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SELECTION CD 31 octobre 2020

Un regain de passion



Amsterdam Baroque Orchestra irréprochable, choeur sans faiblesse, distributions certes inégales (surtout pour les voix d'altos) mais quand même avec des talents aussi sûrs qu'Andreas Scholl ou Christoph Prégardien, que manquait-il donc à l'intégrale des cantates de Bach entreprise par Ton Koopman ? Trois fois rien : du temps pour laisser mûrir la passion.


Le 20/07/2001
Eric SEBBAG
 

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     Un regain de passion

    Intégrale des Cantates de Johann Sebastian Bach, Volume 11
    Cantates BWV 127, 5, 94, 41, 7, 139, 115, 113 et 10.
    Amsterdam Baroque Orchestra & Choir
    Direction : Ton Koopman

    Avec Sibylla Rubens (soprano), Annette Markert (alto), Christoph Prégardien (ténor) et Klaus Mertens (basse).
    3 CD Erato 3984-27315-2 DDD


    Pour l'amateur comme le connaisseur, une intégrale des cantates de Bach est toujours une promesse de félicité tant ces musiques de circonstances et d'offices sont grosses de trésors que les différentes entreprises discographiques (Harnoncourt-Leonhardt et Herreweghe pour les plus dignes de passion, mais aussi Rilling ou Gardiner) n'ont pas réussi à épuiser.

    Malgré quelques réussites aussi exemplaires que sporadiques (en particulier le choeur d'ouverture de la cantate BWV 186, Vol.6), l'intégrale de Ton Koopman pour Erato ne s'est pas montrée jusqu'à présent des plus prodigues.

    À côté des excellents Andreas Scholl, Klaus Mertens, Paul Agnew, Guy de Mey et Christoph Prégardien pas toujours employés au mieux de leurs possibilités, il fallait aussi souffrir de redoutables contre-ténors injustement fâchés avec les hauteurs comme Kai Wessel ou Bernhard Landauer, et des jeunes femmes décidées à se contrir autant que possible les organes pour contrefaire des voix d'enfants.

     



    Mais Koopman lui-même n'était guère mieux à la hauteur du projet et laissait des exécutions hâtives dont la mise en place d'apparence léchée ne dissimulait pas longtemps l'absence de réflexion approfondie sur les partitions. Dégoûté par la cadence d'enregistrement et la légèreté du résultat, le complice de toujours Marcel Ponseele avait fini par se fâcher avec Koopman et ranger son hautbois.

    Est-ce le choc causĂ© par cette dĂ©fection ? Toujours est-il que Koopman semble enfin avoir trouvĂ© sa voie avec ce onzième volume. Le chef nĂ©erlandais s'est enfin dĂ©barrassĂ© de son envie de sautiller Ă  tous bouts de chant et de ne souligner le drame des livrets qu'avec de dĂ©licats entrechats de violon. Il faut Ă©couter les cieux s'ouvrir dans l'air de Basse " Wenn einstens die Posaunen schallen " de la cantate BWV 127 pour rĂ©aliser la conversion

    Mais ici, on doit Ă  la soprano Sibylla Rubens l'inspiration la plus saisissante et pour illustrer des sujets aussi peu indiffĂ©rents que la mort (BWV 127), l'indulgence (BWV 115) ou la puissance (BWV 10) ; sans que jamais celle-ci sacrifie sa fĂ©minitĂ© sur l'autel d'une pseudo puretĂ© enfantine.

    Maillon le plus faible de cette équipe vocale, Annette Markert réussit néanmoins une belle démonstration de miséricorde vocale en duo avec Christoph Prégardien (BWV 10), lequel se montre le plus souvent à la hauteur de son meilleur souffle (dernier récitatif de la même cantate BWV 10) si ce n'est par ailleurs quelques problèmes de vocalises.

    Quant à la suite de cette intégrale, reste à prier pour que Koopman conserve ce même élan de passion.

     

     

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