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SELECTION CD 22 octobre 2019

Vacances en Espagne



Directeur du Staatsoper de Berlin et de l'Orchestre de Chicago, chef au calendrier affolant, Daniel Barenboim est un homme pressé d'embrasser le monde et toute la musique à la fois. Il s'offre parfois des vacances en revenant au piano et l'occurrence au soleil d'Albeniz.


Le 03/09/2001
Françoise MALETTRA
 

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     Vacances en Espagne

    Iberia d'Isaac Albeniz
    Premier cahier : Evocation, El Puerto, Fête-Dieu à Séville
    Deuxième cahier : Rondena, Almeria, Triana
    + Espana (Six feuilles d'album pour piano, Op.165) :
    Prélude, Tango, Malaguena, Serenata, Capricho catalan, Zortzico

    Daniel Barenboim, piano
    1 CD Teldec 8673-81703-2 (distribution Warner)


    Malgré ses activités boulimiques, Barenboim connaît un point d'ancrage qui est sans soude aussi son point d'équilibre : le piano. Depuis toujours, il ne cesse d'y revenir, au concert ou au disque, plus souvent en chambriste au cours de ces dernières années, plus rarement en soliste.

    Avec Isaac Albeniz, il fait son retour au récital, et en même temps un retour dans un univers musical où l'on ne l'attendait pas forcément ; il avait cependant tenté une première incursion dans le répertoire d'Albeniz et de Falla en 1991 en compagnie de Martha Argerich et l'Orchestre de Paris.

    Iberia représente un défi pour tous ceux (ou toutes celles) qui aspirent à marquer de leur empreinte un tel chef-d'oeuvre de la littérature pianistique. Mais l'Espagne d'Albeniz n'est pas que luxuriance et grand soleil brûlant comme il arrive qu'on la donne à entendre. Elle est aussi la vision d'un compositeur en exil, qui rêve, la tête pleine d'images nostalgiques et sombres parfois.

    Et c'est dans ce double éclairage que se situe Daniel Barenboim. Souvent, les rythmes, dans leur sécheresse, ont quelque chose de primitif. Les paysages ont des contours d'une netteté sans défaut, et semblent se découper sur un fond de lumière aveuglante et crue.

    Et puis soudain tout se passe comme si, le texte musical ayant été posé, le musicien cédait la place au peintre, le laissant libérer l'éclat des couleurs de Fête-Dieu à Séville, ou l'énergie de Triana, s'enivrer de la danse andalouse d'El Puerto, ou de la chanson gitane de Rondena, dessiner avec nonchalance les lignes souples d'Almeria


    La musique d'Albeniz respire, lumineuse, polyphonique, envoûtante. On regrette que Daniel Barenboim n'ait choisi que les deux premiers cahiers d'Iberia, au profit des six feuilles d'album d'Espana. Mais on comprend très vite, car il y a là pour le pianiste une chance de plus d'exposer son savoir-faire, en exploitant d'une pièce à l'autre, de tango en Malaguena, et de Serenata en Capricho catalan, tous les registres de l'instrument : sonorités en demi-teinte, virtuosité, cadences faussement improvisées, phrasé romantique.

    Une occasion, en passant, de rappeler les auditeurs au bon souvenir de Liszt, le maître d'Albeniz, et le sien.

     

     

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