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SELECTION CD 08 mars 2021

Brahms sans remords



Qui ose encore enregistrer les concertos pour archets solistes de Brahms ? Des oeuvres aussi célèbres et célébrées posent toujours aux interprètes des questions de conscience et les empêchent parfois d'exprimer des visions personnelles. Ce n'est pas le cas de Gil Shaham et Jian Wang dont aucunes arrière-pensées n'ont retenu les bras.


Le 25/02/2003
Françoise MALETTRA
 

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     Brahms sans remords

    Concertos pour violon et violoncelle de Brahms 
    Concerto pour violon et orchestre en ré majeur, Op.77
    (Allegro ma non troppo / cadence Joseph Joachim ¬≠ Adagio ¬≠ Allegro giocoso, ma non troppo vivace ¬≠ Poco pi√Ļ oresto)
    Soliste : Gil Shaham

    Concerto pour violon, violoncelle et orchestre en la mineur, Op.102
    (Allegro ­ Andante ­ Vivace non troppo, Poco meno allegro, Tempo I)
    Solistes : Gil Shaham et Jian Wang

    Orchestre Philharmonique de Berlin
    Direction : Claudio Abbado

    DGG 469 529-2


    Sans les ignorer le poids du passé et l'héritage qui pèsent sur les fameux concertos de Brahms, Gil Shaham et Jian Wang reviennent au texte. Ils se placent moins en solistes virtuoses qu'en musiciens d'une communauté musicale tendant avant tout à l'homogénéité de l'exécution.

    √Ä aucun moment, dans le Concerto en r√©, Gil Shaham ne vole la vedette √† l'orchestre dans le seul but de briller √† son propre profit, r√©pondant parfaitement √† la facture de ce " concerto-symphonie " dont la beaut√© tient davantage dans l'essence lyrique que dans l'√©clat et la brillance.

    Un choix partag√© par Claudio Abbado qui accentue la dimension symphonique de l'oeuvre, en donnant toute sa luminosit√© √† la tonalit√© de r√© majeur. D√®s le premier mouvement, avec l'entr√©e tardive du violon, les jeux sont clairs : l'orchestre propose, l'instrument soliste commente ses humeurs.

    Ce qui justifie au passage le choix de la cadence de Joseph Joachim (dédicataire du concerto), et prolonge le discours musical sans le rompre. Plus que l'épanchement, Shaham privilégie l'éloquence.

    Cette option est particuli√®rement frappante dans l'adagio construit sur un lied, et jou√© comme une simple m√©lodie ininterrompue, mais aussi dans l'√©nergie dansante du Final o√Ļ le violon soul√®ve l'orchestre et retourne s'y confondre, comme pour y puiser sans cesse de nouveaux motifs.

    On éprouve le même sentiment à l'écoute du Concerto pour violon et violoncelle, la dernière composition orchestrale de Brahms.

    √Ä soixante-quatre ans, apr√®s avoir termin√© la quatri√®me symphonie, il se consacre √† la musique de chambre, et il n'est pas impossible que l'oeuvre soit n√©e de l'id√©e d'associer les deux instruments, d√©j√† explor√©s en sonate ou en trio, dans une forme plus large, o√Ļ toutes leurs possibilit√©s techniques et expressives seraient port√©es plus loin encore.

    Shaham et Wang y soulignent la grande diversit√© de l'√©nonc√© des th√®mes et de leurs d√©veloppements, jusque dans les dialogues qui les rapprochent, mais o√Ļ le violon doit rivaliser avec la pr√©dominance du violoncelle en multipliant les variations, ou en se lan√ßant dans une rythmique diabolique √† la tzigane. Un Brahms d√©cid√©ment sans peurs et sans remords.



     

     

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