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SELECTION CD 08 mars 2021

Le cas Stemme



Propulsée au premier rang de la scène lyrique internationale notamment pas sa maison de disque EMI Classics, très prisée par un public frustré de grandes voix, la soprano suédoise Nina Stemme commence à se mettre nettement en danger. À preuve ce disque Richard Strauss très moyen, avec notamment des Quatre derniers Lieder proches de l'indifférence.


Le 08/06/2007
Gérard MANNONI
 

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     Le cas Stemme



    Richard Strauss (1864-1949)
    Quatre derniers Lieder
    Scène finale de Salomé
    Scène finale de Capriccio
    Nina Stemme, soprano
    Orchestre de l'Opéra Royal de Covent Garden
    direction : Antonio Pappano

    1 CD EMI 3 78797 2


    Nina Stemme a le vent en poupe. De Wagner √† Verdi, en passant par Strauss, on la retrouve un peu partout, l√† o√Ļ l'on pense que sa grande voix est ad√©quate. Mais attention, de l√† √† en faire la nouvelle Birgit Nilsson, comme la rumeur tend √† s'√©tendre, il y a plus d'un pas. Restons calme ! Nilsson avait une voix immense, colossale, capable de franchir n'importe quel orchestre sur toute la tessiture, jusqu'au redoutable contre-ut de Turandot lanc√© comme par jeu, une voix parfaitement stable sans √™tre droite, non d√©nu√©e d'une certaine froideur mais capable aussi d'√©motion, sinon de sensualit√©.

    Nina Stemme a une voix assez vaste de grand soprano lyrique, pas vraiment de soprano dramatique. La seule repr√©sentante de cette cat√©gorie en voie de disparition restant la Polaski, m√™me dans ses mauvais jours. Il ne faut pas tout m√©langer. Une Stemme n'a rien √† voir avec une Varnay, ni une Rysanek non plus, cette derni√®re, avec des moyens bien plus importants que n'importe quelle cantatrice actuelle, n'ayant, rappelons-le, jamais os√© aborder ni Isolde ni Br√ľnnhilde. Alors, les n√©cessit√©s de la promotion ne seraient-elles pas en train de jouer √† Nina Stemme le m√™me tour qu'√† Cheryl Studer voil√† quelques ann√©es ? Mise absolument √† toutes les sauces, du plus l√©ger au plus lourd, la malheureuse finit par se retrouver hors circuit, √† force de vouloir √™tre hors normes.

    Dans ce disque Strauss, la soprano su√©doise ne para√ģt vraiment ad√©quate nulle part. La sc√®ne finale de Salom√© devrait convenir √† sa voix, qui est puissante, m√™me si elle ne l'est pas autant qu'on le dit, mais un vibrato serr√© quasi permanent donne une impression d'effort et ach√®ve de desservir un timbre tr√®s monochrome, uniforme, dans une interpr√©tation d√©pourvue d'engagement dramatique.

    Sans seulement faire r√©f√©rence aux grandes interpr√®tes du r√īle, on serait tent√© de dire que m√™me Cheryl Studer √©tait plus √† l'aise dans ce d√©cha√ģnement de passion morbide. Cette absence de sensualit√© et une certaine mani√®re de tout chanter sans para√ģtre s'apercevoir que les mots ne disent pas la m√™me chose et la musique non plus, nuit encore plus aux Quatre derniers Lieder, aux antipodes des grandes interpr√©tations laiss√©es par Schwarzkopf, Jurinac ou Della Casa. Quant √† la sc√®ne finale de Capriccio, indiff√©rente elle aussi, elle manque de charme, d'√©l√©gance et de tout ce contexte intellectuel que les grandes Viennoises savaient si bien faire passer ou que Ren√©e Fleming nous donne aussi sur sc√®ne.

    Une belle voix, Nina Stemme ? Sans aucun doute. Mais cela n'est pas suffisant, m√™me avec une puissance qui impressionne en des temps o√Ļ les voix d'op√©rette passent pour de grands lyriques, car pour l'instant, beaucoup de preuves lui restent √† faire pour √™tre proclam√©e le grand soprano dramatique du XXIe si√®cle. C'est simple justice pour celles qui ont pu vraiment assumer cet emploi √† la hauteur de ses exigences.

    La direction d'Antonio Pappano, souvent bruyante plus que subtile, n'est pas ce que le chef nous a livré de plus convaincant non plus. Un disque franchement décevant.

     
    Gérard MANNONI


     

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