altamusica
 
       aide















 

 

Pour recevoir notre bulletin régulier,
saisissez votre e-mail :

 
dťsinscription




SELECTION CD 08 mars 2021

Une passion qui cloche



Pape assum√© du post-modernisme, Arvo P√§rt poursuit depuis une quinzaine d'ann√©es son exploration des grandes formes. Ici, c'est l'Oratorio auquel il s'attaque, mais loin de la Passion empreinte de drame √† la Bach, c'est plut√īt √† l'aust√©rit√© pi√©tiste de Schutz que cette Johannes-Passion fait songer.


Le 26/07/2001
Françoise MALETTRA
 

  • Une passion qui cloche
      [ Toutes les parutions ]


  • Les 3 derniers dossiers
  • Les "indispensables" Bach de nos critiques

  • Telefunken Legacy : le nec plus ultra des collections historiques

  • Les derni√®res parutions pour l'ann√©e Bach

    [ Tous les dossiers CD ]


     
      (ex: Harnoncourt, Opéra)


  •  

     Une passion qui cloche

    Johannes-Passion d'Arvo Pärt
    (Passio Domini nostri Jesus Christi secondum Joannem)

    Candomino Choir
    Direction : Tauno Satomaa
    Kari Jussila, orgue
    Jukka Rantamäki, violon
    Marja Talka, hautbois
    Bridget Allaire-Mäki, basson
    Juanne Aalto, violoncelle
    Avec Jorma Hynninen (Jesus), Topi Lehtipuu (Pilatus), Tuuli Lindeberg, Teppo Lampela, Jukka Varii, Hannu Holma (les Evangelistes),

    1 CD Finlandia 8573-87182-2 (Distribution Warner)


    Les grandes formes, Arvo Pärt s'emploie à les déconstruire et à les réduire à une esthétique personnelle, désormais parfaitement identifiable : celle du plus extrême dépouillement et de l'usage modéré des subtilités harmoniques, à laquelle il donne le nom plaisant de style du " tintinnabuli ", se référant au langage austère et statique
    des cloches.

    Sa Passion selon Saint-Jean qui date de 1983 n'y √©chappe pas¬†: musique lisse et nue, qui abolit le temps en lui imposant un long, tr√®s long continuum, o√Ļ seules, d'imperceptibles modulations, r√©p√©t√©es √† l'infini, annoncent le r√©cit de J√©sus, de Pilate et des √Čvang√©listes

    On glisse dans l'espace glac√© d'une d√©ploration archa√Įque, o√Ļ la litanie s'√©tire lentement, tr√®s lentement, jusqu'√† sa dissolution, ranim√©e par de rares accents libres de toute tension dramatique Aucun personnage qui ne prenne le pas sur l'autre, √† peine une stylisation des timbres.

    Il semble que devant la grandeur de l'entreprise, Arvo P√§rt ait voulu annuler sa propre pr√©sence de compositeur, pour ne traduire que l'expression du sentiment mystique qui visiblement le conduisait, reprenant √† son compte la parole de Jean (Chap.3, verset 8)¬†: "¬† Le vent souffle o√Ļ il veut, et tu entends le bruit, mais tu ne sais pas d'o√Ļ il vient, ni o√Ļ il va¬†".

    Les voix sont superbes¬†: elles s'accordent, se d√©saccordent, se contournent, se fr√īlent et se dispersent, pour se reformer en nouvelles configurations et s'acheminer vers la polyphonie de l'Amen final. Le Choeur et les instruments progressent √† leurs c√īt√©s avec une qualit√© qui n'a rien √† envier √† la version r√©alis√©e en 1988 par le Hilliard Ensemble (ECM.1370).

    Reste qu'avant de sombrer dans cet océan de tranquilité on cherchera en vain une quelconque manifestation de passion.

     

     

  • Une passion qui cloche
      [ Toutes les parutions ]
     



  •   A la une  |  Nous contacter   |  Haut de page  ]
     
    ©   Altamusica.com