies de Messiaen et Roussel
    Olivier Messiaen,
    Turangalilà symphonie
    Yvonne Loriod, piano
    Jeanne Loriod, onde Martenot
    Toronto Symphony Orchestra
    Direction : Seiji Ozawa

    Albert Roussel
    symphonies 3 & 4
    Orchestre Philharmonique de Radio-France
    Direction : Marek Janowski

    Bacchus et Ariane, suite n¬į 2
    Boston Symphony Orchestra
    Direction : Charles Munch


    On l'a déjà écrit dans ces colonnes, en plus d'être l'unique symphonie écrite par Olivier Messiaen, la Turangalilà est en quelque sorte " l'Hymne à la joie " du compositeur. Une musique explosive, déferlante, d'une telle complexité rythmique qu'en regard, le Sacre du Printemps ressemble déjà à un exercice de fin d'étude pour chef d'orchestre junior.

    Mais d√©j√† en 1967, Seiji Osawa avait l'√©toffe d'un ma√ģtre. Messiaen a donn√© son aval et ses conseils √† de nombreux interpr√®tes et on se souvient de la version Chung (DGG) √† laquelle il a particip√© de pr√®s avant sa disparition. Comparativement √† cette r√©cente r√©√©dition, elle trahit cependant un caract√®re √† la fois plus c√©r√©bral et plus serein, √† l'image du compositeur lui-m√™me √† moins d'un an de ses retrouvailles avec Saint Fran√ßois d'Assise.

    Avec Ozawa au contraire, la Joie du sang des étoiles n'aura jamais été aussi passionnée, exubérante. L'indispensable précision rythmique est évidemment là, mais le chef nippon donne en plus une sorte d'impulsion irrésistible qui pousse presque littéralement l'auditeur dans le dos. Pour un peu, il faudrait parler de " swing " comme en jazz


    Mais bien avant les jazzmen d'aujourd'hui, Messiaen avait jeté plus d'une oreille dans les traditions musicales asiatiques et peu de version comme celle d'Osawa soulignent cette transformation de l'orchestre classique en gamelan rutilant.

     



    Toutefois, la vision d'Ozawa ne se limite pas à une apparente extraversion. Par contraste, la sensualité exotique (mais finalement universelle) des Chants d'amour et les hypnagogiques passages modérés affirment d'autant mieux cette cité céleste de couleurs sonores dont Messiaen a emporté le secret.

    √Ä c√īt√© de cette irr√©futable Turangalil√† √† placer devant les versions Salonen et Rattle, BMG a cru bon de flanquer un deuxi√®me disque d√©di√© √† Albert Roussel. Au-del√† d'une relative proximit√© chronologique entre les deux hommes, il y a pourtant la distance d'une constellation de Canyons aux √©toiles. Mais surtout, le choix de ces deux symphonies dirig√©es par Marek Janowski n'offre aucun motif de liesse.

    Si l'on doit à dernier d'avoir su discipliner l'Orchestre Philhamonique de Radio-France (l'exploit n'était pas mince), cet enregistrement se restreint à cette unique qualité : la rigueur et la précision rythmique. Jouer la musique colorée et " atmosphérique " de Roussel comme coulée dans le bronze de Bruckner est un splendide contresens. Le Bacchus et Ariane dirigé Charles Munch qui complète cette seconde galette le démontre dès les premières minutes ; cela en serait presque cruel.

     

     

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