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SELECTION CD 27 février 2021

Un Tannhäuser à se damner



Après le Tristan de Karajan 1952, le label Orfeo poursuit en collaboration avec Wolfgang Wagner l'édition officielle des archives radiophoniques des années cinquante du festival de Bayreuth, avec cette fois le magnifique Tannhäuser de Cluytens 1955. Le meilleur moyen d'acquérir de véritables jalons de l'interprétation wagnérienne dans des conditions techniques optimales.


Le 19/10/2004
Yannick MILLON
 

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     Un Tannhäuser Ă  se damner

    Tannhäuser Bayreuth 1955



    Richard Wagner (1813-1883)
    Tannhäuser, et le tournoi de chanteurs à la Wartburg
    Grand opéra romantique en trois actes (1845)
    Texte du compositeur
    Mélange des versions de Dresde et de Paris (avec ouverture fermée et bacchanale complète)

    Festival de Bayreuth, 9 août 1955

    Josef Greindl (le roi Hermann)
    Wolfgang Windgassen (Tannhäuser)
    Dietrich Fischer-Dieskau (Wolfram von Eschenbach)
    Josef Traxel (Walther von der Vogelweide)
    Toni Blankenheim (Biterolf)
    Gerhard Stolze (Heinrich der Schreiber)
    Alfons Herwig (Reinmar von Zweter)
    Gré Brouwenstijn (Elisabeth)
    Herta Wilfert (Venus)
    Volker Horn (un jeune pâtre)

    Choeur et Orchestre du Festival de Bayreuth
    direction : André Cluytens


    Au dernier trimestre 2003, Orfeo se lançait, avec la collaboration de Wolfgang Wagner, le petit-fils du compositeur, dans l'édition discographique des archives du Festival de Bayreuth enregistrées par la Radio bavaroise. Evidemment, le disque pirate a déjà presque tout publié de ce qui a été capté à Bayreuth depuis 1951, mais dans des éditions parfois hasardeuses, sans appareil critique, le plus souvent dans un son très moyen. Dans la collection Bayreuther Festspiele Live d'Orfeo, l'incontournable Tristan de Karajan 1952 avait ouvert le bal, permettant au mélomane le plus exigent d'acquérir pour un prix très raisonnable mais surtout dans une qualité sonore optimale l'un des moments phares du Nouveau Bayreuth.

    A en juger par la durée qui sépare chaque parution, Wolfgang Wagner et les ingénieurs d'Orfeo prennent tout le temps nécessaire pour assurer des publications de la meilleure qualité possible. Car s'il n'est pas aussi révolutionnaire que le Tristan de Karajan, le Tannhäuser de Cluytens n'en mérite pas moins sa place dans toute discographie wagnérienne digne de ce nom.

    Nous sommes en 1955, le festival de Bayreuth reprend la production de Wieland Wagner de Tannhäuser inaugurée l'année précédente sous la baguette d'Eugen Jochum. Quelques jours avant la première, le fils du chef d'orchestre meurt tragiquement et Jochum déclare forfait. C'est le jeune André Cluytens qui le remplace pratiquement au pied levé. Sa direction nerveuse, brillante, sensuelle et sans emphase emporte alors tous les suffrages. Dans des tempi très modérés, des nuances subtiles et une pâte sonore dense mais aérée, claire et flexible, Cluytens défend une conception à la Krauss, un Wagner au flux latin.

    André Cluytens

    Et quelle distribution ce 9 août, avec d'abord une Venus – Herta Wilfert – complètement inconnue, envoûtante autant que déroutante par son format léger de simple soprano lyrique. Si la voix n'est pas exceptionnelle, l'incarnation tient la route face au Tannhäuser déchaîné et torturé de Wolfgang Windgassen, alors au sommet de ses moyens. Tant dans les couplets du Venusberg que dans un Récit de Rome époustouflant, Windgassen se jette à corps perdu dans un rôle qu'il consume par les deux bouts. Aux antipodes de la pureté virginale d'une Grümmer, Gré Brouwenstijn est une Elisabeth de chair, frémissante, servie par un timbre lumineux.

    Quant à Dietrich Fischer-Dieskau, il signe là sa plus souveraine incarnation wagnérienne, toute de classe et de noblesse, de génie du texte. Le baryton au timbre inaltéré émerveille dès qu'il ouvre la bouche, déclamant le rôle comme du Lied, avec un legato royal et un raffinement inouï, prodiguant des appels à Elisabeth et une Romance à l'étoile d'anthologie. Josef Greindl, la basse attitrée du Neues Bayreuth, domine la cour de Thuringe par son timbre rocailleux et noir. Signalons enfin le Pâtre chanté par un jeune garçon qui vaut toutes les sopranos du monde.

    Encore une immense publication pour Orfeo. A quand le Ring et le Parsifal de Krauss 1953, le Ring de Knappertsbusch 1958, ou encore, parmi tant d'autres, le premier Parsifal de Boulez 1966 avec la grande Astrid Varnay ?

     
    Yannick MILLON


     

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