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SELECTION CD 18 aoűt 2019

La légende de Jimmy



Disparu en novembre dernier à l'âge de 80 ans, James King restera l'un des ténors majeurs de l'après-guerre. Peu avant que le grand Siegmund de sa génération rejoigne à jamais le Walhalla, Orfeo lui consacrait un récital dans sa collection Grosse Sänger unseres Jahrhunderts. Un vibrant hommage à la mémoire de l'un des plus grands wagnériens de la seconde moitié du XXe siècle.


Le 17/03/2006
Yannick MILLON
 

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     La lĂ©gende de Jimmy



    Grosse Sänger unseres Jahrhunderts
    James King (1925-2005)
    RĂ©citals munichois 1968-1979

    Ludwig van Beethoven (1770-1827)
    Gott, welch Dunkel hier (Fidelio)

    Richard Wagner (1813-1883)
    In fernem Land (Lohengrin)
    Amfortas, die Wunde ! (Parsifal)
    Morgenlich leuchtend (Die Meistersinger)

    Richard Strauss (1864-1949)
    Falke, mein Falke (Die Frau ohne Schatten)

    Giuseppe Verdi (1813-1901)
    Otello
    GiĂ  nella notte densa (acte I)
    Hildegard Behrens (Desdemona)
    Desdemona rea ! (acte II)
    Peter Glossop (Iago)
    Dio ! mi potevi scagliar tutti i mali (acte III)
    Niun mi tema (acte IV)

    MĂĽnchner Rundfunkorchester
    direction : Kurt Eichhorn (Lohengrin, Parsifal, Die Frau, Otello II) et Heinz Wallberg (Fidelio, Die Meistersinger, Otello I, III, IV)

    Enregistrements : 24 juillet 1968 (Parsifal, Die Frau), 11 avril 1970 (Lohengrin), 18 mars 1973 (Otello II), 27 mars 1977 (Die Meistersinger, Otello I, III, IV), 25 novembre 1979 (Fidelio).

    1 CD Orfeo d'or C 557 051 B


    À jamais associé à la deuxième décennie du Nouveau Bayreuth, celle des années 1960, du Ring de Böhm et du Parsifal de Boulez, le ténor James King bénéficie d'une place de choix dans le panthéon des héros wagnériens. Et pour cause, ni Bayreuth, ni Salzbourg, ni les Opéras de Vienne ou Munich ne pouvaient se passer de cette voix parfaitement homogène, au timbre mâle, à la virile prestance, à l'émission puissante et égale, à l'aigu conquérant. Couleur sinon endurance surnaturelle de Heldentenor, King a eu la sagesse, avec une ombre sur le timbre pourtant plus adéquate que celle d'un Windgassen, de ne jamais s'abîmer dans des rôles trop écrasants tels Tannhäuser, Tristan ou Siegfried, au grand dam de ses admirateurs.

    Pour rendre hommage au ténor américain, Orfeo a puisé dans cinq récitals captés par la radiodiffusion bavaroise entre 1968 et 1979. Échos somptueux d'une voix au faîte de sa carrière et de ses possibilités dramatiques. Qui, depuis, a réussi à tenir la tessiture impossible de l'air de Florestan, assassine entre toutes avec sa page finale d'aigus répétés avec du texte ? Qui y a retrouvé dans le Gott, welch Dunkel hier ! initial pareille autorité, pareille expression de la détresse et de la rage mêlées, pareil cri de sacrifié sur l'autel de l'arbitraire ?

    Que dire aussi de la vaillance du rĂ©cit du Graal de Lohengrin, du dĂ©chirant appel de Parsifal Ă  Amfortas, avec ces « a Â» clairs, presque mĂ©diterranĂ©ens, tĂ©moignages indispensables sur l'art de l'AmĂ©ricain qui rappellent quel incontournable chaste fol il fut pour Pierre Boulez Ă  Bayreuth ? Et qu'importent les quelques aigus Ă©mis imperceptiblement trop haut dans la gĂ©nĂ©rositĂ© et l'Ă©nergie de l'instant devant une santĂ© vocale aussi Ă©blouissante !

    Hormis le court Preislied du III des Maîtres chanteurs, on disposait déjà de toutes ces incarnations wagnériennes, straussiennes et beethovénienne en intégralité – Fidelio avec Böhm, Lohengrin avec Kubelik pour les enregistrements studio ; Parsifal avec Boulez, la Femme sans ombre à nouveau avec Böhm pour les live, le tout chez Deutsche Grammophon – mais on peut percevoir ici l'artiste sous un autre jour, celui du récital, exercice plus encore attentif au pur plaisir du chant.

    Surtout, ce CD Orfeo vaut pour de rarissimes extraits d'Otello. Le passé barytonant de King y est on ne peut plus approprié, son timbre sombre, son héroïsme et sa puissance idéales, malgré un italien parfois pâteux, aux côtés de la Desdémone jeune et frémissante d'Hildegard Behrens et du Iago caricatural de Peter Glossop.

    Voix admirablement captée et mise en valeur, prises de son claires et efficaces, directions très professionnelles, bref, un disque témoin de très haut-vol et le plus bel hommage possible à un Jimmy entré à jamais dans la légende.

     
    Yannick MILLON


     

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