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SELECTION CD 08 mars 2021

Trois garçons et une fille... en or



Après sa victoire au concours international d'Evian en 1990, et un parcours sans faute, souvent hors des sentiers battus, le Quatuor Debussy a réussi en une dizaine d'années à s'installer dans la cour des grands, comme en témoigne leur enregistrement des quatuors n°6, 9 et 11 de Chostakovitch.


Le 28/04/2003
Françoise MALETTRA
 

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     Trois garçons et une fille... en or

    Volume IV des Quatuors de Chostakovitch par le Quatuor Debussy

    Dimitri Chostakovitch (1906-1975)
    Quatuor n°6 en sol majeur op.101 (1956)
    Quatuor n°9 en mi bémol majeur op.117 (1964)
    Quatuor n°11 en fa majeur op.122 (1966)

    Quatuor Debussy
    Christophe Collette (violon I)
    Anne MĂ©nier (violon II)
    Vincent Deprecq (alto)
    Yannick Callier (violoncelle)

    CD ARION 68596


    Il fallait à un jeune quatuor un certain goût du risque pour engager sa discographie sur les noms de musiciens français depuis longtemps oubliés, comme ceux de Onslow, de Dancla ou de Bonnal, en sortir gagnant et passer à la vitesse supérieure avec l'intégrale de l'oeuvre pour quatuor à cordes de Webern, en s'accordant un détour fécond par Brahms et Weber.

    Aujourd'hui, avec l'intégrale des quatuors de Chostakovitch, il se lance dans une entreprise plus ambitieuse encore. Mais les trois premiers volumes déjà parus prouvent qu'il s'en était donné les moyens : sonorités raffinées, recherche d'une dynamique interne propre au caractère de chacun des quatuors, et surtout une intuition musicale qui touche au plus près du discours tenu par le compositeur.

    Si le choix des enregistrements ne suit pas l'ordre chronologique, tel qu'il inscrit dans la vie de Chostakovitch, entre 1938 et 1974, il semble donner raison a son biographe, le compositeur Krysztof Meyer, lorsqu'il voit dans les quinze quatuors « quinze chapitres d'un gigantesque roman, dont chacun contient le récit de choses vues, ressenties, réfléchies ».

    Le 6ème quatuor, composé en 1956, à l'époque du « dégel » en Union Soviétique, baigne dans une climat d'insouciance et de légèreté dansante, à peine voilé par la mélodie rêveuse du troisième mouvement, et vite restauré dans l'allégresse juvénile du final. A cette joyeuse conversation à quatre, les Debussy apportent une fluidité et une transparence harmonique proches de la perfection.

    Huit années plus tard, l'espoir d'un réel changement politique et social dans le pays s'est sérieusement dégradé, aggravé chez Chostakovitch par un infarctus qui compromettra durablement sa santé. Nerveux, tendu, le 9ème quatuor traduit une sourde inquiétude, avec ses figures mélodiques en écho, l'ostinato de ses tempi, les couleurs sombres des mouvements lents, et la fébrilité de l'allegro final, accentuée par le magnifique récitatif du violoncelle. Pas de pathos chez les interprètes, mais la permanence d'une intensité expressive de nature quasi symphonique.

    En revanche une sobriété exemplaire dans la raréfaction du matériau musical des sept courtes pièces enchaînées du 11ème quatuor, dédié à la mémoire de Vassili Chirinski, le second violon du Quatuor Beethoven. Musique intime, nocturne, avec l'Elégie pour centre de gravité, et de brefs moments d'agitation soudaine (Etude, Humoresque), qui laissent planer sur tout le quatuor une atmosphère troublante et désolée.

    On ne manquera pas de comparer l'interprétation sans doute plus esthétisante des Debussy, à celle, plus dramatique, des légendaires Quatuors Borodine ou Beethoven. Mais on aura tort. Les jeunes Lyonnais n'appartiennent pas à la génération qui aura connu les tensions de la guerre froide. Faut-il le regretter ? Certainement pas, ni pour eux, ni pour la musique de Chostakovitch.

     
    Françoise MALETTRA


     

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