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SELECTION CD 27 février 2021

Pérou rossinien



29 ans seulement mais déjà une longue expérience du circuit lyrique, Juan Diego Flórez est le ténor qui monte. Il signe aujourd'hui un premier disque solo Rossini, accompagné de Riccardo Chailly avec lequel il a déjà collaboré pour deux enregistrements (1). On n'avait pas entendu ténor plus rossinien depuis un demi-siècle.


Le 06/02/2002
Jacques DUFFOURG
 

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     P√©rou rossinien

    Récital Rossini par Juan Diego Florez
    Airs d'opéras extraits de Sémiramis, Othello, Le Barbier de Séville, La Pie voleuse, L'Italienne à Alger, Zelmire, La Dame du lac et Cendrillon.

    Juan Diego Flórez, ténor ;
    Orchestre Symphonique et Choeur " Giuseppe Verdi " de Milan ;
    direction : Riccardo Chailly.

    1 CD Decca-Universal 2002, n¬į 0 28947 00242 0. Dur√©e¬†: 59'43''


    Y aurait-il p√©nurie de grands t√©nors rossiniens¬†? Dans ce r√©pertoire, les parties vocales sont toujours redoutables. Une Callas puis d'autres, ont remis le soprano "¬†dramatique colorature¬†" sur les rails. Une Horne a port√© au pinacle le mezzo h√©ro√Įque travesti, un Ramey a accompli des prodiges avec sa basse chantante et souple. Mais les t√©nors¬†? M√™me en tenant compte de la diversit√© qui se cache derri√®re cette tessiture, les cinquante derni√®res ann√©es ont √©t√© avares de personnalit√©s incontestables en ce domaine.

    D'accord, il faut compter avec un Rockwell Blake √† la technique √©clatante, fort d'un haut-m√©dium et d'un aigu aussi insolents qu'infaillibles, aussi √† son aise dans les styles bouffe que s√©rieux, mais malheureusement flanqu√© d'un timbre ingrat. Pour les r√īles plus graves et cette fameuse tessiture interm√©diaire de "¬†baryt√©nor¬†", il faut aussi se rappeler un Nozzari, et distinguer aujourd'hui un Charles Workman.

    Pour les autres, même méritants, maigre bilan : Alva, Palacio, Gonzalez, Merritt, Gimenez, Matteuzzi, Ford
     des hommes valeureux, voire performants, mais jamais totalement idoines.

    Mais voici venir p√©ruvien Florez, peut-√™tre enfin un descendant plausible de Davidde, ce t√©nor napolitain chantant haut perch√© que Rossini g√Ęta particuli√®rement. Pour bien comprendre o√Ļ l'on se situe, il faut √©couter d'abord l'air d'Ilos Terra amica (extrait de Zelmire - plage 6). L'√©criture est d'entr√©e terrible avec une quinte aigu√ę (du fa au contre-ut di√®se) sollicit√©e avec une √©lasticit√© diabolique¬†; pourtant Florez para√ģt presque en r√©cr√©ation.

    √Ä sa virtuosit√© sans efforts ni effets, il faut ajouter sa douce virilit√©, sa suave vaillance fa√ßon ange protecteur (c'est un air guerrier et amoureux) o√Ļ le sentiment (et non la sentimentalit√©) fait bon m√©nage avec des choeurs tr√®s martiaux. Confrontation douloureuse pour le William Matteuzzi de l'unique int√©grale (Scimone, Erato)¬†!

    Poursuivre le petit jeu des comparaisons serait cruel et fastidieux. Ne confrontons donc Juan Diego Flórez qu'à lui-même. Dans Don Ramiro de Cendrillon par exemple, il séduit déjà sur une médiocre bande vidéo en provenance de Pesaro (auprès de Sonia Ghanassi). C'est évidemment plus complexe de se surpasser seul qu'avec des faire-valoir. Il n'en souffre nullement, et compose, comme en se jouant, un Prince Charmeur roucoulant à souhait, tendre et follet, papillonnant, dont nulle midinette ancillaire n'a jamais osé rêver.

    Encore un atout ma√ģtre¬†: le moelleux (en italien, morbidezza). C'est d'autant plus fondamental, qu'√† la fois technique et expressive, la voix doit √™tre claire, d√©tach√©e, autant qu'√©l√©giaque et languide¬†; en quoi Rossini (tout comme Bellini), se rapproche de Mozart, n'en d√©plaise √† quelques musicologues grincheux. Deux preuves¬†: S√©miramis, morceau trompeur o√Ļ la facilit√© n'est qu'apparence, et la Dame du lac, mod√®le de galbe et de plastique, une sorte de Naissance de V√©nus botticellienne en musique.

    Citer les autres extraits rel√®verait de l'exc√®s de z√®le¬†: ils sont tous √† l'image de ce qui pr√©c√®de. Attention, toutefois¬†: le t√©nor andin n'est pas seul. Avec lui ¬Ė et non √† c√īt√© ¬Ė on trouve un Riccardo Chailly capiteux autant que virevoltant. Tr√®s peu de chefs du XX¬į si√®cle ont saisi, et encore moins rendu, l'importance de Rossini¬†; quant √† r√©soudre la quadrature du cercle de ses crescendi¬†: Toscanini, Serafin, Fricsay, Abbado
    Chailly les rejoint désormais en qualité d'expert en augmentation progressive du plaisir.

    Et son iridescente direction étourdit d'autant plus que, pour une fois, la prise de son Decca est à la hauteur. Reste quand même un défaut majeur : à l'échelle d'une renaissance rossinienne tant attendue, ce disque est d'une insupportable brièveté d'environ soixante petites minutes


    (1) Tous deux sortis en 2001. Verdi : Messe solennelle, Pièces sacrées de jeunesse, Libera me per Rossini, Rossini : Le Nozze di Teti e Peleo, Il Pianto d'Armonia sulla morte d'Orfeo.

     

     

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