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SELECTION CD 27 février 2021

Pour Charpentier



Ce n'est pas diminuer les mérites de William Christie que d'affirmer qu'il restera surtout comme le principal acteur de la renaissance de Charpentier, à qui il emprunta le nom de son ensemble. Malgré une exécution peu soignée, les Arts Florissants apportent une nouvelle fois une pierre essentielle à la discographie du maître de musique de la Sainte-Chapelle.


Le 22/10/2006
Mehdi MAHDAVI
 

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     Pour Charpentier



    Marc-Antoine Charpentier (1643-1704)
    Judicium Salomonis H.422

    Paul Agnew (Salomon)
    Neal Davies (Deus)
    Ana Quintas (Vera Mater)
    Marc Molomot (Falsa Mater)
    Marc Mauillon (Historicus Primus, Historicus Secundus, Populus)
    João Fernandes (Populus)
    Leif Aruhn-Solén (Populus)

    Motet pour une longue offrande H.434

    Ana Quintas, Maud Gnidzaz, dessus
    Marc Molomot, Leif Aruhn-Solén, hautes-contre
    Paul Agnew, Carl Ghazarossian, tailles
    João Fernandes, Neal Davies, basses

    Les Arts Florissants
    direction : William Christie
    Enregistrement : 2005

    CD Virgin Classics 3 59294 2


    Le concert au cours duquel avait été présenté le très rare Jugement de Salomon de Marc-Antoine Charpentier, que cet enregistrement précédait d'une semaine, restera sans doute comme l'un des plus enthousiasmants des Arts Florissants ces dernières saisons, où l'ensemble s'est rarement montré sous son meilleur jour. Le décorum y fut sans doute pour beaucoup, tant William Christie est passé maître dans l'art d'ordonner les solennités Grand Siècle avec, dans ce cas précis, des chaussettes rouges en précieux clin d'Âœil aux robes écarlates arborées par les magistrats lors de la « messe rouge Â», cérémonie annuelle de l'ouverture du Parlement à laquelle ce motet dramatique était destiné.

    Mais le disque est aveugle, et les légères réserves émises alors deviennent sérieuses à l'écoute de cet enregistrement complété par le Motet pour une longue offrande. Car l'enthousiasme claironnant du choeur vire presque immédiatement à la joyeuse pagaille, et ce jusqu'aux ultimes secondes de la dernière plage.

    Car à l'exception du fidèle Paul Agnew, pourtant loin de sa meilleure voix, Neal Davies, Dieu un rien chenu, voire Marc Molomot, dont la Falsa Mater évite de surenchérir sur un timbre suffisamment caractéristique pour déranger ailleurs, les solistes ne se distinguent guère par une quelconque personnalité musicale, stylistique, ou même vocale, sinon par d'ingrates verdeurs – Leif Aruhn-Solén, et plus encore Marc Mauillon.

    Car cet art de l'estompe, qui fit la singularité et la gloire des Arts Florissants, nimbant l'oeuvre de Charpentier d'une spiritualité onirique, ne semble plus qu'un souvenir – précipitez-vous, si ce n'est déjà fait, sur le superbe coffret édité par Harmonia Mundi (HMX 1951185) à l'occasion des vingt-cinq ans de l'ensemble et du tricentenaire de la mort du compositeur –, tant l'orchestre fait preuve de brutales aigreurs et d'imprécisions, malgré quelques moments de grâce comme le Songe de Salomon.

    Surtout, William Christie ne dirige plus avec cette foi pionnière qui ouvrait la voie du ciel à des troupes parfois tâtonnantes, mais ô combien plus inspirées. Souvent il précipite, accuse les contrastes jusqu'à l'agressivité, et fait un sort, mais sans profondeur, au moindre figuralisme – ce n'est plus une « pluie de tourments Â» qui s'abat sur le choeur Pluet super peccatores laqueos du Motet pour la longue offrande, mais la grêle.

    Cet enregistrement n'en est pas moins recommandable, voire indispensable, pour Chapentier même – juste retour des choses, à considérer le rôle primordial que jouèrent Christie et les Arts Florissants dans la redécouverte d'un compositeur longtemps résumé à son seul Te Deum. Car s'il ne propose aucun inédit, il comble le vide laissé par la disparition du catalogue des deux précédentes gravures du Jugement de Salomon, conclusion et aboutissement dans le genre de l'« histoire sacrée Â» où, deux ans avant sa mort, le maître de musique de la Sainte-Chapelle réalise la synthèse entre les différentes catégories d'oratorios que sont l'historica et le dialogus, jusqu'au pur théâtre de la Dispute des deux mères, avec une étincelante variété.

    Malgré des tempi sans doute moins au goût du jour et des armes stylistiques – à peine – moins affûtées, le Motet pour la longue offrande enregistré en 1985 par Philippe Herreweghe, seul concurrent de la présente gravure, demeure en revanche une incontestable référence. Postérieure de trois ou quatre ans, cette oeuvre fut également composée pour la cérémonie d'ouverture du Parlement, comme l'indique son titre originel de Motet pour l'offertoire de la Messe Rouge, et dans le même esprit d'extrême diversité que Charpentier considérait comme la perfection en musique.

     
    Mehdi MAHDAVI


     

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