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SELECTION CD 08 mars 2021

L'art du Lied mahlérien



Complément naturel au coffret des symphonies, le DVD de Lieder sous la houlette de Leonard Bernstein représente la quintessence de ces pièces qui sont l'autre versant de la montagne Mahler. Un incontournable de toute vidéothèque mahlérienne, à compléter par le documentaire The Little Drummer Boy opportunément réédité en regard par Deutsche Grammophon.


Le 05/10/2007
Yannick MILLON
 

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     L'art du Lied mahl√©rien



    Gustav Mahler (1860-1911)
    Lieder eines fahrenden Gesellen
    Lieder nach Gedichten aus Des Knaben Wunderhorn (*)
    R√ľckert-Lieder
    Kindertotenlieder

    Thomas Hampson, baryton
    Wiener Philharmoniker
    direction : Leonard Bernstein
    Enregistrement : Musikvereinsaal, Wien, 10/1988 (Kinder), 02/1990
    (*)
    Lucia Popp, soprano
    Walton Groenroos, baryton
    Isra√ęl Philharmonic
    Enregistrement : Mann Auditorium, Tel Aviv, 05/1984

    1DVD Deutsche Grammophon Unitel Classica 00440 073 4167

    The Little Drummer Boy
    An essay on Gustav Mahler, by and with Leonard Bernstein (1985)
    Filmé pour la BBC Television

    1DVD Deutsche Grammophon Unitel Classica 00440 073 4350


    Pour l√©guer √† la post√©rit√© une ¬ę int√©grale ¬Ľ Mahler en vid√©o aussi compl√®te que possible, Leonard Bernstein se laissait de nouveau filmer par les cam√©ras de Humphrey Burton au soir de sa vie. Des s√©ances pr√©cieuses √† plus d'un titre, les Kindertotenlieder d'octobre 1988 comme les R√ľckert-Lieder et les Lieder eines fahrenden Gesellen de f√©vrier 1990 ¬Ė toutes derni√®res apparitions du chef am√©ricain √† Vienne ¬Ė atteignant des sommets d'expressivit√© √† travers des tempi ralentis, les timbres cr√©pusculaires des Wiener Philharmoniker, et un rubato inou√Į ¬Ė Wenn dein M√ľtterlein.

    Bernstein frappe en plein coeur de ces partitions, les fait sonner dans toute leur pl√©nitude, avec toujours ce vague √† l'√Ęme, cette Sehnsucht h√©riti√®re en droite ligne de Schubert. En grand ma√ģtre du temps musical, il r√©ussit un Ich bin der Welt absolument hypnotique, √©tendu √† l'infini, port√© par le supr√™me cor anglais de Walter Lehmayr, abolissant le carcan des barres de mesure.

    Les R√ľckert-Lieder sont par ailleurs le cycle qui sied le mieux √† la typologie vocale de Thomas Hampson, un rien moins souverain dans les Gesellen, et constamment g√™n√© par la tessiture grave des Kindertotenlieder. L'art du baryton am√©ricain, id√©al de sobri√©t√© comme de diction, n'est pas en cause. Une fois encore, mais alors bien loin des ravages actuels, le timbre appara√ģt cantonn√© dans le gris, l'√©mission pauvre de la couleur que savait y mettre un Fischer-Dieskau.

    En compl√©ment de ces trois cycles, Bernstein avait aussi remis sur le m√©tier les douze Lieder orchestr√©s du Knaben Wunderhorn, dans un concert de mai 1984 √† Tel Aviv, avec l'Israel Philharmonic. On en retiendra avant tout la lumi√®re irradiante d'une Lucia Popp en √©tat de gr√Ęce, notamment dans un Wo die sch√∂nen trompeten blasen d'anthologie, sans doute in√©gal√© √† ce jour. Le baryton Walton Groenroos, diction percutante et timbre assez curieusement √† mi-chemin entre un Fischer-Dieskau et un Berry, se sort quant √† lui honorablement des tessitures insens√©es qui lui sont confi√©es.

    Les r√©serves viennent principalement de l'orchestre, que Bernstein parvient √† secouer sinon √† homog√©n√©iser. Apr√®s les Wiener, le constat est impitoyable, et bien souvent les cordes ¬Ė pour ne rien dire des vents ¬Ė, sonnent comme d'une formation de troisi√®me ordre, sans discipline ni justesse. La veine comique de certaines pi√®ces att√©nue une impression de quasi amateurisme tout √† fait mal √† propos dans le cadre d'une √©dition aussi s√©rieuse.

    Nous ne pouvons donc que vous conseiller de commencer par ces Wunderhorn-Lieder et de ne pas suivre la programmation chronologique du DVD, qui les intercale entre les Gesellen et les R√ľckert-Lieder, sans quoi la chute risque d'√™tre rude. Mais sachez aussi que d√®s que Lucia Popp ouvre la bouche, on n'entend plus qu'elle, et les disgracieux arri√®re-plans orchestraux s'effacent.





    Enfin, nous vous recommandons chaleureusement en compl√©ment l'acquisition du passionnant documentaire de la BBC The Little Drummer Boy, essai de 85 minutes de Bernstein sur l'art de Mahler. Le chef am√©ricain livre avec tout son charisme naturel une analyse accessible √† tous du style mahl√©rien √† travers la figure du Petit tambour qui serait le compositeur lui-m√™me, et en vient naturellement √† question de la religion, et notamment du ¬ę juda√Įsme de la honte ¬Ľ de Mahler, converti au catholicisme dans le simple but d'obtenir le poste de directeur de l'Op√©ra de Vienne, et du refuge tardif dans les philosophies orientales du Chant de la terre. Le tout sous-tendu par des images de l'int√©grale Unitel de Bernstein et quelques rep√®res biographiques tout √† fait bienvenus.

     
    Yannick MILLON


     

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